Nous poursuivons par un commentaire de Valentin Dvinine . Faisant part de ses réflexions sur la réaction, suscitée dans le monde, notamment en France, par la déclaration de George Bush, concernant la nouvelle stratégie en Irak, notre observateur écrit :
Cette nouvelle stratégie porte sur l’envoi d’un contingent supplémentaire de plus de 2O mille hommes en Irak, les troupes d’occupation dans ce pays étant déjà de 132 mille soldats et officiers. Autrement dit, il s’agit de poursuivre l’opération armée, lancée par Washington le 2O mars 2OO3. Pour faire appuyer leurs plans par les Nations Unies, les Américains ont alors orchestré une vaste campagne de propagande, prétendant que des armes de destruction massive étaient fabriquées en Irak.
La plupart des membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont, toutefois, étaient contre l’utilisation de la force armée en Irak, d’autant plus que les inspecteurs onusiens, envoyés dans ce pays, n’y ont pas découvert de telles armes. Le front de l’opposition aux intentions agressives des Etats-Unis a été dirigé par la France, appuyée par la Russie, l’Allemagne et ensuite la Chine. Parmi les grandes puissances, seule la Grande Bretagne s’est ouvertement solidarisée avec Washington.
Les adversaires des opérations armées contre Bagdad ne s’inspiraient pas uniquement de l’absence de renseignements dignes de foi sur la présence en Irak d’armes de destruction massive, poursuit notre observateur. Dans mon dossier sur l’Irak j’ai trouvé le texte de la déclaration, faite par le président français quelques heures après que les bombes américaines eurent commencé à tomber sur Bagdad. Condamnant en termes énergiques cette action armée, lancée sans l’accord de l’ONU, Jacques Chirac a prévenu qu’elle « se solderait par des conséquences graves pour le futur ». Prenant la parole un jour plus tôt à la séance du Conseil de sécurité de l’ONU, consacrée à l’Irak, Dominique de Villepin, qui était alors ministre des affaires étrangères, a souligné : « L’intervention armée dans cette région instable ne pourra qu’aggraver les tensions et les divisions au profit des terroristes ».
Cette nouvelle stratégie porte sur l’envoi d’un contingent supplémentaire de plus de 2O mille hommes en Irak, les troupes d’occupation dans ce pays étant déjà de 132 mille soldats et officiers. Autrement dit, il s’agit de poursuivre l’opération armée, lancée par Washington le 2O mars 2OO3. Pour faire appuyer leurs plans par les Nations Unies, les Américains ont alors orchestré une vaste campagne de propagande, prétendant que des armes de destruction massive étaient fabriquées en Irak.
La plupart des membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont, toutefois, étaient contre l’utilisation de la force armée en Irak, d’autant plus que les inspecteurs onusiens, envoyés dans ce pays, n’y ont pas découvert de telles armes. Le front de l’opposition aux intentions agressives des Etats-Unis a été dirigé par la France, appuyée par la Russie, l’Allemagne et ensuite la Chine. Parmi les grandes puissances, seule la Grande Bretagne s’est ouvertement solidarisée avec Washington.
Les adversaires des opérations armées contre Bagdad ne s’inspiraient pas uniquement de l’absence de renseignements dignes de foi sur la présence en Irak d’armes de destruction massive, poursuit notre observateur. Dans mon dossier sur l’Irak j’ai trouvé le texte de la déclaration, faite par le président français quelques heures après que les bombes américaines eurent commencé à tomber sur Bagdad. Condamnant en termes énergiques cette action armée, lancée sans l’accord de l’ONU, Jacques Chirac a prévenu qu’elle « se solderait par des conséquences graves pour le futur ». Prenant la parole un jour plus tôt à la séance du Conseil de sécurité de l’ONU, consacrée à l’Irak, Dominique de Villepin, qui était alors ministre des affaires étrangères, a souligné : « L’intervention armée dans cette région instable ne pourra qu’aggraver les tensions et les divisions au profit des terroristes ».
La situation actuelle en Irak, poursuit Valentin Dvinine, montre que ces mises en garde se sont pleinement justifiées. George Bush déclarait le 1 mai 2OO3 que les opérations armées en Irak étaient pour l’essentiel achevées. Mais en fait, la guerre y continue, et les cercueils de plomb, contenant les corps des militaires américains, morts en Irak, sont régulièrement envoyés outre-océan. Le 3OOOe soldat américain y est mort le 7 janvier, ce qui dépasse déjà le nombre des victimes des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. Il ne se passe pratiquement pas de jour sans que ne retentissent en Irak des explosions, qui ont déjà emporté des milliers de civils.
A sa rencontre annuelle avec des représentants du corps diplomatique, le 5 janvier, Jacques Chirac avait donc toutes les raisons de déclarer que « la guerre déclenchée par les Etats-Unis, qu’il a qualifiée d’aventure, avait offert au terrorisme un nouveau champ d’expansion ». « Comme la France le pressentait et le redoutait, la guerre en Irak a précipité des bouleversements qui n’ont pas fini de dérouler leurs effets, a dit le chef de l’Etat. Cette guerre a exacerbé les clivages entre les communautés et ébranlé l’intégrité même de l’Irak. Elle a fragilisé la stabilité de l’ensemble de la région, où chaque pays, désormais, est inquiet pour sa sécurité et son indépendance ».
