"Rendez-moi mon argent, et je vous laisserai tranquille, a-t-il déclaré. Il faut que la Russie me rende mon argent. Je n'ai aucune intention de faire saisir quoi que ce soit, je veux juste mon argent".
Les avocats de Noga ont affirmé que le gouvernement suisse n'avait donné à l'État russe aucune garantie concernant la sûreté et le retour des tableaux russes, donc cette saisie n'avait pas été une provocation.
Le conflit judiciaire oppose la société suisse Noga et le gouvernement russe depuis le début des années 1990. En 1991-1992, le gouvernement russe a passé avec Noga une série de contrats de troc, d'un montant global de près de 1,4 milliard de dollars, prévoyant des fournitures de produits alimentaires et d'engrais contre des produits pétroliers. Aux termes des contrats, l'État russe posait sa propriété comme garantie des fournitures.
En 1993, le gouvernement russe a unilatéralement résilié le contrat, et Noga a exigé à la Russie des dommages-intérêts pour un montant d'environ 680 millions de dollars.
Début février 1997, le tribunal international de Stockholm a prescrit à la Russie de payer 23 millions de dollars.
En 2000, Noga a fait saisir en France les comptes de la Banque centrale de Russie et le voilier russe Sedov. En 2001, cette société a essayé de saisir les avions russes exposés au salon aéronautique du Bourget, mais les comptes ont été débloqués, et les saisies reconnues illégales.
Hier, une collection de tableaux du musée des beaux-arts Pouchkine valant 1 milliard de dollars a été arrêtée en Suisse sur demande de Noga, mais la saisie a été levée par un arrêté spécial du gouvernement suisse.
Le ministre russe des Finances, Alexeï Koudrine, déclarait hier à RIA Novosti que la Russie était toujours en procès avec Noga. "Nous reconnaissons la décision de 1997 du tribunal de Stockholm, et nous avons maintes fois proposé de l'appliquer dans le cadre du remboursement de la dette d'ex-URSS envers le club de Londres", car la société suisse ne devait pas avoir plus de faveurs devant les autres créanciers, précisait le ministre.