Un infarctus écologique menace l’Afrique

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Les participants à la conférence internationale de l’ONU sur le climat (les délégations de plus de 130 pays) qui a lieu dans la capitale du Kenya Nairobi ont fait des conclusions alarmantes.
Les participants à la conférence internationale de l’ONU sur le climat (les délégations de plus de 130 pays) qui a lieu dans la capitale du Kenya Nairobi ont fait des conclusions alarmantes. Le réchauffement global de l’atmosphère a déjà une influence négative sur la situation écologique de la plupart des régions de notre planète. C’est en Afrique qu’elle est la plus marquée. Si la situation ne change pas, le continent africain risque un vrai « infarctus écologique » dont les conséquences seraient désastreuses pour la population et l’économie des 53 pays de la communauté africaine.
Notre observateur Alexeï Grigoriev écrit : les spécialistes avertissaient que l’Afrique se dirigeait vers la plus grande catastrophe écologique avant que la communauté internationale n’ait commencé à s’alarmer à cause de l’effet de serre dû aux rejets des gaz dans l’atmosphère par des entreprises ce qui a provoqué le réchauffement global de l’atmosphère de notre planète. « Cent quarante millions d’hectares – équivalents à presque la moitié de la superficie de l’Europe occidentale vont perdre une grande partie de leur potentiel agricole au cours des 20 prochaines années en Afrique », disait le rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), publié à Rome il y a 15 ans. La situation écologique actuelle en Afrique est devenue encore plus alarmante, apprend-on du rapport diffusé à Nairobi « Cartographier la vulnérabilité du climat et la pauvreté en Afrique ». Selon ce rapport, la vulnérabilité du continent face au changement climatique est beaucoup plus forte qu’on ne le pensait. La menace de la dégradation de la nature se fait sentir sur le littoral du continent aussi bien qu’à l’intérieur. Autrefois cette zone semblait être dans une meilleure situation, car il y a là beaucoup de rivières, de lacs et de forêts équatoriales. Des régions qui sont traditionnellement arides sont encore plus menacées, par exemple, le Sahel qui traverse tout le continent africain : de l’Océan Atlantique à l’Ouest jusqu’à l’Océan Indien à l’Est. Le Sahel sépare l’immense désert du Sahara et le désert de Nubie des savanes de l’Afrique Orientale et des forêts équatoriales de l’Afrique Centrale et Occidentale. Aux années 60, les sables du Sahara ont commencé leur offensive sur le Sahel et les bonnes terres de l’Afrique du Nord. A son tour, le Sahel repousse de plus en plus les forêts équatoriales. Des processus similaires se développent sur le territoire du continent au Sud de l’Equateur. Des sécheresses extrêmes s’abattent sur les pays de l’Afrique du Sud et de l’Est. Ce processus s’appelle désertification et sa conséquence la plus néfaste – c’est la réduction des terrains pour l’agriculture et l’élevage et l’appauvrissement des sols. Ce don de la nature, le sol, se formait pendant des millions d’années. La nature fait de sorte que lorsque le sol perd sa fertilité celle-ci peut se rétablir. Mais l’homme est intervenu dans le processus naturel. Avec la croissance démographique (et là, l’Afrique devance les autres continents), les pays africains ont besoin de plus d’aliments. Un cercle vicieux s’est formé. Pour nourrir une population toujours croissante et augmenter l’exportation des produits agricoles, principale source de revenus pour plusieurs pays, ceux-là sont obligés d’exploiter le sol de façon plus intense. Il devient, donc, plus pauvre, alors il faut de nouveaux sols et pour cela les forêts sont abattues. Le réchauffement global de l’atmosphère a renforcé l’influence néfaste sur l’écologie du continent. Selon le FAO, vers la fin du 20e siècle la température moyenne sur le continent a augmenté de 0,7° C. On pourrait dire que c’est rien du tout, moins d’un degré, mais les écosystèmes du continent le ressentent comme une catastrophe. On prévoit que d’ici la fin du 21e siècle, le réchauffement pourrait atteindre de 2 à 6° C. Pour le continent ce serait un coup dur, car aucun des pays africains n’a les moyens techniques et financiers pour adoucir les effets du réchauffement. Ces pays n’ont pas de stratégie pour lutter contre ce mal. Voilà pourquoi à la conférence de Nairobi, on entendait des appels à la communauté internationale à aider l’Afrique. Pour diminuer le niveau de pauvreté des centaines de millions d’Africains vers 2015, il faut qu’elle puisse éviter le collapse économique qui approche, conserver les rythmes actuels de sa croissance économique qui n’atteignent pas encore les 7% par an définis par l’ONU et le FAO. Il paraît que le réchauffement global de l’atmosphère rend trop optimistes les prévisions des experts quant au meilleur avenir du continent. La communauté internationale doit aider l’Afrique à s’adapter au réchauffement global puisque ce continent agraire n’en n’est pas responsable. L’Afrique ressemble à un fumeur passif : les pays industrialisés sont responsables pour la pollution de l’atmosphère et l’Afrique en endosse les conséquences. Voilà pourquoi la conférence à Nairobi prête une grande attention au protocole de Kyoto, dont le but est de diminuer les rejets des gaz industriels dans l’atmosphère, cause principale du réchauffement global. Il y a quelques progrès dans cette sphère. 35 pays industrialisés dont la Russie qui ont ratifié le protocole de Kyoto et l’Union Européenne, s’engagent à diminuer vers 2012 le niveau des rejets de 5,2% par rapport à 1990. Lors de la conférence à Nairobi qui se terminera le 17 novembre, on essayera de convaincre les Etats-Unis, la Chine et l’Inde à rejoindre cet accord. Pour le moment, ces 3 pays (les Etats-Unis polluent l’atmosphère plus que les autres) sont contre le protocole de Kyoto et par ce fait ils portent atteinte à la communauté internationale et surtout à l’Afrique qui est sa partie la plus faible.
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