MOSCOU, 29 octobre - RIA Novosti. La Russie se réserve le droit d'exiger de lui présenter les sources qui ont servi à la rédaction du rapport Volcker sur les abus constatés pendant la réalisation en Irak du programme Pétrole contre nourriture, a déclaré samedi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Annonçant que Moscou était en train d'étudier minutieusement le rapport, il a indiqué que "des documents douteux et faux" concernant la participation russe au programme onusien avaient été découverts.
"Si nous trouvons de nouvelles falsifications, nous exigerons que la commission nous présente des explications sur les sources qui lui avaient servi pour rédiger le rapport", a souligné M. Lavrov.
S'agissant de l'opération humanitaire en Irak, le chef de la diplomatie russe a constaté que la mission essentielle de celle-ci avait été accomplie. "Non seulement nous avons empêché l'Irak de sombrer dans le chaos et l'anarchie, mais aussi nous avons nettement amélioré la situation des millions d'Irakiens soumis à un embargo rigoureux", a-t-il dit.
Sergueï Lavrov qualifiait vendredi de "falsifiés" certains documents communiqués à Moscou par la commission d'enquête fondée en mars 2004 et dirigée par Paul Volcker.
"Je n'ai pas vu le rapport lui-même, mais je considère qu'il faut examiner de près les faits qui peuvent s'y trouver. Je dis 'peuvent', parce que nous avons eu plusieurs contacts avec la commission Volcker, à sa demande, et les documents qu'ils nous ont montrés étaient falsifiés, ils contenaient des signatures falsifiées de personnalités russes officielles", disait M. Lavrov.
Dans la liste des personnes qui seraient impliquées dans les malversations, publiée jeudi à New York, figuraient le nom du numéro un du Parti libéral-démocrate (LDPR), Vladimir Jirinovski, et celui de l'ancien chef de l'administration du Kremlin, Alexandre Volochine, tous deux accusés d'avoir touché des quotas de pétrole de la part de Saddam Hussein.
Vladimir Jirinovski a démenti vendredi avoir reçu de Saddam Hussein des quotas de pétrole. "Personnellement, je n'ai signé aucun contrat, je n'ai pas reçu un cent de la partie irakienne et je ne me suis pas occupé de commerce", a-t-il dit à RIA Novosti.