Revue de la presse russe du 18 août

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MOSCOU, RIA Novosti

Goudok

La riposte de la CEEA aux pressions européennes et américaines

L'Union douanière eurasiatique en gestation retient bien sûr l'attention de l'opinion, cependant sur le plan politique la priorité doit être accordée à l'alliance énergétique également annoncée au sommet de la Communauté économique eurasiatique (CEEA) qui s'est achevé jeudi à Sotchi. Les potentialités énergétiques des pays de la CEEA contrebalancent les pressions politiques toujours plus fortes exercées par l'Europe unie et la démocratie atlantique belliqueuse.

L'Ouzbékistan, dont le territoire recèle d'immenses gisements de gaz, pourrait rejoindre bientôt les trois plus grands exportateurs de gaz mondiaux de l'espace postsoviétique: la Russie, la Turkménie et le Kazakhstan.

Selon Alexandre Sobianine, directeur du département de planification stratégique de l'Association de coopération frontalière, si la Russie, le Kazakhstan et l'Ouzbékistan, membres de la CEEA, décidaient de constituer une OPEP du gaz, alors il est quasi certain que la Turkménie y adhérerait elle aussi. De nombreux médias libéraux n'ont pas la Turkménie en odeur de sainteté, mais cela n'empêche pas les dirigeants de Gazprom de se déclarer satisfaits d'Achkhabad: à la différence de l'Ukraine démocratique", la Turkménie n'a jamais créé de problèmes sérieux pour l'économie russe. Des prémisses formelles existent pour un rapprochement économique avec Achkhabad: la Turkménie est un pays neutre, elle ne fait pas partie de la "Communauté du choix démocratique" (anciennement GUAM) anti-CEEA.

Dans ce cas l'Union européenne serait désarmée, plus jamais elle ne pourrait accuser la Russie de se livrer au "chantage au gaz". La création d'une OPEP du gaz permettrait à la Russie et à ses trois partenaires de se montrer plus rigoureux dans la défense de leurs intérêts en Europe et inciterait aussi les Américains à être plus circonspects en matière d'"exportation de la démocratie" dans ces quatre pays.

L'électronucléaire est assurément un volet très prometteur de la coopération énergétique eurasiatique. Exception faite de l'Ukraine, tous les pays possédant de grands sites nucléaires font partie de la CEEA. Et puis maintenant que Viktor Ianoukovitch est premier ministre, Kiev pourrait reconsidérer sa position vis-à-vis de la communauté.

Il faut souligner ici que l'Ouzbékistan, la Kirghizie et le Tadjikistan travaillent activement sur un programme nucléaire conjointement avec la Russie et créent une entreprise mixte avec Tekhsnabexport et TVEL. Récemment il a été annoncé que l'"union atomique" serait rejointe par le Kazakhstan qui est le premier exportateur mondial d'uranium.

Gazeta

Un nouveau coup porté à Ioukos

Les documents et les disques durs saisis le 16 août au cours d'une perquisition au bureau de Viktor Guerachtchenko, président du conseil des directeurs de Ioukos, sont à l'origine d'une nouvelle action en justice engagée par le Parquet général de Russie contre les dirigeants de la compagnie disgraciée. Selon les experts, les perspectives d'une nouvelle "affaire Ioukos" sont vagues.

Selon une source proche de l'enquête, "les experts ont cherché des preuves durant toute une nuit et ont découvert les documents nécessaires à l'enquête". Le parquet estime que Steven Theede, Bruce Misamore, David Goodfree et Timothy Osborne "ont abusé de leurs fonctions et se sont entendus pour s'approprier les actifs étrangers de la compagnie pétrolière Ioukos".

Evgueni Barou, avocat de l'ancien président de la Menatep Platon Lebedev, estime que la nouvelle action en justice n'ira pas loin. Selon lui, les organes d'enquête russes n'ont pas le droit de convoquer des étrangers en Russie pour qu'ils donnent des éclaircissements ou pour les accuser. En ce qui concerne les accusations, a ajouté l'avocat, les organes judiciaires russes doivent demander d'abord à leurs collègues étrangers s'ils considèrent les actions accomplies comme criminelles. "Le fait est que les législations des divers pays sont différentes", a déclaré Evgueni Barou.

"Une action engagée en justice ne signifie pas que la dette envers un créancier est reconnue comme réelle. Pour cela, il faut avoir une décision du tribunal d'arbitrage, explique Edouard Koutcherov, directeur du département des impôts et du droit de Baker Tilly Rusaudit. Cependant, une action en justice peut être un élément d'une pression exercée sur le créancier. Par exemple, elle complique pour les représentants du créancier la défense de ses droits au tribunal russe".

Les avocats du Groupe Menatep Ltd ont interjeté hier un appel contre la décision de reconnaître la banqueroute de Ioukos. "En cas de banqueroute, ils n'auront rien, a déclaré l'analyste de FIM Securities Dmitri Tsaregorodtsev. Or, ils auraient pu recevoir ne serait-ce que quelques millions pour leur paquet de 60 % d'actions. J'estime qu'on peut parler d'un prix allant de 600 millions à un milliard de dollars.

