Les armes à base de phosphore utilisées à Fallujah ne sont pas sélectives - expert

S'abonner

MOSCOU, 17 novembre - RIA Novosti. L'emploi des armes incendiaires à base de phosphore blanc avec lesquelles les Etats-Unis ont bombardé la ville irakienne de Fallujah ne peut être sélectif, a déclaré jeudi dans une interview à RIA Novosti le docteur en chimie Lev Fedorov, président de l'union "Pour la sécurité chimique".

"Le Pentagone n'a employé en Irak du phosphore blanc que contre les terroristes", avait affirmé mercredi à RIA Novosti le représentant du Pentagone, le lieutenant-colonel Barry Venable.

"En effet, pendant l'opération de Fallujah en novembre 2004 l'armée américaine a utilisé du phosphore blanc, mais seulement contre un ennemi armé", avait-il déclaré.

"Cette substance chimique a été employée dans la stricte conformité avec les instructions tactiques du ministère militaire. L'armée américaine n'a jamais pris pour cible les civils", avait-il ajouté.

"Cette substance a été utilisée directement contre des gens armés, lorsqu'il fallait enfumer des terroristes retranchés tandis que l'emploi de l'artillerie ou d'autres armes était impossible", avait-il affirmé.

"Les armes incendiaires à base de phosphore ne peuvent pas, en principe, être sélectives", a déclaré pour sa part le Dr Fedorov dans une interview à l'émission "Vesti Plus" de la chaîne de télévision Rossia.

Selon l'expert, ces armes contiennent du caoutchouc synthétique lardé de petits morceaux de phosphore. Lorsque la bombe ou l'obus explosent, les fragments de caoutchouc se collent à demeure sur les objets environnants et brûlent tant qu'il y a du phosphore. Si un morceau s'accroche à un homme, l'oxygène active la combustion et il est impossible de l'éteindre", a fait remarquer Lev Fedorov.

"Cette arme n'est pas inscrite sur la liste des armes de destruction massive mais du point de vue de la protection, c'en est incontestablement une". Elle n'est pas sélective", a-t-il souligné.

Les armes à base de phosphore sont interdites par la Convention des Nations Unies sur les armes conventionnelles. Les Etats-Unis n'ont pas signé ce document adopté en 1980.

Le troisième protocole à cette convention interdit d'emploi des armes incendiaires contre les cibles militaires se trouvant au centre de bâtiments civils ou de rassemblements humains quand il y a un risque d'atteindre des civils.

"Dans le cas qui nous intéresse, une ville a été bombardée, ses places ont été attaquées. En général, il est impossible de distinguer les terroristes des non-terroristes. La convention ne disait rien sur les terroristes en 1980", a fait observer Lev Fedorov.

Le président de l'union "Pour la sécurité chimique" a fait remarquer que les Américains n'encourent aucune sanction pour l'emploi du phosphore blanc parce que les Etats-Unis n'ont pas adhéré à ce document. Ils ne risquent donc qu'un blâme public, a-t-il conclu.

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала