Cela implique une révision fondamentale de la politique nationale. Cependant, aujourd'hui, "superpuissance énergétique" n'est qu'un synonyme d'"appendice énergétique" utilisé pour dissimuler la participation extrêmement inefficace de la Russie à la division internationale du travail, écrit Mikhaïl Deliaguine, directeur scientifique de l'Institut des problèmes de la mondialisation.
La Russie vend des matières premières relativement bon marché en laissant les partenaires étrangers tirer un bénéfice colossal de leur transformation. Elle remplit scrupuleusement toute une série de contrats passés avec l'Occident qu'on a du mal à appeler autrement que des contrats de rapine. Ainsi, le Consortium d'oléoducs de la Caspienne, outre qu'il fait concurrence aux exportations de pétrole russe, viole délibérément la loi russe. En ce qui concerne les accords de Sakhaline sur le partage de la production, les investisseurs étrangers empochent la quasi-totalité du bénéfice rapporté par le pétrole et le gaz russes, tandis que la Russie leur compense les frais exagérés de production de ses propres matières minérales et, de surcroît, leur doit encore de l'argent.
Il se trouve que le pays exporte ses ressources naturelles pour rendre l'argent ainsi gagné à l'Occident et encourager par la même occasion le développement de ce dernier.
Avant toute autre chose il faut renoncer aux contrats léonins passés au début des années 1990 avec les monopoles globaux. La découverte des mobiles corruptifs de la conclusion de ces accords par des fonctionnaires russes à des conditions aussi inégales d'après les normes du droit international permet de mettre en mouvement des procédures en annulation de ces contrats. Les accords sur le partage de la production doivent être interdits par la loi.
Pour augmenter le degré de transformation des produits d'exportation, il faut construire un réseau de raffineries pour cesser complètement d'exporter du brut par rail et par eau et commencer à vendre des produits pétroliers. Les revenus des exportations d'hydrocarbures doivent être employés à la modernisation globale du pays, pour rétablir les structures de gestion, les ressources humaines et le potentiel de production sur une base technologique nouvelle.