MOSCOU, 17 novembre - RIA Novosti. Les relations russo-japonaises ont dépassé le niveau du problème des territoires contestés, a déclaré jeudi lors d'une "table ronde" à RIA Novosti Vassili Mikheïev, membre correspondant de l'Académie des Sciences de Russie.
La Russie et le Japon ont la possibilité de se pencher sur des problèmes plus importants que celui des "territoires septentrionaux", dans l'intérêt des deux pays et du développement global, a estimé le scientifique au cours de la table ronde, placée sous le thème "La Russie et le Japon à la charnière des siècles: les moyens d'intensifier la coopération".
Parmi les problèmes à examiner, M. Mikheïev a cité la coopération dans le domaine de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme international, les épidémies, les catastrophes naturelles et le règlement du problème nucléaire nord-coréen.
Selon Vassili Mikheïev, Moscou et Tokyo ont deux raisons essentielles de surmonter le problème territorial et de rechercher de nouvelles voies de développement des relations bilatérales, à savoir le désir du Japon de jouer un rôle plus actif dans l'arène politique mondiale (stimulé par le nouveau positionnement global de la Chine), d'une part, et d'autre part, la disposition de la Russie à devenir une puissance globale non seulement nucléaire, mais également énergétique.
Dans ce contexte, estime l'expert, la Russie et le Japon peuvent utiliser deux approches fondamentales. Premièrement, dans le règlement du différend territorial, les deux parties pourraient se fonder sur la déclaration de 1956. Deuxièmement, elles pourraient développer leur coopération économique et politique en laissant cette question en suspens.
S'agissant du prochain sommet russo-japonais, M. Mikheïev a relevé qu'il importait pour Moscou et Tokyo d'élaborer une stratégie de développement qui permette de promouvoir les relations politiques et économiques à un niveau élevé même si le litige territorial n'est pas réglé.
Dans une perspective éloignée, le développement des processus d'intégration en Asie du Nord-Est permettra de créer un espace économique unique, sur la base duquel pourrait se former un espace politique unique, estime l'expert. Dans ce cas, le problème territorial sera réglé ipso facto, selon lui.