MOSCOU, 24 octobre - RIA Novosti. Téhéran peut renoncer aux inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) si le dossier nucléaire iranien est renvoyé devant le Conseil de sécurité de l'ONU, a déclaré lundi le chef de la diplomatie iranienne, Manuchehr Mottaki, en visite à Moscou.
"En cas de renvoi du "dossier nucléaire" de notre pays à l'examen du CS de l'Organisation des Nations Unies, il se peut que l'Iran refuse de respecter le protocole additionnel au Traite de non prolifération des armes nucléaires", a indiqué devant les journalistes à Moscou le ministre iranien des Affaires étrangères.
Le protocole additionnel prévoit les inspections de l'AIEA.
Le ministre iranien a souligné que le renvoi du "dossier nucléaire" de l'Iran devant le Conseil de sécurité de l'ONU aurait un caractère politique.
"Même en cas de renvoi du "dossier nucléaire" de l'Iran devant le CS de l'ONU, Téhéran ne renoncerait pas à son droit légitime de mettre au point son propre cycle de combustible nucléaire", a fait remarquer Manuchehr Mottaki.
Le 24 septembre 2005, le Conseil des gouverneurs de l'AIEA a adopté la résolution initiée par la "troïka européenne" (Grande-Bretagne, France, Allemagne) sur l'Iran, document qui prévoie notamment le renvoi du "dossier nucléaire" iranien devant le Conseil de sécurité et ce, en prévision d'éventuelles sanctions internationales contre Téhéran. Ladite résolution exige de l'Iran que, d'ici la session de novembre du Conseil des gouverneurs de l'AIEA, il reprenne son moratoire sur les activités nucléaires et renonce à la mise au point d'un cycle nucléaire complet.
L'Iran a qualifié de parfaitement "inacceptable" la résolution en question, tout en déclarant que si le Conseil des gouverneurs n'apporte pas des amendements à ce document, Téhéran se réserverait bien le droit de "renoncer à tous ses engagements d'autrefois, y compris en ce qui concerne le respect des clauses du Protocole additionnel au Traité de non-prolifération nucléaire".
Le 11 octobre 2005, le ministère iranien des Affaires étrangères s'est déclaré prêt à poursuivre les négociations suspendues en août dernier avec la "troïka européenne". Pourtant, Téhéran a souligné que ces "négociations ne devraient reposer sur aucunes conditions préalables et tenir dûment compte du droit légitime de la République Islamique à la maîtrise du cycle de combustible nucléaire dans le cadre des Statuts de l'Agence internationale de l'énergie atomique et du Traité de non-prolifération des armes nucléaires".