L'exploitation de l'assassinat de Rafic Hariri influe négativement sur la situation au Liban - Michel Aoun

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BEYROUTH, 7 janvier - Denis Malkov, Ioulia Troïtskaïa. L'exploitation abusive par plusieurs politiciens libanais de l'enquête menée sur l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais, Rafic Hariri, exerce une influence néfaste sur la situation dans le pays, estime le leader des chrétiens libanais et ex-premier ministre, Michel Aoun.

"Au sein du gouvernement et au parlement on exploite excessivement l'enquête menée sur l'assassinat de Rafic Hariri. Bien sûr, il est important d'établir la vérité, cependant il ne faudrait pas que le pays vive uniquement dans l'attente de la fin de l'instruction et le début du procès des criminels. Une attente tendue ne ferait qu'approfondir les contradictions dans la société et exacerberait les problèmes internes, y compris la crise économique", a déclaré à RIA Novosti Michel Aoun, ce politique rentré au mois de mai dernier au Liban après quinze années d'exil passées en France.

L'assassinat en février 2005 de l'ex-premier ministre libanais, Rafic Hariri, avait été à l'origine d'une profonde crise politique dans le pays. Sous la pression de la communauté internationale la Syrie avait retiré ses troupes du Liban. Des élections législatives se sont tenues dans le pays, qualifiées aujourd'hui de "premières élections parlementaires démocratiques".

En attendant, l'ancien chef d'Etat-major général de l'armée libanaise est convaincu que ce scrutin a donné le jour à une "situation paradoxale" dans le pays puisque la plus grande partie de l'électorat n'est pas représentée de manière adéquate au parlement et au gouvernement. De l'avis du général, cette situation est due au fait que la loi électorale est injuste.

"En vertu de la loi électorale de 2000, une minorité d'électeurs est représentée majoritairement au parlement et au gouvernement tandis que la plus grande partie de l'électorat n'est pratiquement pas représentée dans les instances du pouvoir. Cette situation pourrait être comparée à une pyramide renversée", a indiqué Michel Aoun que l'on considère au Liban comme le prétendant numéro un au poste de président de la république dans un avenir rapproché.

L'ancien premier ministre n'écarte pas la tenue cette année de nouvelles élections législatives alors que l'assemblée législative a été élue pour quatre ans il y a seulement six mois. Toutefois, le chef d'une des principales fractions parlementaires ne réclamera la tenue d'un nouveau scrutin que lorsqu'une nouvelle loi électorale aura été adoptée.

"L'année dernière le Liban a accédé à la souveraineté et à l'indépendance, à la liberté. Maintenant notre tâche est d'instaurer la paix civile et la stabilité au Liban", a dit le général.

Michel Aoun est persuadé que derrière les assassinats et les attentats perpétrés au Liban il y a une "partie tierce" à qui profite une situation instable dans la république. "Il ne fait aucun doute que derrière ces assassinats il y a un système, une équipe chargée d'entretenir la terreur, qui ne veut pas voir le Liban stable et uni", a-t-il dit. Le politique n'exclut pas un débordement de la lutte intérieure en Syrie sur le Liban, mais dans le même temps il pense qu'un affaiblissement et un isolement du pays serait profitable à des Etats qui "souhaiteraient éliminer le mouvement chiite Hezbollah", en ayant en vue ici Israël.

Michel Aoun est convaincu que le début d'un dialogue politique interne mené non pas séparément, mais avec les représentants des trois grandes forces politiques, pourrait mettre un terme à la crise gouvernementale qui perdure dans le pays et qui a été provoquée au mois de décembre dernier par la suspension des ministres chiites. Selon le général, ces forces sont le bloc constitué par les alliés de Saad Hariri, le fils de l'ex-premier ministre libanais assassiné en février 2005, le parti chiite Amal et le Hzebollah, ainsi que la fraction parlementaire de Michel Aoun, Réforme et changement.

A ce jour le candidat à la présidence de la république ne soutient pas les forces politiques libanaises qui réclament la démission du président en exercice, Emil Lahoud. "En dépit des pressions qui sont exercées, une démission du chef de l'Etat est très peu probable", a indiqué le politique libanais. Selon lui, il n'y a pas au parlement de majorité à même de voter des amendements à la Constitution du pays permettant de proroger de trois ans encore le mandat reçu en 2004 par Emil Lahoud.

En outre, le populaire politique libanais estime que d'une manière générale une démission du président de la république est impensable parce qu'en réalité "le peuple n'exige pas son départ. Ceux qui parlent en son nom veulent tout simplement s'emparer du pouvoir".

Michel Aoun a fait remarquer que si jamais le président donnait tout de même sa démission, alors il briguerait la magistrature suprême".

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