Nous vous proposons le texte de notre observateur Alexeï Grigoriev : « Y-a-t-il une solution du problème du Sahara occidental ? ».
Donc, Y-a-t-il une solution du problème du Sahara occidental ? Si l’on juge d’après les tentatives précédentes de résoudre ce problème, la réponse est plutôt négative, écrit Alexeï Grigoriev. Le problème est apparu il y a plus de 30 ans, lorsque l’Espagne à qui le Sahara occidental appartenait y a renoncé sans se soucier de son avenir. Les événements qui ont suivi n’étaient pas difficiles à prévoir. En 1975 le Maroc a fait sa fameuse « marche verte » sur le territoire « sans maître » et l’a annexé. Il l’a appelé sa province sud. Mais un autre prétendant, le Front de Polisario, qui avait proclamé sur la partie orientale du Sahara occidental la République Arabe Qahraouie Démocratique y tenait aussi. Son principal allié et sponsor, c’était l’Algérie. La république est reconnue par 80 pays du monde. Aux années 70 et 80, le litige entre le Maroc et le front au sujet du Sahara Occidental a tourné en conflit armé, arrêté par l’ONU en 1991. En même temps, l’ONU a fait venir sur ce territoire une mission d’observateurs et a adopté un projet de règlement du conflit sous forme de référendum où les habitants du Sahara occidental devaient choisir eux-mêmes leur destin. Mais puisque le Maroc n’a pas envie de partager le Sahara Occidental avec qui que ce soit, ce projet reste irréalisé. Depuis presque 15 ans, l’ONU prolonge le mandat de sa mission tous les 3 mois. Elle a coûté au moins 1 milliard de dollars. La situation piétine. Il est clair que cela ne peut pas durer éternellement et qu’il faut faire quelque chose. Donc, il y a six mois Rabat a annoncé un nouveau projet de règlement du problème du Sahara occidental. Il s’agit de lui proposer une large autonomie, y compris avec la participation du front Polisario mais à condition de garder sa juridiction sur tout le territoire. A cause de cette condition le Front et l’Algérie ont rejeté les propositions de Rabat. Pourtant, il veut présenter au Conseil de Sécurité de l’ONU un nouveau projet en avril et il a déjà entamé une campagne internationale diplomatique afin que ses propositions soient soutenues. Il a envoyé des délégations dans les puissances principales. Une de ces délégations a visité Moscou en février. Lors de la rencontre du chef de la diplomatie russe Sergei Lavrov et la délégation marocaine dirigée par le ministre de l’Intérieur Chakib Benmoussa, il y a eu un échange d’opinions sur l’état des relations bilatérales entre les deux pays et sur les problèmes actuels internationaux et régionaux. Chakib Benmoussa a informé Sergei Lavrov sur le nouveau projet de Rabat du règlement du problème du Sahara Occidental qui tient compte des consultations avec les parties intéressées. Le chef du MAE russe a souligné la nécessité de prendre une décision politique juste du problème qui soit conforme aux résolutions du CS de l’ONU. Il a également noté l’importance du dialogue entre les parties et du désir du Maroc de chercher des issues qui arrangeraient tous. Le thème du Sahara Occidental a dominé également la 8e commission hispano-marocaine pour la coopération, tenue ces jours-ci à Rabat. Le chef du gouvernement espagnol Jose Luis Zapatero et les 7 ministres qui l’accompagnaient connaissaient en détail le nouveau plan marocain de règlement du problème du Sahara Occidental. Il convient de noter que Rabat compte avant tout sur le soutien de l’Espagne et de la France dans ses intentions de régler ce problème moyennant l’octroi d’une autonomie à ce territoire. La situation est d’autant plus délicate, selon de nombreux analystes, que Madrid manifeste de l’intérêt visible pour son ancienne colonie, et pas seulement au niveau officiel. A en juger d’après des articles publiés à ce sujet dans la presse espagnole, on