ESTONIE
L'intérêt pour la Russie s'est affaibli cette semaine à la veille des prochaines municipales en Estonie, mais la Russie ne disparaît pas des débats préélectoraux. "Il faut nettement délimiter les intérêts des russophones qui vivent en Estonie et les intérêts de Moscou. La Russie profite de la présence en Estonie, comme en Lettonie et en Lituanie, d'une partie des russophones contrôlée qu'elle peut utiliser à tout moment comme une monnaie d'échange dans le marchandage avec l'Occident. Depuis son existence, les partis +russes+ ont soit parasité sur les problèmes des minorités nationales, soit ont suivi les instructions provenant directement de Moscou" (Delfi, 29.09).
Évoquant la grande intervention télévisée de Vladimir Poutine, les médias électroniques souscrivent à l'avis des journalistes occidentaux. "Certains observateurs estiment qu'en répétant qu'il ne briguera pas un troisième mandat après 2008, Poutine dévoile sa véritable préoccupation, celle de ne pas perdre le pouvoir avant 2008" (Delfi, 28.09).
L'achat par Gazprom de 72% de Sibneft suscite un intérêt modéré. "Le comportement de Gazprom, compagnie publique, est largement dicté par la politique du Kremlin. On ne sait donc pas dans quelle direction couleront les flux pétroliers" (Postimees, 30.09).
LETTONIE
L'intervention télévisée du président russe est au centre de l'actualité de cette semaine. "Il s'agit de l'exploitation banale des leviers administratifs pour présenter Poutine comme un père Noël apportant des cadeaux une fois par an... Pas une question sur Khodorkovski ou Berezovski, pas une question sur la liberté de la presse, les exactions de toutes sortes en Tchétchénie ou les +nettoyages+ à la Douma, pas une question sur le monopole politique de Russie unie" (Telegraf, 30.09).
La rencontre des premiers ministres des trois pays baltes et le débat qu'ils ont ouvert sur le projet de Gazoduc nord-européen (GNE) ont suscité une série de publications brandissant le risque d'un éclatement de l'Europe et le danger écologique. "La Russie et l'Allemagne ont des chances d'attirer dans leur camp la Suède et la Finlande dont le nouveau gazoduc longera les côtes. Cela compliquerait sérieusement les chances de la Lettonie qui cherche à ce que l'Union européenne prenne position contre les lobbyistes du gazoduc" (Neatkariga Rita Avize, 01.10).
S'agissant de l'achat par Gazprom des actions de Sibneft, les médias pointent du doigt la croissance gigantesque de sa valeur depuis les privatisations "douteuses". "La transaction dévoile les différents parcours des entrepreneurs oligarques russes qui s'étaient approprié pour rien des actifs publics lors des privatisations douteuses du milieu des années 1990. L'ex-patron de Yukos, Mikhaïl Khodorkovski, est en route vers une colonie de régime ordinaire. Sa compagnie a été en partie nationalisée, et il ne reste presque rien de ses milliards d'antan. La compagnie Sibneft appartenant à Roman Abramovitch est rentrée dans le giron public, mais son propriétaire récoltera 100 fois plus d'argent qu'il n'en avait déboursé initialement" (Dienas Bizness, 30.09).
LITUANIE
L'enquête sur le crash du chasseur russe Su-27 est au centre de l'actualité de la presse lituanienne. "Les militaires russes nient que le dispositif secret d'identification électronique "ami-ennemi" soit tombé entre les mains des experts lituaniens. Les responsables de Vilnius multiplient des allusions mystérieuses, sans confirmer ou infirmer quoi que ce soit, laissant entendre qu'un secret qui peut coûter des milliards à la Russie serait entre les mains des militaires lituaniens" (Respublika, 29.09).
Évoquant la vente des actions de Mazeikiu Nafta, certains médias sentent des relents de corruption dans l'éventuelle transaction avec Lukoil. "La déclaration du patron de Lukoil annonçant qu'il ne négociera qu'avec le gouvernement lituanien pour lui acheter des actions non seulement laisse planer un danger de corruption, mais aussi pousse à rechercher de nouveaux dessous à la transaction. Il se peut que les groupes russes, même ceux qui sont proches du Kremlin, aient une peur bleue d'acheter directement des actions de Yukos pour éviter d'être l'objet de réclamations fiscales. Si la Lituanie achète elle-même les actions de Yukos pour les revendre, c'est une autre chose" (Lietuvos Rytas, 29.09).
