"La hausse de la production agroalimentaire et le développement des territoires agricoles sont freinés par les conditions que la Russie doit remplir pour adhérer à l'OMC", a estimé le ministre intervenant lundi à une réunion du Comité central de la Conférence international des crédits agricoles.
Le ministère de l'Agriculture, a annoncé M. Gordeev, voit dans ces conditions des "normes injustes" de commerce de matières premières agricoles et de denrées alimentaires.
Selon lui, plus de 70% des importations agricoles russes représentent des denrées produites dans les pays de l'Union européenne et aux Etats-Unis. Dans le même temps, la branche agricole russe, ayant surmonté la crise provoquée par le passage de l'économie planifiée à celle de marché, devient rentable. Le projet national de développement prioritaire de l'Agriculture qui met l'accent sur l'élevage pour suivre les besoins croissants du pays en consommation de viande et de laitages y a joué un rôle non négligeable, a estimé le ministre.
Dans les années à venir, la Russie s'apprête à devenir un exportateur net de produits agricoles, notamment vers les pays déficitaires en denrées alimentaires, a encore annoncé le ministre russe de l'Agriculture.
Selon le ministre, entre 20 et 25 millions d'hectares terres labourées en Russie sont actuellement en jachères. D'où l'importance du potentiel du pays pour satisfaire des besoins des pays développés en biocarburant.
La production de colza a déjà connu un vaste développement en 2006, a annoncé M. Gordeev.
"La Russie est prête à devenir un grand producteur de biomasse (pour la production d'énergie)", a-t-il encore indiqué.