"J'estime que les problèmes énergétique et notamment la recherche de compromis sur la Charte de l'énergie sera au coeur de cette visite", a indiqué dans une interview à RIA Novosti samedi le vice-directeur général du Centre de conjoncture politique, Alexandre Chatilov.
Par le passé également, les partenaires européens de Moscou ont exhorté la Russie à ratifier cette Charte, ce qui, selon l'expert, se serait répercuté sur la liberté des exportations russes vers l'Europe.
Le politologue estime toutefois que la Russie défendra avec fermeté ses positions.
"Tout compte fait, la Charte de l'énergie gênera sérieusement les activités des compagnies énergétiques russes sur le marché européen. Les chances de voir les parties parvenir à un compromis un tant soit peu notable sont donc faibles", a-t-il noté, ajoutant que les positions de Moscou à ces négociations étaient solides.
De l'avis de l'expert, Mme Merkel représente une coalition politiquement très instable.
"Son équilibre pourrait être rompu, provoquant des élections anticipées en Allemagne", a indiqué le politologue, notant que les complications dans les rapports russo-allemands, notamment dans la sphère politique, se répercuteront obligatoirement sur la cote de popularité de la chancelière.
L'expert estime aussi que la Russie réussira non seulement à préserver mais aussi à renforcer ses positions dans le dialogue énergétique avec l'Europe, car "les capacités énergétiques de notre pays sont vraiment importantes et on aurait tort de ne pas en tenir compte en défendant nos intérêts politiques".
Valentin Fedorov, vice-directeur de l'Institut académique de l'Europe, partage cet avis. "Nous avons rempli ce que nous avons promis depuis longtemps, à savoir passer aux prix de marché avec tous les pays consommateurs de nos hydrocarbures, y compris la Biélorussie soeur", a-t-il indiqué.
"On affirme à tort que la Russie s'est manifestée comme un partenaire peu sûr lors des récents à-coups dans l'approvisionnement de l'Europe en pétrole. Juste le contraire : dans cette situation-là, comme dans le cas de la crise gazière avec l'Ukraine, la Russie a prouvé qu'elle était un partenaire fiable, contrairement au transit qui n'est toujours pas garanti contre ce genre d'incidents".
L'expert estime que la dépendance des Européens et surtout de l'Allemagne envers la Russie dans la sphère énergétique ne fera que s'accroître.
"Ils n'ont pas d'autre choix. L'Allemagne a adopté il y a cinq ans un programme qui prévoit de fermer tous les sites nucléaires au cours des trente ans à venir. Par quoi cette énergie sera-t-elle remplacée ? Les éoliennes, les centrales solaires et marémotrices ne couvriront que 10% tout au plus de ses besoins. Et le reste ? Le reste sera couvert par les importations en provenance de Russie", a affirmé le chercheur, notant que la coopération entre les deux pays ira croissant.
La Russie a signé mais n'a pas ratifié la Charte de l'énergie, insistant sur sa mise au point.