Derniers développements sur l'espace de la CEI - voie du renforcement du pouvoir présidentiel - COMMENTAIRE

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MOSCOU, 25 octobre - RIA Novosti. Les derniers développements sur l'espace de la Communauté des Etats indépendants (CEI) contribuent au renforcement du pouvoir présidentiel dans ces pays, estiment les experts russes.

Ils citent à cette occasion la démission de la Première ministre de l'Ukraine, Youlia Timochenko, et celle de la ministre des Affaires étrangères de la Géorgie, Salomé Zourabichvili, ainsi que des manifestations de protestations réclamant le renvoi du Premier ministre de la Kirghizie, Felix Koulov, des démissions et des manifestations de rue, précédant les élections en Azerbaïdjan.

"La CEI est en train de s'engager dans une nouvelle étape de son développement. L'affaiblissement progressif des nouveaux gouvernants, essayant d'honorer leurs propres engagements face aux alliés des "révolutions colorées" est de plus en plus remplacé par la centralisation de l'influence présidentielle", a déclaré à RIA Novosti le premier président adjoint du Comité pour la CEI de la Douma d'Etat (Chambre basse du Parlement russe), Akhmed Bilalov.

En effet, les démissions retentissantes en Ukraine et en Géorgie n'y ont pas finalement affaibli, mais, par contre, conforté le pouvoir présidentiel. Il n'en est pas cependant moins vrai que, parallèlement, le degré même de responsabilité des Présidents face à leurs électorats respectifs a évidemment augmenté pour le piétinement des réformes en cours de réalisation. Ne voyant pas d'amélioration de leur vie, les gens ne partageront plus la faute pour leur condition matérielle entre la Première ministre et le Président, autrefois alliés aux barricades.

Le Président de l'Azerbaïdjan, Ilham Aliev, qui a pratiquement hérité le pouvoir présidentiel et tous ses attributs de force de son père - Heydar Aliev - s'emploie maintenant à élargir sa propre influence électorale dans le pays.

"Heydar Aliev possédait une autorité absolue en Azerbaïdjan et savait répartir son équipe en sorte que chacun y ait son dû. Avec la venue au pouvoir de son fils - Ilham Aliev - des jalousies ont été éveillées au sein de certains groupes au pouvoir. Le résultat n'en a pas tarder à se manifester", a fait remarquer à RIA Novosti le président du Comité pour la CEI du Conseil de la Fédération (Chambre haute du Parlement russe), Vadim Goustov.

Qui plus est, a poursuivi le sénateur russe, il n'est pas à oublier que le développement économique et social de l'Azerbaïdjan est de loin irrégulier.

"Celui qui est dans le secteur pétrolier n'a pas de problèmes, alors qu'une bonne partie de la population n'y perçoit même aucun effet des réformes dans le pays. C'est une raison solide pour faire descendre les gens dans la rue", est persuadé Vadim Goustov.

Quant à son collègue à la Douma - Akhmed Bilalov, il estime que les démissions et même les arrestations de ces derniers temps au sein du gouvernement de l'Azerbaïdjan s'expliquent par l'aspiration à se libérer des gens qui ont en quelque sorte compromis le pouvoir suprême aux yeux de l'électorat et à s'assurer ainsi une majorité pro-présidentielle au Parlement.

"Ce faisant, on arriverait à conforter le pouvoir présidentiel et ce, déjà sans la moindre allusion au népotisme", fait remarquer le premier président adjoint du Comité pour la CEI à la Chambre basse du Parlement russe.

Cela dit, Akhmed Bilalov a comparé les actuels événements en Azerbaïdjan avec ce qui s'était produit en Russie en 1996, soit à la veille du second tour des élections présidentielles, époque où des démissions retentissantes dans le plus proche entourage de Boris Eltsine l'avait pour beaucoup aidé à être réélu pour un nouveau mandant présidentiel.

Somme toute, les actuels développements en Azerbaïdjan sont pour le moment assez éloignés des scénarios révolutionnaires en Géorgie et en Ukraine, est l'avis des experts russes. Ils estiment notamment que, malgré les manifestations et les troubles dans les rues, les élections législatives auront lieu de sorte que l'opposition va recevoir son "morceau" au Parlement, et le Président - la majorité parlementaire.

D'une part, dans de telles conditions, la Russie où le pouvoir présidentiel est aussi puissant, trouverait sans doute plus facilement un langage commun avec les leaders des "démocraties colorées", supposent les experts. De l'autre, font-ils remarquer, l'Azerbaïdjan, la Kirghizie et d'autres pays de l'espace post-soviétique qui ne traversent certes pas à présent leurs meilleures périodes ne doivent pas sentir qu'on les considère comme des satellites potentiels ou des frères cadets.

"Dès qu'une seule allusion à une telle évolution des événements s'annonce, les élites nationales se mettent immédiatement à chercher des contacts avec des parents plus éloignés, mais plus riches et réussis, dont le mérite incontestable réside, entre autres, dans leur éloignement de leurs pupilles", avertit Akhmed Bilalov.

L'exemple le plus proche, c'est la Géorgie qui montre de plus en plus souvent ses dents à la Russie, a-t-il rappelé.

Selon les experts, les pays-membres de la Communauté des Etats indépendants ne se distinguent aujourd'hui en rien des Etats-Unis ou des pays de l'Union européenne (UE) où la Russie entretient des contacts, tant avec les démocrates qu'avec les républicains, tant avec la gauche qu'avec la droite, et ce, indépendamment du fait qu'ils se trouvent ou non au pouvoir.

"Plus seront nombreux ces milieux politiques avec lesquels la direction russe travaillera, moins les intérêts russes dépendront des personnes concrètes", souligne Akhmed Bilalov.

"Dans nos relations avec les pays de la CEI, nous devons nous en tenir aux mêmes principes qu'avec tous les autres Etats souverains", sont convaincus les experts russes.

Il n'en est pas cependant moins vrai qu'aux Etats-Unis, en France ou en Allemagne, par exemple, nul ne prend ombrage ni de nos contacts avec le pouvoir en place ni de nos contactes avec l'opposition, alors que dans les pays de la CEI, ce n'est pas toujours le cas.

"De telles offenses prouvent justement que la direction des Etats souverains de la CEI voit toujours, elle aussi, quelque chose de "particulier" dans ses relations avec la Russie", estime Akhmed Bilalov.

Ayant cessé de s'offusquer l'une face à l'autre, une partie prouvera l'absence de ses ambitions au rôle du grand frère, alors que l'autre surmontera son complexe d'infériorité face à la Russie, affirment les analystes.

Qui plus est, les développements de ces derniers mois sur l'espace post-soviétique portent à croire que la reproduction des "révolutions oranges" s'est achevée. Le fait que l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan et l'Ouzbékistan ont adopté, chacun de son côté, des mesures appropriées contre l'apparition de telles situations en témoigne explicitement, estiment les experts.

Il est aujourd'hui parfaitement évident que les chefs des Etats post-soviétiques ambitionnent de plus en plus manifestement l'édification de démocraties qui tiennent compte des particularités nationales, et dans le cas contraire, ils se décident même à un stricte isolement face à n'importe quelles forces extérieures, comme ce sont justement les cas de l'Ouzbékistan et de la Turkménie.

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