Dans un passé géologique éloigné il n’était pas nécessaire de construire un tel tunnel, puisque l’Europe et l’Afrique étaient relié par un étroit massif montagneux, écrit Alexei Grigoriev. Mais il y a 5 millions d’années le déplacement des plaques tectoniques a provoqué une rupture, qui est devenu le détroit de Gibraltar. Ayant séparé les deux continents, il est devenu une sorte de porte de la Méditerranée à l’océan mondial. Le rocher de Gibraltar, au nord du détroit, et le rochet Moussa, au sud, sont restées de cet événement géologique grandiose. Les Grecs anciens les ont baptisés de « colonnes d’Hercule ».Dans sa partie la plus étroite. Gibraltar n’a que 14 km de large, et par un temps clair on distingue nettement des côtes marocaines le littoral du nord, où se trouve le territoire britannique de Gibraltar. La profondeur minimum du détroit est de 338 m, mais dans sa partie la plus étroite elle dépasse par endroits mille m. Le détroit de Gibraltar est devenu avec le temps un site stratégique des plus importants de la Méditerranée. La liaison entre l’Europe et l’Afrique s’effectue essentiellement par des ferry, transportant annuellement des millions de personnes et des dizaines de millions de tonnes de chargement. Leur chargement et déchargement, tout comme la traversée, prennent beaucoup de temps, En outre, les eaux du détroit ne sont pas calmes, et la traversée -même par de grands bateaux modernes- est souvent liée à de grandes difficultés. Bref, l’idée de relier les deux continents par un mode de circulation plus commode a toujours traqué les esprits des gens des deux côtés du détroit. La solution apparemment simple – construire un pont suspendu dans l’endroit le plus étroit – a été abandonnée d’emblée pour des raisons autant techniques, que politiques- les Anglais ne voulaient pas que Gibraltar devienne un point de transit entre l’Europe et l’Afrique. Une autre idée – la construction d’un tunnel entre l’Espagne et le Maroc- a été retenue. On en a parlé pour la première fois dans les années 7O, et plusieurs enthousiastes ont immédiatement commencé à élaborer un concept de future construction. En I98O, Rabat et Madrid ont même conclu un accord spécial sur les recherches techniques. Cependant, les complications politiques graves dans les relations bilatérales, issues des prétentions territoriales réciproques, ont relégué la question au second plan. Et pourtant, en 2OO5, lors de la visite, accomplie au Maroc par le roi d’Espagne Juan Carlos, la construction du tunnel a dominé ses entretiens avec le jeune roi du Maroc Mohammed VI. En janvier 2OO7 le thème de la construction du tunnel a défrayé les colonnes des médias espagnols et marocains. Autrement dit, cette question a commencé à prendre des formes concrètes. La construction et l’exploitation régulière du tunnel sous La Manche, ayant relié la Grande Bretagne à l’Europe continentale, a été un grand stimulant. Un consortium international, comprenant la firme espagnole Typsa, la société marocaine Ingema, la Geodata italienne et la Lombardi suisse ont évalué le coût approximatif de l’ensemble des travaux du futur tunnel qui peut se situer entre 6,5 et 13 milliards d’euros. A propos, l’Espagne et le Maroc ont déjà déposé les demandes de financement à l’UE et promis de confier des contrats juteux à des entreprises privées. Les prospections géologiques sont programmées pour l’année prochaine. Selon les ingénieurs du consortium, le tunnel sera long de 36,8 km, dont 28 passeront sous l’eau à une profondeur légèrement supérieure à 338 m sous le niveau de la mer. A l’intérieur du tunnel, il y aura deux voies pour les trains de grande vitesse pour passagers et marchandises. Le voyage entre Séville, en Espagne, et Tanger, au Maroc, ne prendra que 9O minutes. Les ingénieurs avouent que les problèmes seront nombreux, puisque la pratique mondiale n’a jamais connu rien de pareil. D’après l’ingénieur suisse Giovanni Lombardi, chef de la « Lombardi Engineering » qui participe au projet, par rapport au tunnel sous Gibraltar, le tunnel sous La Manche n’est qu’un jouet d’enfants. La profondeur de La Manche et la pression des eaux y sont moins fortes, les courants plus faibles et la roche plus dure. D’après lui, chaque m. carré du revêtement du tunnel essuiera une pression monstrueuse d’une colonne de 5OO tonnes d’eau. Un autre problème est posé par la haute sismicité de la région. Bref, les spécialistes avouent que le projet du tunnel sous Gibraltar est techniquement très complexe, mais réalisable. L’achèvement de ce chantier grandiose est prévu pour 2O25 et peut-être même plus tôt. Comme l’Europe et l’Afrique se sont séparées il y a 5 millions d’années, cette attente n’est pas longue. Si le projet aboutit – et personne en Espagne et au Maroc ne doute de son succès – le tunnel ferroviaire entre l’Europe et l’Afrique sera une réalisation des plus fantastiques de l’humanité. Les experts ne doutent pas que le tunnel de Gibraltar, qui réunira les systèmes de transport de deux continents, impulsera l’élargissement du partenariat économique entre l’Europe et l’Afrique. Les médias espagnols et marocains discutent maintenant des avantages de la future voie pour les Européens et les Africains. Il faut croire que personne ne sera perdant.
« Le Maroc et l’Espagne ont repris le projet du tunnel sous Gibraltar entre l’Europe et l’Afrique »
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Dans un passé géologique éloigné il n’était pas nécessaire de construire un tel tunnel, puisque l’Europe et l’Afrique étaient relié par un étroit massif montagneux, écrit Alexei Grigoriev.