La Russie est membre du Groupe de contact pour le Kosovo et membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU et en tant que telle nous attendons d'elle qu'elle soutienne nos droits et intérêts légitimes, a déclaré Vuk Draskovic dans une interview accordée à RIA Novosti la veille de la visite en Serbie-Monténégro du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.
L'année prochaine nous aurons à régler de très importantes questions comme la détermination du statut définitif du Kosovo-Métochie, ainsi que le sort de la communauté étatique de Serbie-Monténégro. D'autre part, il faudra ensuite régler la question concernant la participation de la Serbie-Monténégro au programme de l'OTAN Partenariat pour la paix, a indiqué le ministre.
Si l'ONU viole sa propre Charte et si cela se traduit par la proclamation de l'Etat indépendant du Kosovo sur le territoire internationalement reconnu de l'Etat de Serbie-Monténégro, alors l'avenir européen de la Serbie-Monténégro et de l'ensemble du sud-est de l'Europe sera remis en question. Un tel précédent aurait l'effet d'une tumeur maligne qui pousserait ses métastases toujours plus loin en Europe: en Tchétchénie, en Catalogne, en Corse, au Tyrol, dans le secteur turc de Chypre, en Bosnie-Herzégovine, estime Vuk Draskovic.
Nos exigences se réduisent à deux points. Premièrement, pour Belgrade toute modification des frontières actuelles de la Serbie-Monténégro avec l'Albanie et la Macédoine est totalement inadmissible. Les frontières de la communauté étatique de Serbie-Monténégro doivent rester telles qu'elles sont actuellement. Ces frontières peuvent être entièrement ouvertes, virtuelles, mais elles doivent exister, a souligné le ministre des Affaires étrangères.
La deuxième exigence concerne les garanties internationales du respect des droits des Serbes vivant au Kosovo-Métochie, ainsi que la protection des églises et des monastères orthodoxes qui y fonctionnent. Il faut aussi assurer le retour de tous les ressortissants serbes qui il y a six ans avaient été contraints de quitter le territoire du Kosovo. Ainsi que l'émissaire spécial du secrétaire général de l'ONU, Kay Eide, l'a suggéré dans son rapport, des zones protégées spéciales doivent être créées dans les endroits où des sanctuaires orthodoxes sont implantés. Ce processus doit être réalisé par l'administration internationale qui voici six ans était responsable de la situation au Kosovo.
La Serbie n'entend pas soumettre à son pouvoir la majorité albanaise du Kosovo. Seulement notre province méridionale ne doit en aucun cas accéder à l'indépendance si cela doit permettre aux Kosovars de se livrer à des violences physiques sur la population serbe, de détruire les églises orthodoxes et de créer une "deuxième Albanie" dans les Balkans, a fait remarquer Vuk Draskovoc.