"La Russie n'est pas partie au conflit, elle joue un rôle d'assistant dans la recherche des solutions nécessaires, et c'est très bien", estime le politique.
La coopération de la Russie et des Etats-Unis est profitable au monde entier. "La rivalité dans la course aux armements appartient désormais au passé, maintenant on assiste à un échange d'intérêts, à la recherche complémentaire d'importantes décisions, et cela se répercute de manière positive sur le climat général dans le monde, y compris dans la région proche-orientale", a dit Michel Aoun avec conviction.
S'agissant du rôle joué ces derniers temps par la Russie au Proche-Orient et de l'appréciation de sa politique appliquée dans la région au cours de l'année écoulée, le général a fait remarquer que "si Moscou n'exerce pas une influence directe sur les événements au Liban, il est en mesure de modifier ce qui se passe dans la région en qualité de membre du Conseil de sécurité de l'ONU, en tant qu'Etat disposant du droit de veto".
Michel Aoun s'est félicité de "la mission de médiation de Moscou au Proche-orient" tout en approuvant le souci de la Russie, comme celui de tout autre pays, de défendre ses intérêts et ses partenaires et de respecter les engagements qu'elle leur à donnés. Dans le cas présent il s'agit, selon lui, de la Syrie également.
Michel Aoun ne considère pas que la Russie cherche à affaiblir la pression internationale exercée sur la Syrie en ne présentant aucune condition aux dirigeants de ce pays. "La Russie défend la Syrie pour lui donner une nouvelle chance, mais de son côté Damas doit subir encore beaucoup d'examens pour pouvoir justifier cette attitude", a dit Michel Aoun pour exprimer sa pensée.
Grand admirateur de la culture russe, Michel Aoun a dit que cette année il espérait pouvoir se rendre en Russie, un pays qu'il n'a jamais visité.
Michel Aoun a pris part à la guerre civile au Liban, il a été contraint de passer quinze années en exil en France pour s'être farouchement opposé à la présence syrienne au Liban. Il est rentré au pays au mois de mai de l'année dernière peu après le retrait des troupes syriennes et aussitôt il a été reconnu en qualité de leader politique du pays. De nombreux observateurs promettent même à Michel Aoun le poste de président du Liban lorsque le chef de l'Etat en exercice abandonnera ses fonctions.