UKRAINE
La signature de l'accord entre Moscou et Tachkent sur le transit du gaz turkmène par le territoire de l'Ouzbékistan entre 2006 et 2010 a suscité des commentaires négatifs dans les médias ukrainiens. "Nous avons perdu notre principal atout dans les négociations (avec Moscou), car c'est la Russie qui devient l'opérateur de fait des flux de gaz turkmène transitant par l'Ouzbékistan. Maintenant, l'Ukraine devra accepter les conditions de Gazprom qui exige le passage (dans ses règlements gaziers avec Kiev, ndlr) aux prix de marché à partir de 2007 ("Podrobnosti", 28.09).
Le voyage de travail du nouveau premier ministre ukrainien Youri Ekhanourov à Moscou n'a pas apporté de résultats, ce qui n'a provoqué aucun étonnement dans la presse. "La Russie ne veut rien oublier ni pardonner et aucun nouveau premier ministre n'aidera Poutine à oublier que Viktor Youchtchenko reste le président ukrainien porté au pouvoir par la "révolution orange". Alors que les "révolutions colorées" représentent le danger principal pour le système poutinien de pouvoir" ("Versions", 03.10).
Dans le contexte de l'engagement indirect russe aux élections parlementaires en Ukraine, la presse locale continue de débattre de l'annulation par le Parquet général russe du mandat d'arrêt lancé contre Youlia Timochenko. "Malgré toutes les rotations de cadres à Kiev et l'extirpation de la principale "épine" dans les rapports entre les deux Etats, Viktor Youchtchenko reste le grand problème pour Moscou. Et là, en toute logique, le Kremlin tend à l'affaiblir, tous azimuts. Le meilleur (et éprouvé par le temps) outil sont les scénarios de crise donnant à leurs auteurs la possibilité de contrôler et de corriger". ("Glavred", 28.09).
MOLDAVIE
Le principal résultat des consultations sur le problème de la Transnistrie à Odessa est, selon les médias locaux, l'extension du format des négociations en cours. Les Etats-Unis et l'Union européenne y participent en tant qu'observateurs. Mais leur rôle n'est pas conforme aux intérêts de la Moldavie, affirment les journalistes officieux. "Au cours des deux ou trois prochaines années, il n'y aura pas de conjoncture favorable au règlement du conflit dans l'intérêt de la Moldavie et de l'Occident. Mais dès que l'occasion propice se présentera, les Etats-Unis et l'Union européenne ne manqueront pas d'entrer dans le processus de négociations en tant que participants de plein droit, et c'est alors que nous verrons dans quelle mesure nous sommes capables de régler le problème transnistrien" (Reporter.md, 03.10).
La presse pro-roumaine insiste sur la nécessité d'inviter Bucarest à participer aux négociations sur la Transnistrie. "La présence de la Roumanie à la table des négociations sur la Transnistrie est indispensable (...). L'opinion internationale ne saurait accepter l'existence de cet "Etat" que représente la Transnistrie de nos jours". ("Moldova Suverana", 28.09).
ARMENIE
La thèse de la nécessité pour l'Arménie d'adhérer à l'OTAN, à l'instar des préférences manifestées par les voisins caucasiens du pays, est de nouveau au cœur des débats. "Si la Géorgie et l'Azerbaïdjan déclarent préférer l'appartenance à l'OTAN, l'Arménie n'aura pas d'alternative. Il est souhaitable que l'Arménie soit édifiée sur les valeurs universelles, que sa sécurité soit garantie par l'Alliance de l'Atlantique Nord. Sur ce plan, l'adhésion à l'OTAN est avantageuse pour l'Arménie" (Site de la compagnie de télévision "Al+", 01.10).
La situation en Javakhetie (des ONG de la région géorgienne de Samtskhé-Javakhetie peuplée essentiellement d'Arméniens exigent de Tbilissi l'octroi du statut de région autonome) est activement débattue par la presse locale. Le retrait des bases militaires russes a privé de nombreux habitants de la région de la principale source de leurs revenus. "Les Arméniens de Javakhetie sont perçus en Géorgie comme des agents d'influence de la Russie. Pour les Géorgiens, il n'y a rien qui puisse satisfaire leurs ambitions politiques. Dans ses programmes globaux, l'Occident n'est sans doute pas disposé à prendre en compte ces exigences. Quant à l'Arménie qui est confrontée elle-même à de graves problèmes, elle ne semble pas encline à s'ingérer activement dans ces affaires" ("Aravot", 29.09).
