Kirghizie: les auteurs des mutineries voulaient faire pression sur l'État (diplomate)

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MOSCOU, 3 novembre - RIA Novosti. Les mutineries qui ont secoué les prisons kirghizes s'expliquent par la volonté d'un "groupe informel" de faire pression sur l'État, a estimé dans une interview jeudi à RIA Novosti l'ambassadeur de Kirghizie à Moscou, Apas Djoumagoulov.

"Les mutineries qui ont éclaté dans nos établissements pénitentiaires ont été organisées par un groupe informel qui avait des liens étroits avec les milieux carcéraux, qui soutenait (y compris matériellement) les prisonniers et qui voulait, en plus d'exercer un contrôle sur ces prisons, s'ingérer dans les activités de l'État", a-t-il dit.

Les membres de ce groupe "fournissaient armes, argent et stupéfiants, préparaient les mutineries et allaient s'ingérer dans les activités de l'État et de ses organes exécutifs", a souligné M. Djoumagoulov.

La présence d'armes, d'argent et de drogues dans les prisons montre que les détenus "avaient des contacts réels et multiples avec le monde extérieur", a-t-il estimé.

"Je ne parle même pas de certains leaders informels de prisons qui y vivaient comme dans un hôtel de luxe, ce qui s'explique, bien entendu, par la corruption qui règne dans le système pénitentiaire", a-t-il avoué.

"Les causes de ces récents événements remontent à l'époque d'Akaïev, époque caractérisée par une grave crise économique, ce qui ne pouvait pas ne pas se répercuter sur les conditions de détention carcérale", a poursuivi M. Djoumagoulov.

"Et ils ont décidé de mettre à profit ces difficultés, eux qui veulent déstabiliser la situation dans le pays, renverser sur fond de désordres le régime en place et, finalement, prendre le contrôle du pays", a indiqué le diplomate kirghize.

"Les mesures adoptées par le président, le gouvernement et le ministère de l'Intérieur pour rétablir l'ordre dans les prisons ont été absolument justes, car elles ont permis de stabiliser la situation". Elles ont "permis de montrer à tout le monde que l'État était en mesure de contrôler la situation, qu'elle n'admettrait pas que des criminels fassent la pluie et le beau temps dans les prisons", a-t-il indiqué.

Convaincu que la raison finirait par prendre le dessus, il a dit que "si les négociations échouent, les autorités seront obligées de recourir à la force".

Il y a quelques jours, des actions de désobéissance ont éclaté dans pratiquement tous les établissements pénitentiaires kirghizes. Dans les affrontements qui ont opposé policiers et détenus, quatre personnes ont été tuées, et deux autres blessées.

Hier, les autorités ont invité les insurgés à déposer, en l'espace de 24 heures, tous les objets interdits en prison, mais aucune saisie n'a été effectuée jeudi en raison de la fête de la fin du Ramadan.

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