L'astronautique russe: résultats et perspectives

S'abonner
L'année 2006 sera déterminante pour l'astronautique russe. Le Programme spatial fédéral 2001-2005 a été achevé. Un nouveau plan, décennal, de recherches spatiales a démarré.

L'année 2006 sera déterminante pour l'astronautique russe. Le Programme spatial fédéral 2001-2005 a été achevé. Un nouveau plan, décennal, de recherches spatiales a démarré. Ses volets clés seront lancés en 2006: au printemps le nom de l'entreprise pilote du programme de création de la navette spatiale russe sera connu, et début mars les partenaires du projet ISS (Station spatiale internationale) devront s'entendre pour achever la construction de ce train orbital et l'exploiter en commun.

Le directeur de l'Agence spatiale russe (Roskosmos), Anatoli Perminov, a retracé pour RIA Novosti, à la veille du Jour de l'An, les résultats obtenus par la cosmonautique russe et ses perspectives.

- Quels sont les principaux résultats de la mise en oeuvre du Programme spatial fédéral 2001-2005? Les principaux objectifs ont-ils été atteints?

- Des travaux considérables ont été accomplis dans le cadre du Programme spatial fédéral russe. Nous avons créé une nouvelle génération d'appareils spatiaux de télécommunications répondant aux critères mondiaux et avons mis en place un groupe orbital.

Nous avons beaucoup avancé dans nos travaux sur les appareils de sondage à distance de la Terre, d'observations météorologiques et de recherches fondamentales capables de satisfaire les besoins de l'Etat du point de vue de la quantité et de la qualité.

Nous avons commencé les essais en vol d'un lanceur de nouvelle génération de classe moyenne Soyouz-2, nous avons achevé les essais en vol du lanceur lourd Proton-M et lancé la construction de la fusée porteuse écologique lourde Angara.

Nous avons développé notre infrastructure terrestre.

Nous avons maintenu en fonctionnement le segment russe de l'ISS et du système spatial de recherche et de sauvetage COSPAS-SARSAT.

Nous avons rempli nos engagements internationaux en matière de fonctionnement de l'ISS après la suspension des vols des Shuttle américains.

- Je me suis laissé dire que l'année dernière bien des choses n'ont pas été réalisées.

- Le sous-financement considérable, au niveau de 26% environ, du Programme fédéral, surtout pendant les années 2001-2003, n'a pas permis d'achever sept projets (Express-M, Loutch-M, Gonets-M, Ressource-DK, Soyouz-2, Rous-M et Nadejda).

Et pourtant, les principaux objectifs du Programme - développement du potentiel spatial du pays, accès garanti de l'espace et assistance variée à la coopération internationale - ont été réalisés. La Russie garde toujours son statut de grande puissance spatiale dans le développement des vols habités, des technologies spatiales et des lanceurs.

Les plans de télécommunications spatiales ont été complètement mis en oeuvre. Des engagements internationaux ont été remplis. Les conditions ont été créées permettant de mener à bien les missions de sondage à distance de la Terre ainsi que les recherches spatiales dans l'avenir le plus proche. Tel est le bilan général.

- En 2005 un salon aérospatial a eu lieu en Russie. Quel est son rôle dans le développement de l'aérospatiale russe? Quels sont les salons internationaux auxquels l'agence Roscosmos prendra part en 2006? Qu'est-ce qu'elle présentera d'intéressant à ces expositions?

- L'année dernière l'Agence spatiale fédérale a pris part au 7e salon aérospatial international de Joukovski (MAKS-2005) où toutes les entreprises et organisations de la branche - le groupe Energuia, les centres spatiaux Khrounitchev, Progress, Lavotchkine et d'autres - ont présenté sur un stand commun leurs derniers développements et leurs projets à l'étude.

Le stand de Roscosmos se distinguait par sa diversité. Il comportait des maquettes grandeur nature du vaisseau Soyouz et de la capsule récupérable Soyouz (groupe Energuia) et des modèles réduits des appareils spatiaux Ressource-DK1, Foton-M, Monitor-R3, Dialogue, Express-AM, Glonass-K, Loutch-5A, Coronas-Foton, Voulkan.

Les visiteurs ont été vivement intéressés par la maquette de la navette de nouvelle génération Kliper (groupe Energuia) et par celle du pas de tir du lanceur Soyouz-STK actuellement en chantier au centre spatial de Kourou, en Guyane française.

En 2006 Roscosmos et les entreprises de l'industrie spatiale russe se proposent de participer aux salons internationaux suivants :

- ILA-2006 (Berlin, 16-21 mai);

- Farnborough AirShow-2006 (Angleterre, 18-23 juillet) - l'exposition nationale de la Russie en Chine (Pékin,13-14 novembre).

La liste des objets exposés à ILA-2006 comprendra :

- une maquette grandeur nature de la navette Kliper;

- une maquette grandeur nature du satellite de navigation Glonass-M;

- une maquette perfectionnée du pas de tir des vaisseaux Soyouz pour le centre spatial de Kourou, en Guyane française;

- une maquette de la Station spatiale internationale (ISS);

- une maquette du satellite Ressource-DK1 (avec simulation de fonctionnement);

- un scaphandre Orlan-MK pour les travaux dans l'espace.

