Qui plus est, la diplomatie géorgienne s'est adressée à la Fédération de Russie et à l'ensemble de la communauté internationale, en les invitant à donner leur évaluation aux faits et gestes de l'Ossétie du Sud. C'est ce qu'on lit notamment dans une déclaration officielle du ministère géorgien des Affaires étrangères, document publié mercredi soir.
"Le ministère des Affaires étrangères de la Géorgie exprime son "extrême indignation" face à la situation dans la province de Tskhinvali et demandent à la Fédération de Russie et à l'ensemble de la communauté internationale de donner une évaluation appropriée au régime séparatiste et à ses forces destructrices qui l'épaulent. La diplomatie géorgienne exhorte à adopter des mesures qui s'imposent pour empêcher l'escalade de la tension dans la région", est-il indiqué dans le document.
Tbilissi est vivement préoccupé par l'entrée illégale d'armements dans la région de Tskhinvali depuis la Russie, signale le ministère des Affaires étrangères de la Géorgie.
Ainsi, lit-on dans la déclaration en question, au cours d'un contrôle effectué, les 13 et 14 janvier dernier, dans la zone du conflit par les représentants de la mission d'observation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et les observateurs de Géorgie, de Russie et d'Ossétie du Nord, un canon antiaérien "ZU 23-2" a été découvert dans le village sud-ossète de Dmenissi".
"Ce fait prouve une fois de plus que l'Ossétie du Sud viole les ententes enregistrées auparavant. Tbilissi a signalé à maintes reprises des fournitures illégales d'armes dans le district de Djava et la concentration de bandes dans cette zones", note dans sa déclaration la diplomatie russe.
Le ministère des Affaires étrangères de la Géorgie estime que "Moscou n'est tout simplement pas suffisamment sérieux face à cette menace à la sécurité régionale qui émane du territoire échappant à tout contrôle à la frontière même avec la Fédération de Russie".
Le mécontentement du ministère géorgien des Affaires étrangères a aussi été provoqué par une déclaration faite par le ministre de la Défense de l'Ossétie du Sud, Anatoli Barankevitch, à l'occasion du fait de la découvert du canon sol-air en question. On cite à Tbilissi les propos, tenus par le ministre sud-ossète de la Défense selon lesquels il "a l'ordre formel du chef suprême des armées (de l'Ossétie du Sud) d'abattre n'importe quel objet volant pénétrant sans autorisation dans l'espace aérien de la république". La diplomatie géorgienne évaluent lesdits propos comme une menace d'attentats contre les appareils volants de la Géorgie.
Mercredi, le ministre géorgien des Affaires étrangères, Guela Bejouachvili, s'est indigné, lui aussi, des fournitures d'armes illégales en Ossétie du Sud.
Comme l'a fait remarquer le chef de la diplomatie géorgienne, Tbilissi n'ignore pas que la Russie lutte contre les fournitures d'armes illégales. Quoi qu'il en soit, a fait remarquer Guela Bejouachvili, le matériel de guerre vient toujours dans la région de Tskhinvali depuis la Russie par le tunnel de Rokk.
Auparavant, la Russie a déjà démenti ce genre d'accusations de la part de la Géorgie. Ainsi, l'ambassadeur itinérant du ministère des Affaires étrangères (MID) de la Fédération de Russie, Valeri Keniaïkine, qui est aussi coprésident russe de la Commission de contrôle mixte (CCM) pour le règlement osséto-géorgien, a notamment déclaré devant les journalistes que la Russie ne fournissait pas de matériel de guerre à l'Ossétie du Sud.
"La Russie ne fait de telles livraisons à l'Ossétie du Sud ni par le tunnel de Rokk ni par d'autres points de passage à la frontière. Tous les armements qui se trouvent à présent à Tskhinvali, c'est le matériel dont avaient été équipées les Forces Armées de l'Union Soviétique et qui y reste de l'époque soviétique", a indiqué le diplomate russe.
"Par conséquent, les déclarations selon lesquelles la Russie livrerait des armements à l'Ossétie du Sud n'ont rien à voir avec la réalité", a souligné Valeri Keniaïkine.