Le sommet de l’Union Africaine , qui a pris fin samedi dernier à Syrte, ville natale du leader libyen Moamar Kadhafi, où il passe la plupart de son temps, la préférant à la capitale- Tripoli, a été consacré au 7e anniversaire de la création de cette organisation continentale, Pour être plus exact, je devrais dire que cette organisation a été officiellement proclamée en juillet 2OO2 à Lusaka, capitale de Zambie, écrit Alexeï Grigoriev. D’ailleurs, le 9 septembre a aussi sa place dans l’histoire des dates mémorables du continent – c’est le 9 septembre 1999 qu’au sommet extraordinaire de l’Organisation de l’Unité Africaine, également à Syrte, le colonel Kadhafi a officiellement annoncé aux leaders africains sa vieille idée de créer les Etats-Unis d’Afrique. L’idée de remplacer l’OUA par les Etats-Unis d’Afrique avec un seul gouvernement continental, des frontières transparentes, une seule monnaie et armée, a semblé si extravagante qu’elle a été rejetée d’emblée par la majorité absolue des collègues de Kadhafi. Toutefois, il était évident que l’OUA a déjà fait son temps, ayant rempli sa tâche principale – la décolonisation totale de l’Afrique. Aussi le continent avait-il besoin d’une organisation nouvelle. Ce fut l’Union Africaine. Tous ses organes dirigeants, ayant abordé la solution des problèmes, fixés dans ses documents, ont été créés en 5 ans. Parmi les progrès les plus notables de l’Union Africaine, il faut citer le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) . L’Union Africaine a activement contribué à la solution de plusieurs conflits et a fait ses preuves comme organisation, digne de représenter le continent dans l’arène internationale. Ce qui a été noté par le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui s’est rendu au siège de l’Organisation à Addis-Abeba dans le cadre de sa visite officielle en Ethiopie début septembre. Le chef de la diplomatie russe a remis au président de la commission de l’Union Africaine, ex-président du Mali Alpha Oumar Conaré le message personnel du président Poutine et discuté avec lui de la sauvegarde de la paix et de la stabilité sur le continent. Les deux parties ont confirmé leur volonté commune d’approfondir le dialogue politique, d’élargir et de perfectionner la coopération entre la Russie et l’Union Africaine. Les problèmes du maintien de la paix ont été abordés, mais dans une tonalité différente, au sommet extraordinaire de l’Union Africaine à Syrte. Comme il fallait s’y attendre, l’ordre du jour de cette rencontre pas très représentative – sur 53 membres de l’Union Africaine 11 seulement sont venus à Syrte – a été défini par son initiateur Moamar Kadhafi. La guerre civile, ce conflit ethnique et confessionnel dans la province soudanaise de Darfour, en a été le point principal. Il appartient aujourd’hui aux contingents de l’Union Africaine de régler ce conflit, qui a déjà emporté en 3 ans plus de 8OO mille vies. Le Conseil de sécurité de l’ONU et certaines capitales occidentales, notamment Washington et Paris, mettent en doute la capacité des forces africaines à stopper ce conflit et proposent d’introduire à Darfour un contingent international de 2O mille hommeS, doté d’un mandat de l’ONU. Le général Omar el Bechir, président du Soudan, est résolument hostile au déploiement de ces forces dans la province, ce qu’il a confirmé au sommet de Syrte. Il semble qu’il ait réussi à convaincre ses participants au nom desquels le colonel Mohamar Kadhafi a déclaré que l’Afrique n’a plus l’intention d’accepter la participation des forces non africaines à la solution des conflits sur son territoire, la qualifiant d’ingérence dans les affaires intérieures africaines et même de « nouvelle colonisation » du continent par l’Occident. « C’est la première fois qu’on voit des forces internationales vouloir entrer sans accord du gouvernement concerné. Qu’elles entrent, mais le pays résistera »,-a-t-il déclaré. On sait que le leader libyen est toujours hostile aux tentatives de la communauté internationale de résoudre les problèmes africains. Il est resté fidèle à lui même dans le conflit à Darfour, bien que la plupart des analystes estiment qu’on ne pourra résorber le conflit sous peu sans la participation des casques bleus. L’immigration illégale a également figuré à l’ordre du jour du sommet de Syrte. Comme l’a déclaré Moamar Kadhafi, si la communauté européenne souhaite se débarrasser de l’immigration illégale du continent noir, elle devrait verser à l’Afrique IO milliards de dollars annuellement. « Ils ( les Européens) doivent nous indemniser pour avoir exploité et pillé nos minerais et nos richesses. Pour que les Africains restent chez eux, nous réclamons à l’Europe IO milliards de dollars par an »,a-t-il dit. On peut considérer cette déclaration de Kadhafi comme sa réponse au récent appel du premier-ministre italien Romano Prodi , concernant les flots croissants des clandestins africains en Italie et sur les Canaries espagnoles. Tout aussi extravagante a été la remarque de Kadhafi, selon laquelle il se propose de consacrer ces milliards à la réanimation de son idée fixe — la création des Etats-Unis d’Afrique avec une seule monnaie et armée. « Ainsi va naître le géant noir, avec lequel le monde entier aura à compter », a-t-il déclaré solennellement , en achevant son discours au sommet de l’Union Africaine à Syrte. Il est peu probable que son enthousiasme soit partagé par beaucoup de gens en Afrique et d’autant plus en Europe. L’Afrique a besoin de partenariat constructif avec la communauté internationale, et cette dernière est disposée à le bâtir avec elle. Quant aux tentatives de la séparer du reste du monde, elles feront plus de mal que de bien. Malheureusement, les participants au sommet de Syrte, faisant sans doute le jeu de son maître, ont laissé ce thème à côté.
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Le sommet de l’Union Africaine , qui a pris fin samedi dernier à Syrte, ville natale du leader