peut en venir à une conclusion inattendue que les Espagnols, du moins leur bonne partie, tout en voulant rester neutres et objectifs, se rangent tout de même du côté des habitants du Sahara Occidental qu’ils appellent souvent leurs « frères cadets ». Le pépin consiste aussi en ce qu’en appuyant son plan dans d’autres pays, le Maroc les place devant un choix difficile – à qui donner la préférence, à Rabat ou bien à Alger, allié inconditionnel du Front Polisario, avec lequel il défend fermement le plan de l’ONU d’une consultation populaire sur l’autodéterminationà tenir au Sahara Occidental. Cette circonstance est devenue la pierre d’achoppement dans les rapports entre les voisins du Maghreb – l’Algérie et le Maroc. En même temps, elle empêche depuis longtemps de résoudre le problème du Sahara Occidental. Pour cette raison, considère Elena Vissens, qui a composé le recueil « Le Sahara Occidental : une indépendance trahie », paru en février aux éditions russes Regnum, du moment qu’il n’y a pas d’évaluation univoque du conflit à propos du Sahara Occidental, il ne peut y avoir de son règlement incontesté. Ce recueil a rassemblé des articles des chercheurs russes, espagnols et arabes, ainsi que des documents internationaux essentiels touchant le statut du Sahara Occidental, et pour cette raison peut parfaitement prétendre à un traitement objectif de la question. Dans le monde il existe assez de conflits semblables – le Kosovo en Serbie, la Transnistrie, l’Abkhazie, l’Ossétie du Sud dans l’espace post-soviétique, pour ne mentionner que ceux-là. Bien sûr, chaque conflit doit être résolu compte tenu des conditions concrètes. Néanmoins, on doit le faire en restant dans le terrain juridique international. Tous efforts, visant à faire prévaloir les intérêts nationaux d’une seule partie ne font que retarder un règlement. C’est pourquoi le conflit à propos du Sahara Occidental dure déjà plus de 30 ans. Et le plus triste est qu’on n’en voit pour le moment la fin.
Donc, Y-a-t-il une solution du problème du Sahara occidental ? Si l’on juge d’après les tentatives précédentes de résoudre ce problème, la réponse est plutôt négative, écrit Alexeï Grigoriev. Le problème est apparu il y a plus de 30 ans, lorsque l’Espagne à qui le Sahara occidental appartenait y a renoncé sans se soucier de son avenir. Les événements qui ont suivi n’étaient pas difficiles à prévoir. En 1975 le Maroc a fait sa fameuse « marche verte » sur le territoire « sans maître » et l’a annexé. Il l’a appelé sa province sud. Mais un autre prétendant, le Front de Polisario, qui avait proclamé sur la partie orientale du Sahara occidental la République Arabe Qahraouie Démocratique y tenait aussi. Son principal allié et sponsor, c’était l’Algérie. La république est reconnue par 80 pays du monde. Aux années 70 et 80, le litige entre le Maroc et le front au sujet du Sahara Occidental a tourné en conflit armé, arrêté par l’ONU en 1991. En même temps, l’ONU a fait venir sur ce territoire une mission d’observateurs et a adopté un projet de règlement du conflit sous forme de référendum où les habitants du Sahara occidental devaient choisir eux-mêmes leur destin. Mais puisque le Maroc n’a pas envie de partager le Sahara Occidental avec qui que ce soit, ce projet reste irréalisé. Depuis presque 15 ans, l’ONU prolonge le mandat de sa mission tous les 3 mois. Elle a coûté au moins 1 milliard de dollars. La situation piétine. Il est clair que cela ne peut pas durer éternellement et qu’il faut faire quelque chose. Donc, il y a six mois Rabat a annoncé un nouveau projet de règlement du problème du Sahara occidental. Il s’agit de lui proposer une large autonomie, y compris avec la participation du front Polisario mais à condition de garder sa juridiction sur tout le territoire. A cause de cette condition le Front et l’Algérie ont rejeté