La société russe s'est habituée au pouvoir répressif (Novye Izvestia)

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MOSCOU, 7 août - RIA Novosti. Les réformes ont perdu leur sens. Au début de la présidence de Vladimir Poutine, les divers groupes de la population espéraient qu'il appliquerait une politique de réformes. Mais la conjoncture de l'économie mondiale a changé, les prix du pétrole sont très élevés, les revenus de l'Etat augmentent, et le gouvernement a abandonné les réformes dans tous les domaines. C'est pourquoi les gens ne savent pas quoi attendre des réformes. Ils espèrent que la situation actuelle se prolongera sans brusques revirements.

Le départ prévu de Vladimir Poutine est accueilli avec un certain regret, mais les gens estiment qu'il n'y aura rien de catastrophique. Selon la majorité écrasante d'entre eux, ceux qui le remplaceront poursuivront la même politique. Les gens ne prévoient pas de brusques changements.

Le pays commence à se détourner du monde extérieur. Le pouvoir ne peut pas proposer de nouveaux objectifs politiques et nationaux, c'est pourquoi il est contraint d'exploiter de vieux complexes impériaux de grande puissance, de politique musclée à l'égard des proches voisins et du monde. Cela suscite un sentiment de grande satisfaction, et réveille la fierté nationale dans le coeur des gens. A court terme, cela ne représente aucune menace, ensuite, si rien ne change, la Russie se retrouvera parmi les pays périphériques en stagnation, qui ne se développent pas et qui sont incapables de se moderniser. Elle deviendra un pays de troisième ordre.

Les gens endurent les changements, ils s'y sont adaptés et se sont habitués au pouvoir (c'est-à-dire à l'arbitraire), ils ont appris à ne pas se faire d'illusions à son égard. Tout cela donne une idée de la situation dans la sphère politique et sociale.

L'avenir est inconnu, parce que les gens ne peuvent pas organiser eux-mêmes leur vie. C'est pourquoi, comme par le passé, ils fondent leur espoir sur le pouvoir qui sera, à leur avis, un peu plus modéré, qui ne pillera ou ne trompera pas autant, et qui sera plus prévisible. Cela engendre une sensation de tranquillité ou de stabilité.

La société s'est habituée au pouvoir répressif qui a gouverné en exploitant la population. Elle a appris à ruser, à tromper ce pouvoir, à s'y adapter. Sans lui faire confiance, elle lui manifeste son consentement et sa loyauté.

Auteur: Lev Goudkov, directeur du Centre Levada (d'étude de l'opinion publique).

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.

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