Les critiques de la guerre des Etats-Unis en Irak ont été formulées par l’Elysée quelques jours avant que le président américain n’ait exposé sa nouvelle stratégie. Est-elle capable d’infléchir la situation en Irak ? Aidera-t-elle à résoudre enfin le problème irakien ? La réaction de la communauté internationale est assez réservée, estime Valentin Dvinine. Seul Londres a pratiquement salué les nouveaux projets de George Bush, bien qu’il ne se soit pas montré disposé à suivre son exemple et à envoyer des renforts en Irak. A Berlin, la déclaration du chef de la Maison Blanche a été accueillie avec scepticisme : il a rappelé avoir invariablement pris position contre l’intervention militaire en Irak. Pékin souligne que seule la décision souveraine des Irakiens eux-mêmes pourrait régler véritablement la situation dans ce pays. Les analystes de Moscou estiment que si les 15O mille hommes des Etats-Unis et de leurs alliés ne sont pas parvenus à assurer la paix et la sécurité au peuple irakien, la nouvelle stratégie, qui met l’accent sur la force, n’aidera certainement pas à améliorer la situation dans ce pays.
Paris a officiellement réagi à l’intervention du président américain sur l’Irak le 11 janvier, écrit notre observateur. Le ministre français des affaires étrangères Philippe Douste — Blazy a déclaré aux journalistes : » La situation en Irak s’aggrave très lourdement et cela chaque jour. Pour nous, la seule solution pour que l’Irak retrouve sa stabilité, sa souveraineté, son intégrité territoriale et son unité nationale passe avant tout par la participation de toutes les composantes civiles, politiques et religieuses à la vie de la société irakienne ». Seules cette « approche globale » et cette « stratégie politique » permettront, selon le chef de la diplomatie française, de rétablir la stabilité aussi bien en Irak qu’en dehors de ses frontière, dans l’ensemble de la région.
Il y a 4 ans, Washington, où le pouvait appartenait alors entièrement aux républicains, n’a pas écouté les avertissements de Paris, écrit pour conclure notre observateur . Le résultat est évident. Peut-être aujourd’hui, lorsque le Congrès des Etats-Unis n’est plus contrôlé par le parti de George Bush, mais par les démocrates, préconisant le retrait des troupes américains de l’Irak, la solution raisonnable prendra-t-elle enfin le dessus ? Espérons qu’il en sera ainsi.
A sa rencontre annuelle avec des représentants du corps diplomatique, le 5 janvier, Jacques Chirac avait donc toutes les raisons de déclarer que « la guerre déclenchée par les Etats-Unis, qu’il a qualifiée d’aventure, avait offert au terrorisme un nouveau champ d’expansion ». « Comme la France le pressentait et le redoutait, la guerre en Irak a précipité des bouleversements qui n’ont pas fini de dérouler leurs effets, a dit le chef de l’Etat. Cette guerre a exacerbé les clivages entre les communautés et ébranlé l’intégrité même de l’Irak. Elle a fragilisé la stabilité de l’ensemble de la région, où chaque pays, désormais, est inquiet pour sa sécurité et son indépendance ».
Les critiques de la guerre des Etats-Unis en Irak ont été formulées par l’Elysée quelques jours avant que le président américain n’ait exposé sa nouvelle stratégie. Est-elle capable d’infléchir la situation en Irak ? Aidera-t-elle à résoudre enfin le problème irakien ? La réaction de la communauté internationale est assez réservée, estime Valentin Dvinine. Seul Londres a pratiquement salué les nouveaux projets de George Bush, bien qu’il ne se soit pas montré disposé à suivre son exemple et à envoyer des renforts en Irak. A Berlin, la déclaration du chef de la Maison Blanche a été accueillie avec scepticisme : il a rappelé avoir invariablement pris position contre l’intervention militaire en Irak. Pékin souligne que seule la décision souveraine des Irakiens eux-mêmes pourrait régler véritablement la situation dans ce pays. Les analystes de Moscou estiment que si les 15O mille hommes des Etats-Unis et de leurs alliés ne sont pas parvenus à assurer la paix et la sécurité au peuple irakien, la nouvelle stratégie, qui met l’accent sur la force, n’aidera certainement pas à améliorer la situation dans ce pays.
Paris a officiellement réagi à l’intervention du président américain sur l’Irak le 11 janvier, écrit notre observateur. Le ministre français des affaires étrangères Philippe Douste — Blazy a déclaré aux journalistes : » La situation en Irak s’aggrave très lourdement et cela chaque jour. Pour nous, la seule solution pour que l’Irak retrouve sa stabilité, sa souveraineté, son intégrité territoriale et son unité nationale passe avant tout par la participation de toutes les composantes civiles, politiques et religieuses à la vie de la société irakienne ». Seules cette « approche globale » et cette « stratégie politique » permettront, selon le chef de la diplomatie française, de rétablir la stabilité aussi bien en Irak qu’en dehors de ses frontière, dans l’ensemble de la région.
Il y a 4 ans, Washington, où le pouvait appartenait alors entièrement aux républicains, n’a pas écouté les avertissements de Paris, écrit pour conclure notre observateur . Le résultat est évident. Peut-être aujourd’hui, lorsque le Congrès des Etats-Unis n’est plus contrôlé par le parti de George Bush, mais par les démocrates, préconisant le retrait des troupes américains de l’Irak, la solution raisonnable prendra-t-elle enfin le dessus ? Espérons qu’il en sera ainsi.