Selon des experts, le nombre de narco-dépendants en Russie se monte à 4 millions de personnes pour une population légèrement supérieure à 140 millions d'habitants.
Toutefois, ces derniers dix-huit mois, a-t-il noté, le nombre de personnes consommant des stupéfiants en Russie s'est stabilisé, après une montée ininterrompue observée pendant les dix dernières années.
La lutte énergique déployée par le Service contre les narcotrafiquants ainsi que l'accroissement du nombre de gros lots saisis, résultat directe de cette lutte, ont considérablement contribué à cette baisse, a estimé Viktor Tcherkessov. Ainsi, de janvier à novembre 2005, il a été saisi dans le pays plus de 1 800 kg d'héroïne contre 1 500 kg pour l'ensemble de l'année 2004. Ces mesures ont provoqué une hausse de 20 à 30% du prix des stupéfiants au marché noir, entraînant, par conséquent, une baisse du nombre de leurs consommateurs, a annoncé le directeur du Service fédéral pour le contrôle des stupéfiants.
Il s'est prononcé contre l'idée de légaliser les "stupéfiants légers", activement débattue actuellement. Selon lui, les "stupéfiants légers" augmentent la dépendance de ceux qui en consomment.
Viktor Tcherkessov a évoqué la question de l'éventuelle participation des Etats-Unis à l'opération antidrogue Kanal (Filière), menée tous les ans par les pays de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC : Russie, Biélorussie, Arménie, Kazakhstan, Kirghizie, Tadjikistan). Selon lui, cette possibilité a été débattue au cours de sa récente visite aux Etats-Unis.
Selon lui, en 2005, l'opération Kanal a été menée par les pays membres de l'OTSC et, pour la première fois, y ont participé, à titre d'observateurs, les représentants de l'Ukraine, du Pakistan et de la Chine.
L'opération menée cette année avait ceci de particulier que des mesures réelles ont été prises pour mettre sur pied un cordon de sécurité anti-drogue autour de l'Afghanistan, a noté Viktor Tcherkessov.
Selon le directeur du Service fédéral, le retrait des unités russes de la frontière tadjiko-afghane, en vertu d'un accord passé entre Moscou et Douchanbé, a eu des répercutions très négatives sur la situation au Tadjikistan lui-même et dans les pays voisins : des centaines de kilos ont notamment été confisqués dans les régions de la Volga et en Sibérie).
En janvier prochain, le Service pour le contrôle des stupéfiants ouvrira sa mission dans la capitale afghane Kaboul et, avant fin 2006, des missions du Service seront ouverts dans dix ou douze pays encore.
Malgré les efforts déployés par la communauté internationale en Afghanistan, on n'arrive toujours pas à régler le problème de la production de stupéfiants dans ce pays.
"On en saurait affirmer que l'Afghanistan ait réduit sa production de stupéfiants sous le gouvernement Karzai. Et même si les surfaces ensemencées du pavot ont connu une réduction de 21% en 2005, les rendements se sont accrus, passant de 31 à 39 quintaux à l'hectare", a indiqué le directeur du Service fédéral.
Selon les estimations les plus approximatives, la récolte d'opium cette année en Afghanistan a été de près de 4 100 tonnes, un peu moins qu'en 2004. Portant, cette quantité suffira à produire plus de 350 tonnes d'héroïne.
Viktor Tcherkessov s'est montré sceptique face aux plans du gouvernement afghan de réduire la production de stupéfiants de 70% vers 2009 et de la supprimer totalement d'ici à 2013. Le gouvernement afghan, a-t-il dit, aura du mal à réaliser ces projets pour deux raisons : Kaboul ne contrôle pas entièrement, loin de là, le territoire national et les fonctionnaires locaux sont souvent corrompus.