La Russie peut construire en Iran une centrale nucléaire supplémentaire(SYHTHESE)

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MOSCOU, 5 décembre - RIA Novosti. La Russie peut construire en Iran une autre centrale nucléaire, a déclaré lundi Vladimir Pavlov, chef de la direction à "AtomStroyExport" en charge de la construction de la centrale nucléaire en Iran.

"Si Téhéran lance un appel d'offres pour la construction d'une autre centrale nucléaire, la société "AtomStroyExport" y prendra part car nous avons toutes les possibilités pour construire en Iran une centrale nucléaire supplémentaire", a notamment souligné Vladimir Pavlov.

Les dernières réussites de Moscou en matière de construction de centrales nucléaires à l'étranger, et notamment en République populaire de Chine (RPC) où la Russie est en train de construire une centrale nucléaire à Tianwan, permettent d'avoir la certitude que le projet de construction d'une centrale supplémentaire en Iran sera réalisé.

Téhéran se propose de construire cette centrale dans la province du Khousistan dans le Sud-Ouest du pays.

Au début de l'année en cours, le Parlement iranien a ratifié le projet de loi sur la construction dans le pays de toute une série de centrales nucléaires dont la puissance totale se monte à quelque 20 000 MW.

On estime que la mise en exploitation des nouvelles installations dans les dix années à venir comblera les besoins persistants de l'Iran en électricité.

A l'heure actuelle, les spécialistes russes achèvent la construction du premier réacteur de la centrale nucléaire à Bushehr, ville iranienne sur le littoral Est du Golfe. Son lancement est prévu pour le milieu de 2006, et sa mise en exploitation industrielle est fixée pour la fin de la même année. Le coût du projet en question est évalué à un milliard de dollars.

Comme l'a fait savoir auparavant à RIA Novosti une source à l'Agence fédérale de l'Energie atomique de Russie ("Rosatom"), à l'heure qu'il est, la centrale nucléaire de Bushehr n'est pas prête techniquement à recevoir du combustible nucléaire, car il est "très compliqué" d'en stocker dans le contexte actuel du golfe Persique.

"Le combustible stocké à l'usine russe ne représente aucun danger, et nous en garantissons la sûreté", a souligné la même source à "Rosatom".

La Russie se propose d'approvisionner en combustible la centrale nucléaire de Bushehr pendant vingt ans. En Iran, le combustible brûlé sera stocké pendant trois à quatre ans dans une cuve spéciale à côté de la zone active pour être renvoyé par la suite en Russie (la Russie et l'Iran en ont déjà signé un protocole approprié).

Les Etats-Unis interviennent comme opposant principal aux programmes nucléaires de l'Iran. Washington dénonce la République islamique de vouloir posséder des armes nucléaires. Mais par l'ironie du destin, en 1976, époque où le shah d'Iran Mohammad-Réza Pahlavi, allié incontournable des Etats-Unis dans la région, s'était trouvé au pouvoir à Téhéran, les USA avaient signé avec l'Iran un contrat pour la construction de huit centrales nucléaires. A propos, c'est justement de cette période (et plus précisément de 1974) que date aussi le début de la construction par la société allemande "Siemens" du premier réacteur de la centrale nucléaire à Bushehr d'une puissance de 1.000 MW. Quoi qu'il en soit, la révolution islamique qui avait éclaté peu après proclamant les Etats-Unis comme le principal ennemi de l'Iran révolutionnaire a sonné le glas de tous ces projets de construction. Et pour ce qui est justement du "projet de Bushehr", après le refus de "Siemens" - toujours d'ailleurs sous pressions des Américains - de poursuivre la construction, il n'a été réanimé qu'au milieu des années 1990 quand la Russie s'est finalement décidée à achever ce chantier.

On prétend aujourd'hui à Washington que l'Iran qui possède d'immenses réserves d'hydrocarbures (environ 9% des réserves de pétrole prospectées dans le monde et 13% du gaz naturel) n'a pas du tout besoin du nucléaire. Par conséquent, affirment les Américains, les Iraniens ne développent leur nucléaire que pour créer une bombe atomique. Téhéran ne partage pas ce point de vue. Tout d'abord, l'électricité produite par les centrales nucléaires est beaucoup meilleur marché, et ensuite, les recettes provenant des exportations de minéraux naturels constituent près de 85% de tous les revenus en devises du pays. Aussi, est-il plus avantageux pour Téhéran de vendre des hydrocarbures que d'en consommer à l'intérieur du pays.

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