« L’Union Européenne et l’Union Africaine ont adopté une Déclaration conjointe sur la lutte contre l’immigration illégale en Europe »

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Un commentaire de notre observateur Alexei Grigoriev :Plus de 5O ministres de 25 pays membres de l’UE et de nombreux pays de l’Union Africaine se sont rassemblés mercredi à Tripoli pour essayer une nouvelle fois de résoudre le problème de la lutte contre l’immigration clandestine en Europe.
Un commentaire de notre observateur Alexei Grigoriev :Plus de 5O ministres de 25 pays membres de l’UE et de nombreux pays de l’Union Africaine se sont rassemblés mercredi à Tripoli pour essayer une nouvelle fois de résoudre le problème de la lutte contre l’immigration clandestine en Europe. Des rencontres dans ce format sur le même thème avaient déjà eu lieu auparavant aussi bien en Europe qu’en Afrique, écrit Alexei Grigoriev. La dernière du genre s’est tenue en juillet à Rabat. Bien que pratiquement chacune d’elles se soit achevée par l’adoption d’un paquet de mesures visant à contrecarrer l’immigration africaine en Europe, il semble que la solution définitive du problème se fasse encore attendre. Les Européens savent que le désir de dizaines de milliers d’Africains, pour la plupart des jeunes, de gagner la terre promise a pour origine moins la soif de changement que l’espoir de s’arracher à la pauvreté et à la misère de leurs pays. Jusqu’à tout récemment encore la stratégie européenne de lutte contre l’immigration clandestine était dominée par la méthode forte, y compris l’adoption de lois de plus en plus rigides. La France y est devenue une sorte de champion. En 2OO5, la décision des autorités de l’Espagne, pays qui subit la plus grande pression de l’immigration clandestine, de légaliser la présence sur leur territoire de 6OO mille ressortissants de l’Afrique, a soulevé une critique véhémente de la France et de l’Allemagne. La réaction la plus ferme a été celle du ministre français de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, prétendant réel au poste de président de la république aux élections du printemps prochain. Selon lui, la magnanimité de ce genre ne peut que nuire à la lutte commune de l’UE contre l’immigration clandestine et donner un espoir de succès aux Africains qui se préparent à gagner l’Europe. Toutefois, selon les experts espagnols, pour maintenir les rythmes actuels de croissance économique du pays, il faudra au moins 4 millions de paires de bras, que l’Espagne envisage d’obtenir avant 2O2O grâce à l’afflux des ressortissants de l’Afrique, avant tout des pays du Maghreb. La communauté maghrébine, qui compte déjà 6OO mille immigrants légaux du Maroc, est la plus nombreuse sur la péninsule ibérique. L’Espagne ne fait pas que de la bienfaisance envers les immigrants africains. Après le récent afflux massif des clandestins de la Mauritanie et du Sénégal aux Canaries, Madrid a été mandaté par l’UE d’organiser un contrôle aérien et maritime de la circulation des illégaux dans les eaux de l’Atlantique, le long des côtes de l’Afrique occidentale, depuis le Maroc jusqu’aux îles du Cap Vert. Il semble que ces mesures aient été payantes : la masse principale des clandestins des pays subsahariens contourne maintenant le Maroc et la Mauritanie et se dirige plutôt vers la Libye et la Tunisie. Compte tenu de cette situation, le leader libyen Moamar Kaddafi a proposé de tenir à Tripoli une nouvelle rencontre entre l’Union Européenne et l’Union Africaine sur le problème de l’immigration illégale. A la différence des rencontres précédentes, l’emploi de la méthode forte a été relégué au second plan, cédant la place à l’examen des approches nouvelles envers ce problème. Comme l’a déclaré à l’ouverture de la rencontre le vice-président de la Commission européenne Franco Frattini ( nous le citons) « La pauvreté de l’Afrique est la principale racine de l’exode vers l’Europe. L’immigration n’est pas un problème de sécurité., C’est en premier lieu un problème d’inégalités profondes, de pauvreté et de chômage. C’est pourquoi, l’Union Européenne veut coopérer avec l’Union Africaine afin de favoriser la croissance et l’emploi »,a-t-il affirmé. Au fait, M. Frattini n’a dit rien de nouveau pour ses vis-à-vis africains à Tripoli. Parlant en leur nom, le ministre libyen des Affaires étrangères Abdel Rahmane Chalgham a indiqué que « les solutions répressives ne suffisaient pas à elles seules pour lutter contre l’immigration clandestine » prônant une approche globale tenant compte du développement en Afrique. Les participants à la rencontre ont évoqué les problèmes de l’immigration clandestine et légale, dit que celle-ci enlève aux pays africains la meilleure partie de leurs ressources humaines et — sur un plan plus vaste –que l’immigration est favorisée par l’absence de sécurité, l’instabilité de la situation politique et l’irrespect des droits de l’homme dans ces pays. Clôturant les débats, le ministre finlandais des affaires étrangères Erkki Tuomioja, comme représentant du pays qui assume la présidence de l’UE, a solennellement proclamé « l’engagement total de l’UE pour le développement en Afrique ». Bref, les participants à la rencontre ont accepté la nécessité d’une coopération plus large pour résoudre les problèmes de l’immigration. L’unanimité n’a été perturbée que lorsque les Africains ont posé devant la délégation de l’ UE la question, concernant la création de fonds de développement supplémentaires. Selon l’UE , elle est déjà depuis longtemps le donateur principal de l’Afrique, mais son aide aux pays du continent a des limites. D’où l’exigence aux leaders africains de mettre de l’ordre dans leur maison, notamment de contrôler l’immigration clandestine. Cette exigence des Européens, tout comme leur promesse d’actions conjointes avec les Africains pour limiter l’immigration sont entrées dans la Déclaration de la rencontre de Tripoli. Le temps montrera si cette déclaration aura un effet réel. Selon la plupart des experts, la pauvreté des pays africains demeure la raison principale de l’immigration illégale. Aussi celle-ci aura-t-elle lieu tant que la pauvreté et l’arriération de la communauté africaine ne seront pas supprimées. Aucune déclaration n’a encore aidé l’Afrique à résoudre ces problèmes.
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