L'OTAN et les Etats-Unis, facteur de tension dans la zone de responsabilité de l'OTSC

S'abonner

MOSCOU, 29 novembre - RIA Novosti. Les pressions exercées par les structures politiques et militaires de l'OTAN et des Etats-Unis sur la direction centrasiatique aggrave la tension dans la zone de responsabilité de l'OTSC, a déclaré mardi Igor Ivanov, secrétaire du Conseil de sécurité russe.

Igor Ivanov a notamment fait cette déclaration, en inaugurant à Moscou la 11-ème session du Comité des secrétaires des Conseils de sécurité des pays-membres de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC).

L'OTSC regroupe à ce jour la Fédération de Russie, la Biélorussie, l'Arménie et trois pays d'Asie Centrale, et plus précisément le Kazakhstan, la Kirghizie et le Tadjikistan.

"On assiste à présent à des tentatives tout à fait concrètes d'ingérence dans la vie politique de nouveaux Etats indépendants sous couvert de la promotion des libertés et des valeurs démocratiques, on constate le rodage d'une technologie de pressions sur les autorités en place par le biais des fameux processus de protestations", a indiqué le secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie. (Ce disant, Igor Ivanov entend sans doute les événements de mai dernier à Andijan - l'une des plus grandes villes ouzbeks de quelque 300 000 habitants - quand, selon ces mêmes Etats-Unis, les actions inadéquates des structures de l'ordre de l'Ouzbékistan lors de la dispersion d'un rassemblement de l'opposition se seraient soldées par la mort de centaines de civils, alors que le régime du Président Karimov a interdit une enquête internationale indépendante.)

Le terrorisme international, l'extrémisme, le trafic de drogue, le crime transnational organisé et le danger tout à fait réel de la prolifération des armes de destruction massive (ADM) représentent une grave menace pour les Etats membres de l'OTSC.

"Dans ces conditions, les pays de l'OTSC ont atteint un niveau beaucoup plus élevé du dialogue et des consultations. L'OTSC développent, en outre, de plus en plus ses rapports internationaux, y compris avec l'Organisation des Nations Unies, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), la Communauté des Etats indépendants (CEI) et la Communauté économique eurasiatique (CEEA)", a indiqué Igor Ivanov, tout en ajoutant que l'Organisation a aussi entrepris toute une série de démarches concrètes pour établir un dialogue avec l'Alliance de l'Atlantique Nord. (Font partie de la CEEA la Biélorussie, le Kazakhstan, la Kirghizie, la Fédération de Russie et le Tadjikistan. L'Arménie, la Moldavie et l'Ukraine y ont un statut d'observateur).

Les efforts déployés par les pays-membres de l'Organisation du Traité de sécurité collective pour relever les nouveaux défis et contrer les nouvelles menaces donnent d'ores et déjà des résultats tout à fait concrets, a indiqué Igor Ivanov. Les activités antiterroristes et la répression des migrations clandestines au sein de l'OTSC se perfectionnent de plus en plus, et la base juridique de l'Organisation se développe, a signalé le secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie.

Igor Ivanov a particulièrement insisté sur le fait que la Russie n'envisageait pas de déployer des bases militaires supplémentaires dans les pays-membres de l'OTSC (La Russie a d'ores et déjà sa base dans la ville de Kant en Kirghizie, à 30 kilomètres à l'Est de Bichkek qui est en même temps une composante aérienne des Forces collectives d'intervention rapide de l'Organisation du Traité de sécurité collective).

Le secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie a qualifié de droit souverain de l'Ouzbékistan la récente décision de Tachkent de mettre un terme à la présence de la base militaire des Etats-Unis à Khanabad qui avait été utilisée depuis 2002 dans le cadre de l'opération antiterroriste en Afghanistan.

Les pays de l'OTSC se proposent de peaufiner, d'ici le printemps prochain, le projet d'accord sur la procédure d'établissement de la liste des organisations extrémistes représentant une menace à la sécurité collective des Etats membres de l'OTSC, a fait savoir, pour sa part, le secrétaire général de l'Organisation du Traité de sécurité collective, Nikolaï Bordiouja.

Selon ce dernier, il y a une liste générale des organisations terroristes qui englobe notamment les organisations terroristes interdites dans chaque pays de l'OTSC. En tout, 22 organisations extrémistes figurent sur cette liste, y compris 15 en Russie et sept au Kazakhstan.

"Cette future liste ne doit pas comporter des organisations politiques pour que l'on ne puisse pas nous reprocher à l'avenir la répression de la dissidence", a fait remarquer Nikolaï Bordiouja.

De son côté, le secrétaire général de la CEEA, Grigori Rapota, a fait savoir que l'OTSC et la Communauté économique eurasiatique entendaient renforcer la coopération des services de la frontière des pays-membres de ces deux organisations.

Cela dit, Grigori Rapota a expliqué que, très prochainement, vu la formation de l'Union douanière, la CEEA s'assignait pour priorité la création de l'unique frontière douanière des Etats de la CEEA.

"Et là, nous ne pourrons guère nous passer de l'OTSC", a conclu le secrétaire général de la CEEA.

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала