« L’Union du Maghreb arabe se met en marche »

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U n commentaire de notre observateur Alexei Grigoriev: 18 ans après sa création, l’Union du Maghreb arabe semble sortir de la léthargie et se mettre en marche.
Un commentaire de notre observateur Alexei Grigoriev:
18 ans après sa création, l’Union du Maghreb arabe semble sortir de la léthargie et se mettre en marche. Nous vous rappelons, qu’elle a vu le jour le 17 février 1989 au sommet de Marrakech des 5 Etats maghrébins –l’Algérie, la Libye, la Mauritanie, le Maroc et la Tunisie, écrit notre observateur. Sa création était due non seulement à la proximité géographique de ces pays, mais aussi à la compréhension par leurs leaders de la nécessité de rapprochement politique et de l’application conjointe de l’immense potentiel naturel de la région. Les créateurs de l’UMA voulaient mettre en commun les potentialités de chacun des pays membres pour former à terme une entité politique et économique et occuper une place qui lui revient de droit dans la Méditerranée, notamment dans ses rapports avec l’UE. A propos, l’Europe s’attribue les deux tiers du chiffre d’affaires du Maghreb, jusqu’à 7O% du pétrole qu’il exporte, 8O% des phosphorites et des produits de leur transformation, de nombreux types de matières premières industrielles et de produits agricoles. L’Europe a toujours été à son tour le plus grand exportateur de biens d’équipement et de marchandises vers les pays du Maghreb. Autrement dit, cette interdépendance envisageait des rapports économiques étendus entre les deux régions. Les pays maghrébins, membres de l’Union, devaient non seulement assurer leur développement économique, mais aussi résoudre d’un commun effort les problèmes de sécurité, se protéger de l’extrémisme islamique et du terrorisme et trancher les problèmes de prospérité humanitaire et culturelle de la région. Des structures de direction générale et des organisations sectorielles ont été mises en place pour résoudre ces tâches. Il est significatif que les progrès de l’UMA au cours des premières années de son existence l’ont réellement rapprochée d’un des objectifs majeurs – l’Union économique complète vers l’an 2OOO. Cependant, quelque temps après, l’Union a commencé à déraper , embrouillée dans des contradictions politiques entre ses membres. Ainsi, les tensions, accumulées durant des années entre l’Algérie et le Maroc, se sont avérées plus fortes que le désir d’intégration régionale. Aussi, le dernier sommet de l’UMA nous rapporte-t-il à 1994. Malgré les nombreux appels des 5 pays maghrébins de réunir un nouveau sommet, leurs leaders ne se sont pas rencontrés depuis. La dernière tentative de rassembler à une table tous ses collègues maghrébins a été faite en 2OO3 par le président algérien Abdelaziz Bouteflika. Cependant, un jour avant l’ouverture du sommet, le leader libyen Moammar Kaddafi, offusqué par le soutien insuffisant de ses collègues dans la lutte de la Libye contre l’isolement international, a refusé de venir à Alger. Les tensions entre le Maroc et l’Algérie ont passablement gêné la réanimation de l’Union. Le Sahara occidental , où l’Algérie appuyait ouvertement le Front POLISARIO, rival principal de Rabat, restait la principale pierre d’achoppement. L’Algérie accusait à son tour le Maroc de soutien implicite de l’opposition islamique intransigeante, ayant déclenché une guerre civile en Algérie. L’aggravation des rapports entre ces deux pays a failli à plusieurs reprises les placer au bord des hostilités ouvertes. Les choses ne sont pas allées jusque là, mais les déclarations grandiloquentes de réconciliation, multipliées par les deux capitales, sont restées sur le papier . Pour paradoxal que cela puisse paraître, ce sont les milieux d’affaires des pays de la région qui ont dernièrement décidé de ranimer les idées des déclarations sur la création de l’Union. Sur recommandation du FMI, Alger a réuni en novembre 2OO5 une première conférence d’entrepreneurs du Maghreb, afin d’harmoniser les législations commerciales, faire baisser les taxes douanières et supprimer progressivement les barrières empêchant la création d’une zone de libre échange dans la région. Ensuite, une conférence sur les perspectives de l’intégration financière s’est tenue au Maroc, et à la fin de 2OO7 la Tunisie accueillera une conférence sur la libéralisation et l’encouragement des petites et moyennes entreprises du secteur privé, orientées mieux que les grandes entreprises , dont celles du secteur publique, vers l’élargissement du commerce régional dans l’ensemble du Maghreb. Mais les espoirs les plus réels d’appliquer les idées de l’intégration économique au Maghreb et d’assurer l’essor économique de chacun des pays de la région se rattachent à l’Union maghrébine des employeurs, créée à Marrakech le 18 février, à l’occasion du 18e anniversaire de la naissance de l’Union du Maghreb arabe. La nouvelle Union a regroupé le patronat des 5 pays maghrébins et proposé à leurs leaders d’adopter un plan d’actions triennal . Au cours des 3 prochaines années, les pays du Maghreb devraient créer 8OO mille emplois, dont 8O% dans le secteur privé. Pour résoudre la tâche sociale la plus importante – faire baisser le chômage et relever le niveau de vie de la population — chacun des 5 pays devrait partager ses ressources avec ses voisins. L’Algérie, la Libye et la Mauritanie ont notamment décidé d’augmenter les exportations d’hydrocarbures en Tunisie et au Maroc, dépourvus de sources d’énergie. La Tunisie et le Maroc se sont engagés , à leur tour, à exporter en Algérie, en Libye et en Mauritanie des produits de leur industrie légère, dont la grande partie était destinée à l’Europe. Dans le cadre de la nouvelle Union économique du Maghreb, il est déjà envisagé d’organiser des colloques pour définir les projets conjoints prioritaires et mettre sur pied la Banque maghrébine de reconstruction et de développement pour en assurer le financement. L’Union du patronat maghrébin n’a évidemment fait que les tout premiers pas vers la remise sur les rails de l’Union du Maghreb Arabe. Mais s’il parvient à maintenir le rythme, pris au départ , et à recevoir le soutien des politiques, l’UMA commencera à reprendre vie à la grande satisfaction des Maghrébins et de leurs amis sincères.
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