GEORGIE
Le pilonnage de Tskhinvali le 20 septembre dernier a provoqué une nouvelle aggravation de la situation dans la zone du conflit osséto-géorgien, ce qui n'a pas manqué de relancer une nouvelle série d'accusations à l'endroit de la Russie qui serait à l'origine des troubles. "Si la Russie a effectivement des preuves concrètes, ces dernières doivent être transmises à la partie géorgienne... Si le pilonnage de la zone du conflit était dirigé contre quelqu'un, ce quelqu'un est la Géorgie, car cet acte visait manifestement l'image politique de notre pays" ("Sakartvelos respublika", 29.09).
Le sujet principal de ces dernières semaines, c'est la présence des soldats de la paix russes dans le pays. "Le compte à rebours a commencé... La Géorgie fixe un délai concret au contingent russe de maintien de la paix pour qu'il se corrige, sinon il se verra retirer son mandat" ("Rezonansi", 30.09).
On discute toujours d'un éventuel remplacement des soldats de la paix russes par d'autres forces. "L'idée de remplacer le contingent russe de maintien de la paix par des "casques bleus" ukrainiens est très bonne et tout à fait acceptable, mais le mandat en vertu duquel le processus de paix se poursuit à présent prévoit que les deux parties au conflit (la Géorgie et l'Abkhazie) doivent avaliser l'introduction de troupes ukrainiennes" ("Akhali taoba", 30.09).
Le départ des forces russes de maintien de la paix est considéré par la presse comme la tâche la plus importante pour les autorités géorgiennes dans l'immédiat. "Si les autorités de la Géorgie arrivent effectivement à faire en sorte que les "casques bleus" russes se retirent des zones de conflits, de nouvelles provocations ne sont pas à exclure... Quoi qu'il en soit, le départ des "casques bleus" russes est une affaire beaucoup plus importante que le retrait des bases militaires russes, car ils "gèlent" tout simplement les zones de conflits" ("Kviris palitra", 03.10).
AZERBAIDJAN
Les activités du secrétaire exécutif de la Communauté des Etats indépendants (CEI), Vladimir Rouchaïlo, sont évaluées de plus en plus négativement, surtout à la lumière de ses éventuels contacts avec les leaders de l'opposition azerbaïdjanaise. "Bien qu'à présent la Russie poursuive son soutien au régime en place en Azerbaïdjan, elle n'est pas certaine que la relève du pouvoir n'aura pas lieu demain ou après-demain. Et le désir de Vladimir Rouchaïlo de rencontrer les leaders d'opposition peut être considéré justement comme un signe de cette inquiétude" ("Yeni Musavat", 30.09).
On considère comme un acte extrêmement inamical de Moscou à l'égard de Bakou l'acquisition par l'Arménie en Slovaquie d'avions de combat Su-27 de fabrication russe secrètement payés par la Russie, comme le supposent les médias. "C'est que ces nouveaux avions Su-27 ne sont fabriqués qu'en Russie (dans la ville de Komsomolsk-sur-l'Amour), et la Slovaquie ne pouvait intervenir dans ce marché que comme intermédiaire. Pour ce qui est des Su-25 et Mi-24, il s'agit, de toute évidence, d'appareils déjà exploités qui auraient pu également être achetés en Russie... Nul doute qu'un tel geste ne peut signifier qu'une seule chose - des pressions sur Bakou" ("525ci qazet", 04.10).
KAZAKHSTAN
L'intervention en direct à la télévision et à la radio du Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, est évaluée par bien des médias comme de l'esbroufe médiatique "servant à rapprocher le chef de l'Etat et le peuple". Dans le même temps, la presse constate que "Le Président a répondu plus ou moins concrètement à 18 questions qu'il avait choisies lui-même... Comme le Président l'a avoué à l'issue de cette intervention en direct, il a mis de côté les questions d'ordre personnel" (Liter.kz, 28.09).
