"Leur travail (travail des organes chargés de faire respecter la loi) doit être reconnu comme étant insatisfaisant", a notamment déclaré le chef de cette commission parlementaire, Stanislav Kessaïev, en donnant mardi une lecture du rapport final de la Commission au cours d'une séance plénière du Parlement nord-ossète.
Cela dit, Stanislav Kessaïev a signalé des divergences dans les rapports que divers ministères et administrations avaient soumis à la Commission.
"Si l'on compare, par exemple, les rapports du ministère des Situations d'urgence et du Parquet général de la Fédération de Russie, on peut lire dans certains d'entre-eux, que les hommes de ce ministère poursuivaient le déminage des lieux après 21 heures, ne s'arrêtant qu'à 22 heures à la suite d'explosions pour reprendre ensuite leur travail, alors que dans les rapports du Parquet général, il est mentionné qu'à ce même moment, des chars avaient déjà ouvert le feu", a indiqué Stanislav Kessaïev.
Et d'ajouter que l'opération ne porte pas le même nom dans les rapports des différentes structures.
"Dans un rapport, on fait état d'une "opération de libération des otages", alors que dans un autre on parle plutôt d'une "opération antiterroriste". Quoi qu'il en soit, la formule juridique prédéterminait la nature même des actions menées ultérieurement", a fait remarquer Stanislav Kessaïev.
Selon ce dernier, les structures de l'ordre ne disposaient tout simplement pas d'information sur l'attentat en gestation.
"Notre commission ne peut tout simplement pas se ranger du côté de ceux qui reprochent notamment à certains représentants des organes judiciaires et de sécurité d'avoir reçu des informations sur le fait qu'un attentat se préparait mais ne pas avoir réagi en conséquence", a déclaré le président de la commission parlementaire nord-ossète.
D'après lui, il ne s'agissait alors que d'une information générale sur le "maintien de la tension".
Le Parquet général de la Fédération de Russie a prolongé le délai de l'enquête sur l'attentat de Beslan jusqu'au 1-er mars prochain, a déclaré mardi devant les journalistes le vice-Procureur général de la Fédération de Russie, Nikolaï Chepel.
A l'heure actuelle, a-t-il rappelé, le procès de Nourpachi Koulaïev - l'unique survivant des terroristes ayant envahi l'école de Beslan - est en cours. L'enquête sur le dossier principal se poursuit.
Comme l'a indiqué à RIA Novosti Mme Fatima Khabalova, chef du Centre d'information et d'analyse du Parlement de l'Ossétie du Nord, conformément au règlement, la commission parlementaire dirigée pas Stanislav Kessaïev va achever son travail juste après la publication du rapport. Fatima Khabalova a, en outre, souligné qu'une entente était intervenue selon laquelle les membres de sa commission ne donneraient aucun commentaire particulier sur le travail accompli.
Selon Fatima Khabalova, "juste après l'examen de la question, le rapport final sera envoyé à la Commission parlementaire (fédérale), dirigée par Torchine".
La Commission parlementaire fédérale sur Beslan examinera le rapport de la Commission parlementaire de l'Ossétie du Nord à sa séance du 1er décembre prochain. C'est ce qu'a notamment fait savoir mardi aux journalistes le chef de la Commission parlementaire fédérale sur Beslan, vice-président du Conseil de la Fédération (Chambre haute du Parlement russe), Alexandre Torchine.
"Le rapport de nos collègues nord-ossètes, tant les faits qui y sont exposés que leur évaluation des événements, est très important pour notre rapport", a déclaré Alexandre Torchine.
Dans le même temps, il a affirmé que sa commission "n'avait toujours pas l'intention de précipiter les choses". "Je ne comprends pas comment nos collègues nord-ossètes réussiront à exposer les résultats de leur enquête en une trentaine de pages tout au plus", a noté le vice-président de la Chambre haute du Parlement russe.
Et d'ajouter: "Le délai approximatif de la publication des résultats de notre travail reste la même - la troisième décade du mois de décembre".
Auparavant, Alexandre Torchine a fait savoir à RIA Novosti que, selon son initiative, le Centre de recherche des commanditaires de l'attentat à Beslan avait été créé. "Ce Centre fonctionnera comme le Centre Simon Wiesenthal. Pour cela, l'argent ne constitue pas l'élément essentiel, il faut tout simplement de l'intelligence, de la volonté et des alliés", a fait remarquer le parlementaire. Les alliés sont des "collaborateurs actuels et anciens des services spéciaux, ainsi que les communautés ethniques", y compris en Tchétchénie.