Le nouveau président polonais devra prendre en considération les réalités géopolitiques (parlementaire russe)

S'abonner
MOSCOU, 24 octobre - RIA Novosti. Le vainqueur de l'élection présidentielle en Pologne, Lech Kaczynski, sera amené à prendre en considération les réalités géopolitiques en bâtissant les relations avec la Russie, a estimé le président du comité international du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe), Mikhaïl Marguelov, dans une interview accordée lundi à RIA Novosti.

"Toute personnalité politique, quelle que soit son importance, doit compter avec les réalités géopolitiques, et le nouveau président polonais ne fera pas exception à la règle", car "on ne choisit pas ses voisins, on cherche plutôt à cohabiter avec eux dans la paix", a-t-il ajouté.

"Je pense que Moscou est prêt à oublier les reproches et les menaces à l'égard de la Pologne pourvu que nos relations bilatérales retrouvent un dynamisme positif", a estimé M. Marguelov. "Le temps est venu d'abandonner la rhétorique préélectorale houleuse et de procéder à la construction de nouvelles relations constructives entre la Russie et la Pologne", a-t-il poursuivi, même s'il faudra "rebâtir" beaucoup de choses.

"Nous avons intérêt à ce que la Pologne intègre les principaux processus européens et internationaux, et c'est à partir de là que nous allons bâtir notre politique extérieure", a-t-il dit.

La Russie et la Pologne ont en effet une vision différente de la situation en Ukraine, en Biélorussie et plusieurs autres pays, mais "c'est plutôt un prétexte pour dialoguer que pour continuer à s'ignorer", a constaté le parlementaire.

Mikhaïl Marguelov s'est dit persuadé que le nouveau gouvernement polonais aboutirait à cette conclusion et que les relations russo-polonaises constitueraient l'une des priorités de sa politique étrangère, en dépit des conflits antérieurs.

Lech Kaczynski "n'est pas le meilleur choix pour les relations russo-polonaises, et il faudra beaucoup œuvrer pour assainir la conjoncture", a pour sa part indiqué Alexandre Pikaïev, de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales.

"Cette élection a montré que l'Union européenne s'était dépêchée à accueillir les Polonais, que cela avait été une décision politique, a-t-il poursuivi. La Pologne n'y était prête ni économiquement ni politiquement. De graves problèmes la distancent de la "vieille Europe" qui s'oppose à la position proaméricaine de Varsovie lors de la guerre menée contre l'Irak et à la rhétorique antirusse".

"Il faudra beaucoup œuvrer pour normaliser les relations russo-polonaises, parce qu'en fin de compte, la Pologne dépend des subventions de Bruxelles", a estimé M. Pikaïev, indiquant que les Polonais "pourraient profiter du facteur russe pour renforcer leurs positions au sein de l'Union européenne".

Selon la commission électorale polonaise, le maire de Varsovie et candidat du parti conservateur Droit et Justice, Lech Kaczynski, a obtenu 54,04% des voix, son rival Donald Tusk, du parti libéral de droite Plate-forme civique, n'en ayant recueilli que 45,96%.

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала