Le Parlement de la Kirghizie n'a pas cédé au diktat de la rue (SYNTHESE)

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BICHKEK, 25 octobre - RIA Novosti. Réunis aujourd'hui en séance, les parlementaires kirghizes ont décidé de ne pas voter une motion de censure à l'égard du Premier ministre du pays, Felix Koulov, contrairement aux revendications des manifestants postés sur la place d'en face.

"En vertu de la Constitution et conformément à notre propre règlement, nous ne disposons d'aucun fondement juridique pour renvoyer le Premier ministre ... Nommer et renvoyer le Premier ministre, c'est une prérogative du Président du pays", a indiqué à cette occasion le président du Parlement kirghiz, Omourbek Tekebaïev.

Et de préciser que le Parlement est en droit de déposer une motion de censure au chef du gouvernement une fois par an, après la présentation de son rapport d'activité aux députés.

Le Parlement de la Kirghizie a décidé de poursuivre jeudi 27 octobre l'examen de la situation dans le pays et des circonstances entourant l'assassinat du député Tynytchbek Akmatbaïev, en y invitant pour ce faire la plus haute direction du pays.

Le Parlement avait envisagé d'entamer l'examen de cette question lundi dernier, mais faute de quorum, les débats ont été reportés à mardi.

Quelque 500 partisans du député assassiné, Tynytchbek Akmatbaïev, réclament la démission du Premier ministre, Felix Koulov, en l'accusant d'entretenir des rapports avec le milieu. Parallèlement, sur la place centrale "Ala-Too", trois cents personnes manifestent en faveur du Premier ministre. La plupart des manifestants font partie de "Ar-Namys" ("Dignité"), parti politique que Felix Koulov avait fondé autrefois et dirigé pendant de longues années.

Jeudi dernier (20 octobre), une commission constituée de 13 personnes, dont le député Tynytchbek Akmatbaïev, était venue inspecter une colonie pénitentiaire dans la banlieue de Bichkek. Les détenus ont assassiné le député et ses deux conseillers en blessant trois autres personnes.

"L'Etat en la personne du gouvernement n'a pas rempli son devoir direct de protéger le député" qui a péri dans l'exercice de ses fonctions, ont souligné les députés au Parlement de la Kirghizie, Kamtchibek Tachiev et Nourdin Abdyldaïev.

Felix Koulov s'est déclaré prêt à prendre sa retraite s'il y a pour cela des fondements légitimes. Cela dit, il a affirmé que le pouvoir n'admettrait pas de déstabilisation dans le pays. "Il n'y aura aucuns excès, aucuns criminels ne dicteront leur volonté au Président, au gouvernement et au Parlement afin de nous mettre à genoux", a déclaré au cours d'une conférence de presse le Premier ministre de la Kirghizie.

Il a caractérisé le meeting anti-Koulov en face du Parlement de "tentative visant à exploiter la mort, la tragédie à des fins politiques".

Comme l'a fait savoir auparavant à RIA Novosti par téléphone Dossaly Essenaliev, chef du service de presse du Président de la Kirghizie, Kourmanbek Bakiev a chargé les dirigeants des organes judiciaires et de sécurité d'assurer l'ordre public dans le pays.

Quoi qu'il en soit, pour le moment, à des fins sécuritaires, l'administration de l'Université américaine en Asie Centrale qui se situe juste à côté du bâtiment du Parlement kirghize, a laissé partir chez eux les étudiants pour deux ou trois jours, le temps que la situation se stabilise. Selon les enseignants, les émotions exprimées par les manifestants rendent tout simplement impossibles le cours normal des études à l'Université. A partir d'aujourd'hui, toutes les trente minutes, les organisateurs de la manifestation émettent à l'aide de haut-parleurs très puissants le message scandé par une foule : "Koulov à la retraite!".

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