La campagne électorale autour du soldat en bronze

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Le président estonien Toomas Hendrick Ilves a refusé de signer la loi « Sur le démontage des constructions interdites ». Ce document permettant aux autorités de détruire les monuments aux combattants soviétiques a été adopté jeudi par le parlement estonien.

Le président estonien Toomas Hendrick Ilves a refusé de signer la loi « Sur le démontage des constructions interdites ». Ce document permettant aux autorités de détruire les monuments aux combattants soviétiques a été adopté jeudi par le parlement estonien. Le président a dit que la loi entrait en contradiction avec la Constitution. Le parlement a adopté, en outre, la loi proclamant le Jour de la libération de l’Estonie du fascisme : le 22 septembre jour national de deuil.
Le premier ministre estonien Androus Ansip, l’initiateur du démontage du monument au Soldat-libérateur au centre de Tallin et leader du Parti des réformes, a déclaré en réponse qu’une autre loi « Sur la protection des inhumations militaires » suffisait pour démonter le monument. Cet acte juridique en vigueur depuis le 11 janvier autorise l’exhumation et le transfert de la dépouille des soldats soviétiques de la fosse commune dans un parc non loin du monument.
Le Centre de culture russe à Tallin qualifie les actes des autorités de « campagne électorale ». Il rappelle que les législatives seront engagées le 4 mars. L’adoption des projets de loi scandaleux par les national-radicaux estoniens fait penser à une tentative de mobiliser l’électorat en prévision du scrutin.
Le leader du Parti constitutionnel estonien Andrei Zarenkov révèle dans cette histoire la piste américaine. Selon lui, un tel scénario est avantageux en premier lieu pour les Etats-Unis :

Les Américains sont en quête de possibilité de déployer un système ABM à proximité de la Russie. Pour y parvenir il faut déstabiliser la situation quelque part, par exemple en Estonie, estime Andrei Zarenkov.
Le chef de la diplomatie russe Serguei Lavrov a qualifié les actes du parlement estonien d’erreur et de sacrilège entrant en contradiction avec toutes les valeurs humaines. Selon lui, cela est inadmissible pour l’Europe et contredit les principes de l’UE à laquelle l’Estonie a été récemment admise.
Les actes des autorités estoniennes choquent les voisins européens du pays Balte. Le parlement belge a appelé les autorités estoniennes à ne pas offenser la mémoire des combattants contre le fascisme.
Les députés russes ont averti leurs collègues estoniens qu’ils rompraient les liens parlementaires avec eux. Le chef du Comité de la Douma d’Etat pour les problèmes internationaux Constantine Kossatchev présage à Tallin les rapports compliqués avec Moscou :


Si le plus effrayant se produit, la dépouille est exhumée et les monuments sont démontés, une catastrophe surgira dans les relations bilatérales, avant tout dans le commerce. La Russie ne soutiendra, n’acceptera et ne pardonnera jamais de tels actes de l’Estonie.
Le responsable des droits de l’homme en Russie Vladimir Loukine a apprécié comme suit la politique de Tallin. Troubler les tombeaux, c’est le destin des gens mesquins et méchants, a souligné le défenseur russe des droits de l’homme. Cependant, Moscou espère que les Estoniens ne profaneront pas les tombeaux.

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