Officiellement, l'Ossétie du Sud fait partie de la Géorgie mais elle se considère comme un Etat indépendant depuis le début des années 1990, lorsque suite à la disparition de l'URSS, la Géorgie se débarrassait de sa constitution soviétique qui réservait à l'Ossétie du Sud le statut de région autonome. Tbilissi n'avait jamais reconnu cette sécession. Une Commission mixte de contrôle a été instituée par les parties impliquées dans le conflit et par la Russie.
"Nous avons invité Tbilissi et Tskhinvali, la capitale d'Ossétie du Sud, à envisager une progression dans la voie du règlement sur la base du schéma" exposé par M.Saakachvili à la 59e session de l'Assemblée générale de l'ONU et rendu public par M.Kokoïty dans son interview le 24 décembre 2004, a indiqué le président de la partie russe de la Commission mixte de contrôle Valeri Keniaïkine.
Ce schéma suppose, selon lui, "dans un premier temps, la démilitarisation de la zone touchée par le conflit et le rétablissement d'un climat de confiance". "Lors de la deuxième étape, on propose de mener la réhabilitation sociale et économique de la zone du conflit et, au cours de la troisième étape, il faudrait parvenir à un règlement politique général et à définir le statut de l'Ossétie du Sud", a-t-il indiqué.
Selon lui, les membres de la Commission ont accepté avec gratitude la proposition du président en exercice de l'OSCE Dimitrij Rupel de mener à Ljubljana (Slovénie) sa réunion. Le diplomate a toutefois noté ne pas savoir si Tbilissi signera ces propositions, ajoutant que les négociations seraient poursuivies demain.
"Le potentiel de la Commission n'est pas épuisé, elle demeure l'unique outil efficace et prometteur dans le règlement du conflit" entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud, a encore noté Valeri Keniaïkine.
Selon lui, l'optimisme modéré qui régnait avant le début des négociations lundi a été "interrompu par la surprise - pourtant attendue - réservée à ses participants par la Géorgie". "Je fais ici allusion à la proposition géorgienne de changer le format du règlement du conflit", a indiqué l'ambassadeur.
"La Commission a été instituée sur la décision des présidents russe et géorgien en 1996 sur la base d'un mandat", a-t-il ajouté.
"En ce qui nous concerne, nous ne pouvons décider de la modification du format (des négociations) et de nos compétences, cette question n'a pas été examinée à la réunion de lundi, mais les membres de la Commission mixte de contrôle ont pris acte de cette proposition", a conclu Valeri Keniaïkine.