les propositions de Rabat. Pourtant, il veut présenter au Conseil de Sécurité de l’ONU un nouveau projet en avril et il a déjà entamé une campagne internationale diplomatique afin que ses propositions soient soutenues. Il a envoyé des délégations dans les puissances principales. Une de ces délégations a visité Moscou en février. Lors de la rencontre du chef de la diplomatie russe Sergei Lavrov et la délégation marocaine dirigée par le ministre de l’Intérieur Chakib Benmoussa, il y a eu un échange d’opinions sur l’état des relations bilatérales entre les deux pays et sur les problèmes actuels internationaux et régionaux. Chakib Benmoussa a informé Sergei Lavrov sur le nouveau projet de Rabat du règlement du problème du Sahara Occidental qui tient compte des consultations avec les parties intéressées. Le chef du MAE russe a souligné la nécessité de prendre une décision politique juste du problème qui soit conforme aux résolutions du CS de l’ONU. Il a également noté l’importance du dialogue entre les parties et du désir du Maroc de chercher des issues qui arrangeraient tous. Le thème du Sahara Occidental a dominé également la 8e commission hispano-marocaine pour la coopération, tenue ces jours-ci à Rabat. Le chef du gouvernement espagnol Jose Luis Zapatero et les 7 ministres qui l’accompagnaient connaissaient en détail le nouveau plan marocain de règlement du problème du Sahara Occidental. Il convient de noter que Rabat compte avant tout sur le soutien de l’Espagne et de la France dans ses intentions de régler ce problème moyennant l’octroi d’une autonomie à ce territoire. La situation est d’autant plus délicate, selon de nombreux analystes, que Madrid manifeste de l’intérêt visible pour son ancienne colonie, et pas seulement au niveau officiel. A en juger d’après des articles publiés à ce sujet dans la presse espagnole, on peut en venir à une conclusion inattendue que les Espagnols, du moins leur bonne partie, tout en voulant rester neutres et objectifs, se rangent tout de même du côté des habitants du Sahara Occidental qu’ils appellent souvent leurs « frères cadets ». Le pépin consiste aussi en ce qu’en appuyant son plan dans d’autres pays, le Maroc les place devant un choix difficile – à qui donner la préférence, à Rabat ou bien à Alger, allié inconditionnel du Front Polisario, avec lequel il défend fermement le plan de l’ONU d’une consultation populaire sur l’autodéterminationà tenir au Sahara Occidental. Cette circonstance est devenue la pierre d’achoppement dans les rapports entre les voisins du Maghreb – l’Algérie et le Maroc. En même temps, elle empêche depuis longtemps de résoudre le problème du Sahara Occidental. Pour cette raison, considère Elena Vissens, qui a composé le recueil « Le Sahara Occidental : une indépendance trahie », paru en février aux éditions russes Regnum, du moment qu’il n’y a pas d’évaluation univoque du conflit à propos du Sahara Occidental, il ne peut y avoir de son règlement incontesté. Ce recueil a rassemblé des articles des chercheurs russes, espagnols et arabes, ainsi que des documents internationaux essentiels touchant le statut du Sahara Occidental, et pour cette raison peut parfaitement prétendre à un traitement objectif de la question. Dans le monde il existe assez de conflits semblables – le Kosovo en Serbie, la Transnistrie, l’Abkhazie, l’Ossétie du Sud dans l’espace post-soviétique, pour ne mentionner que ceux-là. Bien sûr, chaque conflit doit être résolu compte tenu des conditions concrètes. Néanmoins, on doit le faire en restant dans le terrain juridique international. Tous efforts, visant à faire prévaloir les intérêts nationaux d’une seule partie ne font que retarder un règlement. C’est pourquoi le conflit à propos du Sahara Occidental dure déjà plus de 30 ans. Et le plus triste est qu’on n’en voit pour le moment la fin.