Politique trop spontanée des Etats baltes à l'égard de la Russie et de l'UE (ex-ministre lituanien)

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VILNIUS, 3 novembre - Vladimir Vodo, RIA Novosti. La politique des Etats baltes à l'égard de la Russie et de l'Union européenne (UE) est plutôt spontanée et manque de concertation, a estimé jeudi dans une interview à RIA Novosti l'ex-ministre des Affaires étrangères de la Lituanie, Povilas Gylys.

"L'attitude des Etats baltes tant à l'égard de la Russie que dans la plupart des questions relatives au développement général de l'Europe se caractérise par une certaine spontanéité et n'est manifestement pas consolidée", a notamment déclaré l'ancien chef de la diplomatie lituanienne, actuellement professeur à la chaire d'économie à l'Université de Vilnius.

"L'élaboration de leur politique extérieure à l'égard de la Russie subit l'impact de certains facteurs irritants de l'extérieur et celui de l'opinion publique", a poursuivi Povilas Gylys.

"Dans le même temps, dans le contexte d'un tel ou tel événement, cette opinion publique est formée par les médias, et, très souvent, elle (cette opinion publique) est ouvertement hostile à la Russie. Ensuite, cette opinion publique négative se transforme, au niveau officiel, en déclarations et thèses politiques bien déterminées", a continué l'ancien ministre lituanien des Affaires étrangères.

Pour ce qui est de la prise de position des Etats baltes sur la plupart des questions du développement de l'Union européenne dans son ensemble, là encore, a noté Povilas Gylys, "on s'aperçois nettement de l'absence de toute coordination de nos actions avec celles des autres pays-membres de l'UE".

"Qui plus est, à la différence des Etats baltes, la "Vieille" Europe, soit l'Europe de l'Ouest, est de loin plus pragmatique", est persuadé l'ancien diplomate.

Abordant le problème très douloureux pour la Lituanie de la fermeture de la centrale nucléaire d'Ignalina, Povilas Gylys a tout particulièrement insisté sur l'absence d'une position nette des autorités lituaniennes sur cette question précise.

"Quoi qu'il en soit, cette question n'est toujours pas réglée une fois pour toute. Bien qu'en adhérant à l'Union européenne, la Lituanie s'est engagée à fermer la centrale d'ici la fin 2009, on entend de plus en plus souvent, depuis ces derniers temps, certaines déclarations de nos hommes politiques supposant que le délai d'exploitation du deuxième réacteur (le premier réacteur a été fermé par la Lituanie le 31 décembre 2004) devrait être prolongé, et que l'on ferait même bien de construire un nouveau, le troisième réacteur et ce, avant tout pour garantir la sécurité énergétique de l'Etat", a poursuivi le professeur Gylys.

Toujours est-il, a ajouté l'ancien chef de la diplomatie lituanienne, que les officiels de la Lituanie ne s'imaginent même pas de toute évidence comment approvisionner le pays en électricité relativement bon marché, après avoir définitivement fermé la centrale nucléaire d'Ignalina.

"D'une part, nos politiques veulent fermer la centrale, mais, de l'autre, ils ont peur de le faire car dans ce cas la Lituanie pourrait, craignent-ils, devenir dépendante des livraisons de gaz russe", a expliqué l'interlocuteur de RIA Novosti.

Commentant l'attitude adoptée par les Etats baltes au sujet de la pose du Gazoduc nord-européen (GNE) sur le fond de la mer Baltique, en contournant la Lituanie, l'ancien ministre lituanien des Affaires étrangères a dit que la Lituanie "y avait réagi beaucoup trop tard".

"Somme toute, notre attitude y est parfaitement explicite: les Etats baltes sont mécontents du projet en question. Néanmoins, je pense que nous en sommes entièrement responsables nous-mêmes. C'est que pendant très longtemps, nous nous avons été repliés sur nous-mêmes sans coopérer sérieusement, que ce soit avec l'Ouest ou avec l'Est, et nous n'y avons réagi que trop tard. Et voilà que maintenant que nous nous fâchons contre tout le monde car on nous a "devancés", car on nous "oubliés", et que nous ne participons pas aux processus politiques qui se déroulent tout autour de nous, comme nous ne participons pas, non plus, même à la mise au point de la politique énergétique européenne dans son ensemble", a indiqué en conclusion l'ex-chef de la diplomatie lituanienne.

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