«D’après le compte rendu de l’Organisation mondiale du tourisme, 2006 a battu tous les records. Conclusion révélatrice : l’Afrique a devancé en 2006 les autres pays et continents d’après le taux de développement du tourisme international. Le nombre de touristes ayant visité le continent en 2006 a pratiquement doublé l’indice mondial. Certes, il est difficile de comparer les indices africains à ceux enregistrés en Espagne ou en France, champions de business touristique mondial, visitées tous les ans de dizaines de millions de touristes étrangers ou à l’Asie du Sud-Est, à la Chine et à l’Inde. Cependant, les conclusions contenues dans le compte rendu de l’Organisation mondiale du tourisme sont réjouissantes. Cela concerne essentiellement les acquis enregistrés en Egypte, en Afrique du Sud, au Maroc, en Tunisie, au Kenya qui se sont déjà fait valoir dans le tourisme mondial. Néanmoins, un nombre de plus en plus grand de touristes étrangers s’intéressent aux autres pays du continent. L’Afrique tire avec le concours des agences internationales de voyages les bénéfices de son immense potentiel touristique. Probablement, l’industrie du tourisme se serait développée encore plus impétueusement n’étaient-ce les phénomènes nuisibles dans plusieurs pays africains attrayants pour les touristes. Les conflits armés, les guerres civiles, la situation politique compliquée, les menaces d’attentats, l’animosité envers les touristes blancs et enfin – le niveau très bas de sécurité publique torpillent l’essor du tourisme. Tous ces phénomènes sont répandus dans les pays maghrébins. Il existe sans doute parmi eux des « champions » incontestables : la Tunisie et le Maroc. Le potentiel touristique maghrébin mis à profit pourrait assurer l’accroissement des indices économiques dans les pays de la région et détendre la situation au marché de la main-d’oeuvre. L’Algérie a enregistré en 2006 les succès modestes. Selon le ministre algérien du tourisme Nourredine Moussa, les revenus assurés par le tourisme étranger ont constitué 200 millions de dollars : 25 millions de plus qu’en 2005. Le ministre a estimé « qu’avec ces chiffres, le tourisme représente 20% des ressources hors hydrocarbures, ce qui nous encourage à investir dans ce secteur ». Après le début en 1993 de la guerre civile et le regain d’activité des groupes islamiques radicaux ayant semé la terreur pratiquement partout en Algérie, le tourisme international est disparu dans le pays. Aujourd’hui la situation a radicalement changé et les autorités algériennes déploient les efforts intenses pour faire renaître l’infrastructure touristique. « L’Algérie peut et doit rattraper son retard, notamment sur ses voisins du bassin méditerranéen », a déclaré le ministre Moussa, qui vient d’élaborer une stratégie pour « l’horizon 2015 ». Selon le ministre, l’Algérie doit accueillir cette année au moins 4 millions de touristes, notamment un million d’Africains qui se sont installés en Europe. Les bénéfices tirés du tourisme devront atteindre 900 millions de dollars. Le gouvernement algérien a déjà adopté le décret sur l’aménagement de 172 zones d’expansion touristiques. Ce décret va faciliter la promotion de l’investissement étranger dans ces zones. Le pays a aujourd’hui plus d’une dizaine d’hôtels du niveau international et devra placer d’importants capitaux dans l’infrastructure touristique. L’Office algérien du tourisme espère que la partie algérienne du Sahara, l’immense territoire riche en monuments naturels, sera mise en valeur. « Le Sahara algérien est l’un des plus beaux du monde et l’Algérie se classe en 2ème position après l’Italie concernant son patrimoine archéologique, avec sept monuments et sites classés patrimoine de l’humanité », souligne M. Moussa. Qui plus est, l’Algérie a des projets sérieux de développement du tourisme dans la zone côtière de la Méditerranée. Certes, elle devra faire concurrence sur ce volet à la Tunisie (6,4 millions de touristes en 2005) et au Maroc (6,1 millions la même année). Ceci étant, le Maroc développe activement son infrastructure touristique en se proposant d’accueillir en 2010 au moins 10 millions de touristes étrangers. Dans le même temps, selon plusieurs experts, le réchauffement global pourrait entraver la mise en oeuvre des projets de développement du tourisme au Maghreb. A leur avis, la région méditerranéenne aux conditions météorologiques excellentes se déplacera vers le Nord. Il est possible que les conséquences des changements climatiques entravent l’afflux de touristes des pays d’Europe du Nord dans les pays méditerranéens. Jusqu’à 100 millions de personnes dépensent tous les ans 100 milliards d’euros en aspirant à passer traditionnellement leurs vacances en présence « de la mer, du sable et du soleil ». En ce qui concerne le Maghreb, les conséquences du réchauffement global peuvent être encore plus destructrices pour cette région suite à l’élévation des températures de l’eau et de l’air, à la migration des espèces dangereuses de faune maritime ainsi qu’à la dissémination des insectes porteurs des maladies et enfin – à la sécheresse, aux vents forts et aux tempêtes de poussière. Pour le moment de tels changements s’ébauchent seulement. De l’avis des experts, on saura dans un avenir prévisible dans quelle mesure ce phénomène se répercutera sur le développement du tourisme au Maghreb.
Le tourisme au Maghreb : problèmes et perspectives »
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«D’après le compte rendu de l’Organisation mondiale du tourisme, 2006 a battu tous les records. Conclusion révélatrice : l’Afrique a devancé en 2006 les autres pays et continents d’après le taux de développement du tourisme international.