MOSCOU, 3 novembre - RIA Novosti. La Russie espère réaliser son programme de destruction d'armes chimiques dans les délais fixés par la Convention sur l'interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l'emploi des armes chimiques, soit d'ici 2012, a déclaré le vice-directeur de l'Agence fédérale de l'industrie, Viktor Kholstov, lors d'une conférence de presse jeudi à Moscou.
La Russie abrite près de 40.000 tonnes d'armes chimiques. En avril 2003, elle a achevé la première étape du programme, en détruisant 1% de ses arsenaux. Elle doit ensuite détruire 20% des stocks d'ici le 29 avril 2007 (2e étape), puis 45% (3e étape) et enfin le reste (4e étape).
"Sur le plan de la destruction des armes chimiques, nous notons une grande contribution apportée par la Grande-Bretagne, le Canada, l'Italie et la Norvège ainsi que la Nouvelle-Zélande, l'Irlande, la République tchèque et l'Union européenne qui viennent de rejoindre le programme", a relevé M. Kholstov.
"La France qui prépare déjà un accord approprié compte également jouer un rôle actif dans ce processus", a-t-il dit.
Cet accord sera signé lors de la prochaine rencontre des premiers ministres russe et français, a pour sa part indiqué le deuxième secrétaire de l'ambassade de France en Russie, Denis Flory. "Je ne peux pas vous dire la date exacte, mais cela aura lieu en décembre ou en janvier prochain", a-t-il dit. Selon le diplomate, la France va contrôler l'air et le sol sur un des sites russes en question.
"La République tchèque continuera de financer le programme pendant les deux prochaines années. Elle investira chaque année près de 2 millions de couronnes tchèques (60.000 euros)", a également annoncé le premier secrétaire de l'ambassade tchèque à Moscou, Daniel Kostoval.
60 nouvelles installations seront mises en service en décembre prochain à l'usine de Kambarka, en Oudmourtie (Oural), dont la construction a débuté en 2003, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement régional, Valéri Malychev. Ce site a reçu une assistance financière et technique désintéressée de l'Allemagne d'un montant d'environ 300 millions d'euros.
L'usine de Kambarka qui abrite 15,9% de l'arsenal russe de substances toxiques sera le deuxième site de destruction d'armes chimiques en Russie. Le premier, celui de Gorny (2,9%), dans la région de Saratov (Volga), lancé en décembre 2002 achevait au printemps 2003 la première phase du programme. Un troisième site sera prochainement construit à Maradykovo (17,4%) dans la région de Kirov (Oural), et un quatrième à Chtchoutchié (13,6%) dans la région de Kourgan (Sibérie occidentale).
D'ici fin 2005, la Grande-Bretagne doit accorder 15 millions de livres sterling à la construction du site de Chtchoutchié, qui bénéficiera également d'investissements américains et canadiens.
L'ambassade canadienne à Moscou a rappelé que le Canada s'était engagé à investir jusqu'à un milliard de dollars, en dix ans, dans le cadre du programme du G-8 intitulé "Partenariat global contre la prolifération des armes de destruction massive".
Initialement, la Russie devait détruire ses stocks d'armes chimiques avant 2007. "C'était une tâche difficile, car au moment de la ratification de la Convention, nous n'avions pas les capacités industrielles et le financement requis. L'espoir d'une assistance étrangère ne s'est pas réalisé: certains pays ont préféré l'attentisme, d'autres ont exigé des conditions supplémentaires", regrettait le ministre russe de l'Industrie et de l'Énergie, Viktor Khristenko, lors d'une session du cabinet en juillet dernier, expliquant les raisons pour lesquelles les délais avaient été prolongés à 2012.
"Au lieu des 35 milliards de roubles (près d'un milliard d'euros), nos partenaires étrangers nous ont versé 21 milliards de roubles. Les États-Unis, un des cosponsors du programme, n'ont pas versé un sou entre 1999 et 2002", précisait Viktor Khristenko.
"La Russie a développé les technologies les plus sûres de destruction des armes chimiques, ce qui nous permet de réaliser le programme de recyclage en toute sécurité", ajoutait-il.
Le budget fédéral a réservé 160 milliards de roubles (4,7 milliards d'euros) à la destruction des armes chimiques. 10% des dépenses prévues serviront à développer les régions, les villes et les villages abritant les sites en question. Parallèlement, vingt-quatre sites de destruction et un autre de développement d'armes chimiques seront démantelés.
Le recyclage des armes chimiques permettra de produire 2.500 tonnes d'arsenic commercial et 600.000 tonnes de déchets de métaux ferreux.
Six pays ont reconnu qu'ils possédaient des armes chimiques. Les stocks connus d'armes chimiques dans le monde s'élèvent actuellement à 71.000 tonnes, dont 40.000 tonnes en Russie et environ 28.000 tonnes aux États-Unis.