Bien qu'au début de cette semaine, les organisations non gouvernementales (ONG) de la Finlande ont demandé dans une lettre adressée au chef du gouvernement, Matti Vanhanen, de conserver l'Institut, le projet de budget pour l'année prochaine, dont l'examen par le gouvernement s'est achevé au cours de cette semaine, ne prévoit qu'à moitié le financement de l'Institut.
Cela signifie bel et bien que, dès le 1-er juillet prochain, l'Institut doit être fermé. Il n'en est pas cependant moins vrai que le ministère des Finances a formellement renoncé à une formule juridiquement incorrecte de la fermeture et du démantèlement de l'Institut et de sa bibliothèque. Quoi qu'il en soit, de l'avis des collaborateurs de l'Institut, cela ne change rien, car, faute de financement, l'Institut va mourir tout seul.
Selon le directeur de l'Institut de la Russie et des pays de l'Europe de l'Est à Helsinki, Seppo Lallukka, le budget annuel de l'Institut ne constitue que 800.000 euros. A signaler que rien que pour organiser le concours d'Eurovision l'année prochaine, l'Etat finlandais envisage de dépenser près de quatre millions d'euros.
"Avec cet argent qui sera dépensé en une seule ou quelques soirées, nous aurions pu travailler pendant cinq ans", disent les collaborateurs de l'Institut.
Fondé en 1947, l'institut organise chaque année des dizaines de manifestations consacrées à la culture et l'art russes. Sa bibliothèque comprend plus de 100 000 volumes essentiellement en russe et énormément de dictionnaires russe-finnois et finnois-russes, ainsi que de très nombreux ouvrages de référence, y compris spécialisés. On y trouve également une multitude de collections de journaux et de revues russes, ainsi que des livres pour spécialistes.
La décision du ministère des Finances rend perplexes non seulement les employés de l'Institut de la Russie et des pays de l'Europe de l'Est, mais aussi le staff du ministère de l'Education de la Finlande.
"Plus de 40.000 immigrés d'expression russe résident dans notre pays. Aussi, est-il nécessaire d'établir un dialogue culturel avec tous ces gens. Qui plus est, les services d'information qu'offre notre institut par l'intermédiaire de l'Internet contribuent à jeter un nouveau pont culturel entre la Russie et la Finlande", est persuadé le professeur Ilkka Huovio, chargé par le ministère de l'Education d'élaborer la stratégie du développement de l'institut.
Dès le 12 septembre, l'examen du projet de budget pour l'année prochaine commencera au parlement de la Finlande pour ne s'achever qu'au mois de décembre. Pour l'Institut de la Russie et des pays de l'Europe de l'Est, l'examen de ce document budgétaire au parlement est la dernière chance. Plusieurs centaines de personnes ont d'ores et déjà signé l'adresse au parlement en faveur de l'Institut.