MOSCOU, 8 novembre - RIA Novosti. Le rapport fourni par les observateurs de l'OSCE, de l'APCE et du Parlement européen sur les élections législatives en Azerbaïdjan est partial et ne contient que des éléments négatifs, a déclaré mardi le coordinateur russe de la mission de l'OSCE, Alexandre Tchepourine.
Les élections ont été très bien organisées, et les résultats fournis par la commission électorale centrale et ceux des sondages à la sortie des urnes sont très proches, a-t-il constaté.
Hier, l'observateur spécial de l'OSCE Alcee Hastings a déclaré que les législatives du 6 novembre n'étaient pas conformes aux normes internationales et aux règles démocratiques en relevant des fraudes dans l'enregistrement des électeurs et le dépouillement des urnes.
Plus tôt, dans une interview à RIA Novosti, un observateur russe de la mission de l'OSCE, Igor Borissov, qualifiait le travail de la mission de "chasse aux sorcières".
Les observateurs représentant la Communauté des États indépendants (CEI) estiment, eux, que les élections ont été organisées dans le respect de la législation en vigueur. "Les fraudes et les omissions recensées lors de la campagne électorale ne revêtaient pas un caractère massif et n'ont pas eu un impact considérable", lit-on dans leur rapport.
Le département d'État américain a noté "une nette amélioration par rapport au scrutin précédent", mais a relevé une série de défauts auxquels le gouvernement azerbaïdjanais "devrait remédier". Washington a appelé les Azerbaïdjanais à éviter la violence et a espéré que le président Ilham Aliev qui promettait de corriger les erreurs tiendrait ses promesses.
Dans une interview accordée lundi à la télévision azerbaïdjanaise, Ilham Aliev a reconnu que "des fraudes" avaient perturbé les élections. "Le parquet a été chargé d'élucider sérieusement tous les cas de fraude", a-t-il assuré.
Mais, en somme, le président azerbaïdjanais s'est dit satisfait du résultat des législatives. "Le peuple azerbaïdjanais a voté dans une atmosphère transparente et libre, et il a choisi les meilleurs", a-t-il déclaré.
Les résultats des législatives montrent que le peuple soutient son président, a pour sa part déclaré l'ambassadeur d'Azerbaïdjan en Russie, Ramiz Rizaïev, lors d'une conférence de presse au siège de RIA Novosti.
"C'est le président qui dirige le parti Yeni Azerbaycan (Nouvel Azerbaïdjan). Il jouit d'une très grande autorité, sa cote de popularité demeure très élevée et frise les 80%. Il est donc naturel que le peuple associait les élections avec le chef de l'État", a-t-il indiqué.
Les observateurs "ont visité des régions différentes et ont eu des impressions différentes", d'où les divergences entre leurs rapports, a-t-il estimé. Près de 90% des observateurs internationaux ont donné un avis positif des élections. "Dans cette situation, on ne comprend pas pourquoi aujourd'hui l'OSCE affirme une chose et demain une autre chose", a relevé le diplomate.
Le parti pro-gouvernemental Yeni Azerbaycan se montre satisfait des résultats du scrutin. "Nous avons obtenu 63 sièges au parlement. Bien sûr, c'est moins qu'au parlement sortant (74 sièges), mais dans le contexte d'une concurrence féroce, quand plus de 1.500 candidats s'étaient présentés pour seulement 125 sièges, ce résultat est très bon", a indiqué le secrétaire exécutif du parti, Ali Akhmedov.
La révélation d'un complot visant à s'emparer du pouvoir a assombri les préparatifs des élections en Azerbaïdjan. La situation s'est aggravée dans la république après les événements des 16 et 17 octobre, quand les forces de l'ordre ont arrêté près de 200 personnes, en prévision du retour en Azerbaïdjan de l'ex-président du parlement et leader du Parti démocratique, Rassoul Gouliev, qui vit depuis 1996 en exil aux États-Unis. La mission de l'OSCE à Bakou se disait alors préoccupée par le recours à la force contre les manifestants. 12 personnes, dont plusieurs hauts fonctionnaires, ont été arrêtées pour organisation d'émeutes massives.
"Les événements semblables à ceux qui ont suivi les législatives en Ukraine sont à peine possibles en Azerbaïdjan", indiquait Ramiz Rizaïev avant les législatives, ajoutant que l'opposition en Azerbaïdjan est "pratiquement dépourvue de tout appui".
Interrogé sur l'ingérence des autorités dans le processus préélectoral à la veille du scrutin, l'ambassadeur des États-Unis en Azerbaïdjan, Reno Harnish, déclarait que la démocratie "est un processus progressif d'ensemble qui ne se limite pas à des actions isolées". "Une élection idéale n'est possible dans aucun pays. Même dans le pays que je représente, a-t-il dit, il y a des enquêtes sur les fraudes électorales, et les responsables des fraudes sont punis par la loi".