MOSCOU, 27 décembre - RIA Novosti. Si l'Ukraine se met à pratiquer le siphonnage du gaz en 2006, ce comportement sera qualifié de vol, a déclaré mardi à RIA Novosti l'attaché de presse du président de Gazprom, Serguéi Kouprianov.
"L'Ukraine volerait alors du gaz à l'Union européenne au sein de laquelle elle cherche tant à être admise. Toute la responsabilité pour les livraisons incomplètes de gaz russe aux consommateurs européennes incomberait à la partie ukrainienne et ferait l'objet d'une procédure d'arbitrage internationale", a-t-il dit.
"Il n'existe aucun document habilitant l'Ukraine à s'approprier une partie du gaz de transit après le 1-er janvier", a-t-il dit en commentant la déclaration du premier ministre ukrainien Youri Ekhanourov qui prétendait au droit de l'Ukraine de prélever 15% du gaz russe transitant par son territoire.
"C'est une déclaration irresponsable et inadéquate du point de vue juridique, qui a pour but d'envenimer les relations russo-ukrainiennes et qui détruit la confiance de la communauté européenne envers l'Ukraine comme pays de transit", a souligné le porte-parole de Gazprom.
L'accord intergouvernemental sur les mesures complémentaires appelées à garantir le transit de gaz naturel russe par le territoire de l'Ukraine du 4 octobre 2001 établit en termes clairs et nets que les services de transit peuvent être réglés aussi bien sous forme de livraisons de gaz qu'en numéraire. L'article 2.2 du même document établit que "le montant des paiements en numéraire et/ou les volumes des livraisons à effectuer en remboursement des frais de transit seront précisés annuellement pour une période correspondante dans un protocole additionnel à l'accord".
"Au cas où un tel protocole ne serait pas signé pour 2006 avant la fin de l'année en cours, tous les prélèvements de gaz effectués par l'Ukraine à partir du 1-er janvier 2006 seront considérés comme des siphonnages illicites ou, simplement parlant, des vols", a souligné Serguéi Kouprianov.
"Malheureusement, nous sommes obligés d'apprendre à l'Ukraine le b.a.-ba de l'économie de marché. L'époque où un mouton s'échangeait contre une hache est révolue. Le prix des 150 m3 de gaz n'est pas celui du même volume de transit. L'Ukraine refuse de le comprendre", a-t-il poursuivi.
Le porte-parole de Gazprom a de nouveau souligné que la responsabilité des livraisons incomplètes de gaz russe à l'Europe incomberait aux dirigeants ukrainiens.
"Des déclarations de ce genre des plus hauts responsables ukrainiens montrent clairement à qui incombera la faute si les consommateurs européens ne reçoivent pas en 2006 l'intégralité des volumes de gaz payés", a-t-il dit.