Les médias rapportent que LUKOIL s'est définitivement entendu avec les actionnaires de "Nelson Ressources Limites", qui possèdent en commun près de 65% du capital social de cette compagnie, sur l'acquisition de leurs actions au prix de l'offre. La presse cite les paroles mêmes du patron de la plus grande compagnie pétrolière (LUKOIL) de la Fédération de Russie, Vagit Alekperov: "Le Kazakhstan est une région clé pour le développement de notre stratégie internationale. L'acquisition de "Nelson" va compléter substantiellement nos actifs dans la région de la Caspienne" (KZ-today, 03.10).
KIRGHIZIE
La politique pro-russe de Bichkek n'exclut pas une coopération de la Kirghizie avec d'autres pays. "La Russie restera toujours l'ami numéro un de la Kirghizie. Cela n'est pas remis en question. Mais les États-Unis ne sont pas notre ennemi non plus. Certes, ce pays n'est pas notre meilleur ami, mais il est l'un des pays avec lesquels nous devons entretenir de bonnes relations. Cependant la priorité revient, sans doute, à la Russie" ("Obchtchestvenny reiting", 01.10).
L'intérêt montré par la Kirghizie dans l'élargissement de la base militaire russe de Kant s'explique en partie par l'assistance matérielle accordée par la Russie. "Les militaires russes ont récemment accordé une assistance technique pour 3 millions de dollars à notre pays. Nous savons aussi compter" ("Obchtchestvenny reiting", 01.10).
Les perspectives de la base militaire américaine déployée en Kirghizie dépendent directement des activités de sponsor de Washington. "Il n'y a pas longtemps, une délégation américaine s'est rendue en Kirghizie, ils envoient un groupe important chez nous pour régler la question du bail" (AKIpress, 01.10).
OUZBEKISTAN
Les médias pro-gouvernementaux consacrent leurs articles au développement des "liens fructueux" avec la Russie. La récente visite du président du conseil d'administration de Gazprom Alexeï Miller et ses entretiens avec le président ouzbek Islam Karimov sont devenus les nouveaux sujets dominant l'actualité.
Gazprom a désormais un contrôle presque complet des secteurs ouzbeks des gazoducs "Asie Centrale - Centre" et "Boukhara - Oural". Le géant gazier russe est prêt à lancer leur modernisation. La Russie souhaite augmenter la capacité de transport du gazoduc ouzbek pour assurer une livraison régulière de gaz ouzbek et le transit de gaz naturel turkmène" (Uzland-uz, 03.10).
Les rares articles de la presse d'opposition consacrés aux relations russo-ouzbèques rappellent que le Kremlin a soutenu Tachkent dans l'affaire des "terroristes d'Andijan". Ils discutent également de l'influence négative russe sur les relations américano-ouzbèques. "Les agents des services secrets russes ont aidé à enquêter sur l'incident, le début du procès contre les terroristes a coïncidé avec les exercices antiterroristes russo-ouzbeks et quand le ministre russe de la Défense Sergueï Ivanov s'est rendu à Tachkent, M.Karimov s'est félicité de l'évolution rapide des relations entre les deux États. Il paraît que la stratégie de Moscou en Ouzbékistan consiste à rechercher et à approfondir les fissures au sein des alliances existantes" (Ferghana.ru, 03.10).
TADJIKISTAN
Les informations sur l'adoption par le gouvernement russe d'un arrêté "Sur les voyages réciproques des citoyens russes et tadjiks" a eu un grand retentissement. Le gouvernement russe a pris cette décision longtemps attendue en échange du déploiement d'une base militaire russe au Tadjikistan et la remise d'un ouvrage militaire stratégique - la station optoélectronique "Nourek" - à la Russie. "Une entente en ce sens est intervenue en octobre 2004. Mais ce n'est que hier que Moscou a ouvert sa frontière aux Tadjiks. Dans le même temps, le nombre des Tadjiks travaillant en Russie a diminué de 580.000 à 300.000 en neuf mois. Cela a eu une influence sur le niveau de vie des Tadjiks, puisque les sommes envoyées par les travailleurs tadjiks de Russie ont été divisées par deux" ("Vetcherny Douchanbe", 30.09).
La presse note que le président tadjik Emomali Rakhmonov a démenti les informations sur l'éventuel déploiement d'une vase militaire américaine au Tadjikistan. "Il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais de base militaire américaine au Tadjikistan et je considère ces rumeurs comme une spéculation. A présent, nous avons une seule base militaire étrangère, la base russe (Emomali Rakhmonov, "Asia-plus", Tadjikistan, 29.09).