Izvestia

Budget russe: la horde des fonctionnaires engloutira autant que l'armée

Jeudi 17 août, les ministres ont approuvé le principal document financier du pays: le budget pour l'année prochaine. Comme c'était prévu, les prix élevés du pétrole ont assuré à notre pays une prospérité relative pour 2007. Les recettes dépasseront les dépenses de 1.500 milliards de roubles (près de 44 milliards d'euros). A quoi sera consacré l'argent? L'enseignement et la politique sociale en bénéficieront le moins. 821 milliards de roubles (près de 24 milliards d'euros) seront dépensés pour l'entretien de "l'armée" de fonctionnaires. Notre Etat ne dépense autant que pour la défense.

Il n'y a pas longtemps, les budgets du pays avaient toutes les raisons d'être en déficit. Grâce au prix prévu du pétrole, il a été possible d'assurer un bien-être apparent: dans la variante actuelle du budget, les recettes dépassent les dépenses: 6.965 contre 5.463 milliards de roubles (203 contre 159 milliards d'euros). Comment seront dépensés ces pétrodollars par l'Etat? Il s'avère que la défense et l'entretien de l'appareil d'Etat sont les principaux chapitres des dépenses. 821 milliards de roubles (pour chaque) sont alloués à ces fins. Citons, à titre de comparaison, qu'il est prévu d'accorder seulement 206 milliards de roubles (près de 6 milliards d'euros) pour les quatre projets nationaux.

L'année prochaine, l'entretien des fonctionnaires reviendra au budget environ 50 % plus cher que l'année dernière. Sur cette somme, 6,4 milliards de roubles (186 millions d'euros) iront au président, à son administration, à ses représentants plénipotentiaires dans les Régions fédérales et à l'appareil central de l'intendant du Kremlin. Un peu plus - 6,52 milliards de roubles - sera alloué au fonctionnement du pouvoir législatif et des collectivités locales. La modique somme de 1,52 milliard de roubles (44 millions d'euros) sera affectée au gouvernement et aux organes du pouvoir exécutif des régions.

Bref, tant en Russie qu'à l'étranger le ministère des Finances ne lésine pas sur l'entretien des fonctionnaires. La somme astronomique prévue pour les membres du gouvernement n'a étonné personne. Ils ont adopté hier sans hésiter le projet de budget pour 2007.

Nezavissimaïa gazeta

Les missiles antimissiles US: un cadeau empoisonné pour Tonny

Le Pentagone a demandé à Londres s'il était possible d'envisager le déploiement en territoire britannique de missiles destinés à intercepter les fusées balistiques qui pourraient être tirées par l'Iran ou la Corée du Nord. Depuis plusieurs années déjà les militaires américains planchent sur un système de défense antimissile (AMD) englobant les territoires des Etats-Unis, de l'Extrême-Orient et aussi de l'Europe. Mais jusqu'à présent les missiles intercepteurs ne devaient être déployés qu'en Pologne et en République tchèque. On avait même chiffré à 1,6 milliard de dollars le coût de la construction et de l'implantation des missiles en question.

Cependant, une partie non négligeable de l'opinion est opposée à la réalisation de ces projets. Dans ces pays on craint que le système AMD ne fasse l'objet d'attaques de représailles de terroristes. C'est un fait que les missiles anti-missiles n'en sont pas à l'abri.

En ce qui concerne Moscou, on sait qu'il voit d'un mauvais oeil ce plan américain. Au mois de décembre de l'année dernière le chef de l'Etat-major général des Forces armées russes, le général Youri Balouevski, avait déclaré ceci à la Gazeta Wyborcza: "Vous pouvez construire un bouclier. Seulement pensez à ce qui par la suite pourrait vous tomber sur la tête". Youri Balouïevski avait relevé qu'il ne prévoyait pas un conflit nucléaire entre la Russie et l'Occident, mais que les pays qui seront impliqués dans ce bouclier se soumettront à des risques supplémentaires.

Le ministre russe de la Défense, Sergueï Ivanov, a déclaré de son côté que l'implantation de missiles intercepteurs en Pologne aurait des retombées négatives sur le système de sécurité européenne. Et puis de nombreux experts russes pensent que les Etats-Unis craignent moins les pays faisant partie de l'"axe du mal" que la Russie. Aussi leur objectif véritable est-il d'intercepter les missiles balistiques russes au début de leur trajectoire.

Selon des sondages, vingt ans après le départ des troupes soviétiques de Pologne, près d'un Polonais sur trois est opposé à ce que des unités militaires étrangères soient de nouveau déployées sur le territoire national. La plupart des Tchèques ne veulent pas que des missiles antimissiles soient implantés dans leur pays.

Face à l'opposition qui se manifeste en Europe orientale, le Pentagone est contraint de se tourner vers son plus proche allié, la Grande-Bretagne, ce qui ne manque pas de susciter des appréhensions dans l'entourage du premier ministre. C'est que la cote de popularité de Tony Blair est en chute libre précisément depuis qu'il est attaché aux basques de la Maison-Blanche.

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