Le prix des aveux à Guantanamo

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L’aveu sensationnel de l’accusé Halid Cheikh Mohammed, ressortissant pakistanais, numéro 3 dans le réseau terroriste global Al Qaida, a été rendu public aux audiences à la base militaire américaine à Guantanamo.
L’aveu sensationnel de l’accusé Halid Cheikh Mohammed, ressortissant pakistanais, numéro 3 dans le réseau terroriste global Al Qaida, a été rendu public aux audiences à la base militaire américaine à Guantanamo. Il a déclaré qu’il avait participé à la réalisation ou inspiration de 31 attentats dans le monde entier. L’accusé a éclipsé par là même la gloire du terroriste international Ossama ben Laden, estime Alexandre Vatoutine.
Cela aurait signifié le succès des juges d’instruction militaires américains n’était-ce toute une série de questions. Comment ont-ils obtenu de tels aveux ? Il est indiqué dans le document rendu public que les aveux ont été faits par le biais de son représentant personnel le colonel de l’aviation de guerre des Etats-Unis qui est en même temps l’avocat du Pakistanais. Selon l’ABC, les aveux de Cheikh Mohammed ont été obtenus à l’issue des interrogatoires durs.
Peut-on croire de tels aveux ? Cheikh Mohammed ne les a pas faits sous serment. Plusieurs responsables des services spéciaux américains ont mis en doute l’authenticité des aveux du détenu de la prison à Guantanamo. L’agent du FBI Jack Cloonan ayant persécuté ben Laden s’est montré étonné que Cheikh Mohammed ne s’est pas rendu coupable de l’assassinat du président Kennedy en 1963.
Le politologue russe Serguei Oznobichtchev met en doute la perspective judiciaire du dossier :
Les Américains n’ont pas choisi une voie étique. Ils ont fait d’un détenu lié sans doute à un groupe terroriste un bouc émissaire pour rapporter aux supérieurs qui rapporteront, à leur tour, au président des Etats-Unis. Cela pousse à mettre en doute l’authenticité des aveux. Il est peu probable que nous apprenions enfin la vérité sur les événements du 11 septembre.
Il faut préciser si l’accusation a le droit d’utiliser de tels aveux. Il faudra invoquer au procès quelque chose de plus valable que les propos de l’accusé. Pour le moment les aveux de Mohammed transforment le procès en une farce.

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