***

Les problèmes et les réalisations de l'année 2005

L'interview du chef de Roskosmos nécessite des commentaires. Le sous-financement du Programme fédéral mentionné par Anatoli Perminov a été de 24 milliards de roubles (1 euro= 33,42 roubles).

Il est à noter que le Programme 2005 comprenait des travaux supplémentaires liés au lancement d'un appareil spatial Express-AM qui ont coûté 6 milliards de roubles sans que les allocations budgétaires accordées à l'ensemble du programme aient été augmentées. Ces travaux ont été accomplis en priorité au détriment d'autres projets.

Au cours de ces cinq dernières années le potentiel des groupes spatiaux russes a été amélioré et s'est enrichi d'appareils de nouvelle conception, un nombre important de ces satellites ayant dépassé leur durée de vie garantie : cette part représente actuellement 51% de l'ensemble du parc, contre 72% en 2001.

Le groupe de télécommunications assure actuellement la diffusion des émissions des chaînes de télévision centrales et commerciales sur l'ensemble du territoire de la Russie et de la CEI, ainsi que les télécommunications internationales, nationales et zonales, la liaison avec des objets en déplacement et les télécommunications gouvernementales.

Les nouveaux appareils spatiaux lancés depuis les cinq dernières années ont permis :

- d'augmenter les potentialités du groupe orbital de télécommunications fixes et de télécommunications présidentielles et gouvernementales mobiles;

- d'augmenter de plus de 2,5 fois la capacité du groupe national de satellites de télécommunications évoluant en orbite géostationnaire (le nombre de transpondeurs est passé de 94 à 260);

- de régler le problème de la perte du potentiel de fréquences nationales.

En août 2005, une sonde Monitor-E a été mise en orbite et a commencé à transmettre des images de la Terre de haute et moyenne résolution. Au début de l'année en cours, une autre sonde sera lancée, Ressource-DK. Les deux appareils sont censés améliorer l'approvisionnement des clients fédéraux et régionaux en informations spatiales sur les ressources naturelles terrestres et maritimes.

Deux appareils météorologiques sont à l'étude, la sonde Météor-M qui évoluera sur une orbite moyenne et l'appareil géostationnaire Electro-L, qui seront lancés en 2006 et 2007 respectivement.

Le travail sur l'appareil européen Mars-Express, dont le module orbital contient six instruments conçus et construits par les spécialistes de l'Institut russe de recherches spatiales, a été poursuivi l'année dernière.

Dans le cadre de la coopération internationale, la Russie participe à l'observatoire spatial européen INTEGRAL où elle bénéficie de 25% du temps d'exposition pour étudier les objets célestes dans les longueurs d'onde gamma et X.

La Russie remplit intégralement ses engagements internationaux au sein du système de recherche et de sauvetage COSPAS-SARSAT dont le segment spatial comporte deux satellites russes Nadejda.

L'Agence spatiale fédérale travaille sur le projet de petit appareil spécialisé Sterkh. En lançant deux appareils de cette série, en 2006 et 2007, la Russie remplira ses engagements internationaux.

La Russie continue d'exécuter son programme de vols habités sur son segment de la Station spatiale internationale (ISS) où elle a monté 44 expériences dans le cadre du programme d'expéditions à long terme et 13 expériences commerciales (20% environ de leur totalité). D'autre part, les expéditions à court terme ont permis de réaliser 58 expériences commerciales supplémentaires (dans ce cas les ressources du segment russe de l'ISS ne sont pas engagées).

Après l'arrêt des vols des Shuttle américains, la Russie a assumé le transport et l'approvisionnement de l'ISS et s'est acquittée avec succès de cette mission.

La Russie possède les lanceurs nécessaires pour mettre sur des orbites à différentes inclinaisons des charges utiles d'une masse de plusieurs centaines de kilos à 20 tonnes. Fiables et relativement bon marché, ils font concurrence aux lanceurs étrangers sur le marché mondial des lancements. Des travaux sont en cours pour moderniser les lanceurs existants et en créer de nouveaux, notamment pour assurer l'accès de l'espace : Soyouz-2, Proton-M, Angara.

L'activité spatiale internationale provoque un afflux d'investissements importants favorisant le développement de l'industrie spatiale russe. Mais les perspectives à court terme de la branche sont liées au financement budgétaire.

Grâce au soutien énergique de l'Etat, l'activité dans l'espace au service de l'économie, de la recherche et de la vie sociale sort d'une longue période de crise et offre des perspectives stables qui se concrétiseront dans le cadre du Programme spatial fédéral 2006-2015 déjà approuvé.

Le bilan économique de l'activité de cette branche en 2005 est positif. La production dans ce secteur s'est accrue de 12,7% par rapport à 2004, autrement dit la croissance y a été plus de 2,5 fois plus importante que dans l'ensemble des industries (4,4%).

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала