ESTONIE
Les feux de l'actualité restent braqués sur l'enquête du crash d'un chasseur russe en Lituanie. "L'instruction a révélé suffisamment de preuves permettant d'en inférer un crime" (Eesti Päevaleht, 21.09).
Les festivités organisées avec le soutien du parti Russie unie à l'occasion de l'anniversaire de la libération de Tallinn contre l'Allemagne nazie est un autre dossier sensible des relations russo-estoniennes. "La Russie et les russophones estoniens exacerbent la haine en amenant la flamme éternelle à Tallinn en provenance de Saint-Pétersbourg pour commémorer la conquête de la ville... Les croisés sont venus avec le feu et l'épée. Après que les Russes ont bombardé et incendié Tallinn et Narva, l'arrivée de la flamme éternelle est tout sauf un acte de bonne volonté. Nous espérons que les gardes-frontières et les douaniers interviendront pour empêcher que la flamme ne franchisse la frontière orientale" (SL Õhtuleht, 21.09).
LETTONIE
Les analystes cherchent à dévoiler les causes véritables de l'accueil réservé à Riga à l'oligarque russe en exil Boris Berezovski. "Si la Lettonie est membre de l'Union européenne, nous devons en remercier Berezovski" (Neatkariga Rita Avize, 23.09). "Les responsables politiques influents de la Lettonie ont une raison valable pour éviter un conflit avec Berezovski. Et si un quelconque dossier secret concernant la Lettonie surgissait (comme dans le cas de l'Ukraine)?" (Neatkariga Rita Avize, 23.09).
La presse lettonne est unanime: la visite éclair de Boris Berezovski peut faire de la Lettonie une cible dans le jeu politique mené par les États-Unis contre la Russie ou personnellement par l'oligarque contre Vladimir Poutine. "Naturellement, l'apparition à Riga du frère du président américain aux côtés de l'oligarque en exil n'est en rien due au hasard. Alors que la Russie exige l'extradition de Berezovski, l'Amérique lui montre sans ambiguïté de quel côté elle s'est rangée" (Bizness&Baltia, 23.09).
"La visite de Berezovski n'est pas dans l'intérêt de la Lettonie, notamment après que l'oligarque eut déclaré que toute son activité visait Poutine. La Lettonie n'a pas intérêt à devenir un champ de bataille entre Berezovski et Poutine" (Latvijas Avize, 24.09).
À la veille du duplex organisé entre les russophones lettons et Vladimir Poutine, la presse estimait inadmissible que le leader russe consolide son autorité aux frais des problèmes de politique intérieure de la Lettonie. "Les russophones lettons se sentent exclus dans l'État où ils vivent: ils regardent les chaînes de télévision russes, supportent les équipes russes de football, considèrent Poutine comme leur président et rêvent en cachette de la restauration de l'URSS. Le duplex offre ainsi une belle occasion de conforter ces états d'esprit" (Latvijas Avize, 24.09).
LITUANIE
L'enquête sur les origines du crash du chasseur russe en Lituanie est au centre de l'attention de la presse locale. "La Lituanie a provoqué la colère de sa grande voisine. La machine propagandiste du Kremlin commence à tourner à plein rendement. Cette semaine, les médias russes se mettent à fustiger la Lituanie avec hystérie et à diffuser des mensonges... Ces jours-ci, la Russie se conduit comme un éléphant dans un magasin de porcelaine" (Lietuvos Rytas, 21.09).
L'appel des officiels à s'abstenir de tout propos pouvant porter préjudice aux relations internationales est considéré par certains médias comme le résultat d'une décision politique justifiée par les prochains pourparlers autour des actions de Mazeikiu Nafta. "Le premier ministre a demandé à éviter de spéculer sur des hypothèses... Le premier ministre qui vient de reprendre les rênes dans les négociations sur Mazeikiu Nafta n'a pas besoin de querelles avec le Kremlin" (Vakaru Ekspresas, 24.09).
Annonçant que le gouvernement lituanien envisage de racheter à Yukos les actions de Mazeikiu Nafta pour les protéger contre un acheteur indésirable, certains commentateurs craignent que cette situation n'entraîne l'administration du pays dans un jeu dangereux. "Yukos a trouvé une belle marge de manœuvre pour spéculer et relever le prix. Il n'a qu'à trouver un acquéreur qui ferait un peu de bruit à Vilnius et rehausserait le prix. Le Kremlin qui est pour l'instant passif veille à la situation et garde le silence. Cette attente est suspecte et laisse supposer que le Kremlin attend pour intervenir le moment le plus défavorable pour la Lituanie" (Vakaru Ekspresas, 24.09).
UKRAINE
L'annulation, par le Parquet russe, du mandat d'arrêt international contre l'ex-première ministre ukrainienne Youlia Timochenko est interprétée par la presse ukrainienne comme la confirmation de l'implication de Moscou dans les prochaines élections à la Rada suprême. "Il est peu probable que la visite (de Mme Timochenko, ndlr) n'ait pas été sanctionnée par le Kremlin. Et, en d'autres termes, le Kremlin se prépare aux élections parlementaires ukrainiennes. Il rejette toute consolidation politique dans notre pays. Suite à sa défaite aux élections présidentielles, le pouvoir russe cherche à prendre sa revanche aux parlementaires ukrainiennes. Moscou a besoin d'un parlement ukrainien instable, imprévisible et faible. D'autant plus qu'à l'issue de la réforme constitutionnelle en Ukraine, les problèmes cruciaux pour les destinées du pays seront réglés à la Rada suprême et non à l'administration présidentielle ("Journal de Lvov", 27.09).
Les médias fondent de nouveaux espoirs sur le nouveau tour des négociations russo-ukrainiennes sur les questions énergétiques. "Des experts estiment que le nouveau premier ministre ukrainien a maintenant une raison de régler les problèmes "gaziers" avec la Russie ("Korrespondent.net", 23.09).
Les journaux n'excluent pas que l'Ukraine puisse faire des "concessions" sans pour autant cacher les intentions, pas tout à fait honnêtes, de Kiev, qui cherche à induire son partenaire en erreur. "De toute évidence, l'Ukraine devrait accepter de recréer le consortium de transport de gaz (avec la participation de partenaires occidentaux, ndlr). Elle parviendra en fait à abuser la Russie et à obtenir des prix du gaz bas pour l'année prochaine" ("Korrespondent.net", 23.09).
MOLDAVIE
Les prochaines élections parlementaires à Tiraspol sont l'un des principaux thèmes de la semaine. "Les élections au parlement transnistrien devraient, selon toute vraisemblance, être un élément clé dans la nouvelle stratégie du Kremlin. Il n'y a pas longtemps, Moscou cherchait à se justifier pour n'avoir pas retiré ses troupes, la Russie atermoyait, mais, aujourd'hui, les Russes déclarent que les conditions ne sont pas réunies pour le retrait de leurs troupes. La Transnistrie est donc une terre russe et elle fournit des cadres au Kremlin. La Russie pourrait donc reconnaître l'indépendance de la république autoproclamée. Ainsi, la Fédération de Russie cherche à prendre sa revanche dans un jeu qui semblait perdu irrémédiablement ("Fluks", 23.09).
Un article dans le journal russe Kommersant rapporte que le Service fédéral des douanes de Russie a cessé de délivrer les timbres d'accise aux importateurs de vins de Moldavie. "Cette démarche est une menace sérieuse pour l'économie nationale moldave. Si cette décision n'est pas annulée, une faillite menacera une branche principale de l'industrie moldave (BASA-press, 26.07).
ARMENIE
L'intégration européenne est pour les experts le choix unique possible pour Erevan afin d'éviter, à l'avenir, sa dépendance vis-à-vis de la Fédération de Russie. "Nous devons développer nos rapports avec la Russie, tout en envisageant, à terme, notre appartenance à la famille européenne unique, et non à la troïka Russie-Biélorussie-Arménie ("Aravot", 21.09).
Les erreurs graves des politiques russes dans le Caucase du Sud par rapport au dynamisme des Etats-Unis, devraient, de l'avis des experts, avoir rapidement pour résultat l'évincement de la Russie de cette région. "Comparant les dépenses des Etats-Unis aux revenus astronomiques de la Russie suite à l'envolée des prix mondiaux du pétrole, on pourrait d'emblée rejeter la thèse de la non-compétitivité de la Fédération de Russie. Qui plus est, le Caucase du Nord est une région frontalière de la Fédération, dans laquelle celle-ci, pour renforcer sa propre influence, doit investir des moyens de loin plus importants que tout autre pays. Pourtant, dans cette région, la Russie est uniquement occupée à racheter différents ouvrages énergétiques, parvenant au monopole dans cette sphère ("Aoïots Achkharn 23.09).
Autre thème débattu, les conséquences néfastes pour l'économie arménienne de l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce. La Russie devra appliquer, conformément aux règles de cette organisation, une politique unique des prix : dans les pays de la CEI et en Russie elle-même, le prix des marchandises russes s'approchera du prix à l'exportation. Pour l'Arménie, la politique unique des prix de la Fédération de Russie signifiera une brusque augmentation des prix des produits énergétiques. Résultat (...), le prix de revient des produits arméniens augmentera tout aussi brusquement, au point de les rendre absolument non compétitifs" ( "Aïkanan Jamanak", 21.09).
GEORGIE
Les festivités en Ossétie du Sud à l'occasion du 15e anniversaire de l'indépendance sont à l'origine des nombreux scandales de la semaine. "Les cérémonies solennelles représentaient plutôt un défi : du matériel technique russe (y compris le matériel lourd), des conversations en russe ... En fait, ceci avait pour objectif de montrer à Tbilissi que Tskhinvali reconnaissait la Russie et ne voulait rien avoir à faire avec la Géorgie... Après l'évacuation des bases militaires russes ... le thème du retrait des soldats de la paix est également devenu de première importance" ("Alia, 27.09).
La participation des hommes politiques russes à la fête de Tskhinvali a été considérée par les médias comme une démonstration sans équivoque de l'hostilité envers Tbilissi. "Les séparatistes, qu'ils soient de nationalité ossète ou abkhaze, restent toujours des ennemis jurés de la Géorgie. Malheureusement, on peut dire la même chose d'un grand nombre de personnalités officielles russes" ("Khvalindeli dge", 21.09).
Pour les experts, il est nécessaire de changer la composition des forces de maintien de la paix dans les zones de conflit avec les républiques autoproclamées. "Outre la neutralisation du facteur russe, il importe d'obtenir le soutien de l'opinion publique mondiale. L'Occident ne semble pas encore y être prêt, c'est pourquoi les autorités doivent faire des pas concrets et résolus dans cette direction" ("Khvalindeli dge", 23.09).
AZERBAIDJAN
La presse dénote une certaine préoccupation de la part des politiciens face à l'éventuelle participation aux élections législatives en Azerbaïdjan du président du Parti communiste de Russie (KPRF), Guennadi Ziouganov, et du leader du Parti libéral-démocrate russe (LDPR), Vladimir Jirinovski, en tant que propagandistes faisant la publicité de leurs collègues azerbaïdjanais. "Il est inadmissible que les hommes politiques étrangers s'immiscent dans les affaires intérieures de l'Azerbaïdjan" ("Echo", Azerbaïdjan, 21.09).
L'intervention du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à l'Université de Stanford est perçue comme une reconnaissance ouverte de la défaite de la Russie dans une nouvelle "épreuve de force". "En fait, le ministre russe des Affaires étrangères a reconnu que malgré tous ses efforts, la Russie n'a pas réussi à "expulser" les Etats-Unis de l'espace post-soviétique... Il n'est pas difficile de deviner que l'espace post-soviétique, de toute évidence, est sur le seuil d'un nouveau, et grandiose, "partage" géopolitique, sans doute peu favorable pour Moscou. La question est de savoir si la Russie est prête à le reconnaître" ("Echo", 24.09).
Le thème des ambitions "néo-impériales" du Kremlin présentant un danger pour l'Azerbaïdjan est de nouveau soulevé dans les médias. "Ces dernières années, Moscou utilise de plus en plus activement le pétrole comme moyen d'influence, voire de pression, politique. Quoi qu'il en soit, de nombreux analystes sont persuadés que l'attitude tolérante des politiciens de l'Union européenne à l'égard des ambitions néo-impériales de la Russie repose sur des "motifs pétroliers"... La "diplomatie pétrolière" de la Russie s'est manifestée encore plus clairement dans l'espace post-soviétique, surtout dans sa partie occidentale. Et là, l'apparition sur le marché pétrolier de l'Azerbaïdjan, avec son système d'oléoducs contournant le territoire russe, a été pour Moscou une surprise peu agréable" ("Echo", 22.09).
KAZAKHSTAN
La presse désapprouve toujours l'activité des techniciens de la politique russes. "L'année dernière, en automne, nous avons tenu des élections législatives. "Elections", ce n'est qu'une appellation, en réalité il s'agit de nominations. Le pouvoir n'a pas laissé les candidats d'opposition entrer au parlement. Notre parlement est représenté seulement par le parti Otan. On entend dire que des techniciens de la politique étaient venus de Russie. Le scénario des législatives kazakhes avait été écrit pour la Russie et testé au Kazakhstan". ("Jas Alach", 22.09).
Dans sa grande interview, Alexeï Malachenko, du Centre Carnegie de Moscou, confirme la participation des techniciens de la politique russes à la campagne électorale au Kazakhstan. "Dans ce cas-là, le Kazakhstan riche est un excellent champ d'activité. Je vous assure que les techniciens de la politique russes se sont installés dans votre pays depuis longtemps" (Liter.kz, 22.09).
Le partenariat stratégique entre la Russie et le Kazakhstan est devenu le thème principal de l'interview avec le secrétaire général de la CEEA (Communauté économique eurasiatique), Grigori Rapota, qui fait ressortir une fois de plus que le Kazakhstan demeure le leader pour les rythmes de développement économique au sein de la CEI (Communauté des Etats indépendants). "Dans le secteur bancaire et dans le secteur du logement, dans le domaine énergétique de même que dans les transports, le Kazakhstan devance tous les autres membres de la CEI. Ce n'est pas un hasard s'il a obtenu, le premier parmi les républiques post-soviétiques, le statut de pays le plus attrayant aux investissements" (Liter.kz, 23.09).
KIRGHIZIE
Les médias ont examiné la politique pro-russe kirghize annoncée par le Premier ministre kirghiz au cours d'une rencontre avec le ministre russe de la Défense Sergueï Ivanov. "Felix Koulov a assuré au ministre russe de la Défense que le nouveau gouvernement kirghiz appuyait toutes les ententes existantes. La Russie est une région prioritaire pour la Kirghizie, selon lui" (KyrgyzInfo, 21.09).
La presse souligne la position commune adoptée par Moscou et Bichkek à l'égard de la présence militaire russe en Kirghizie. "MM.Ivanov et Bakiev (président kirghiz) ont convenu que la base russe revêtait une grande importance pour la stabilité de la région" (KyrgyzPress, 23.09).
Certains journaux dénotent une défaite géopolitique de Washington. "La Kirghizie a donné le feu vert à la base aérienne russe, alors que la présence de la base de la coalition antiterroriste a toujours été considérée comme provisoire. Est-ce que cela signifie que la Russie l'a emporté sur les États-Unis dans la lutte pour l'influence dans la région? Selon l'expert de la fondation allemande "Recherche et politique" Hannes Adomeit, "tout cela semble pour l'instant le confirmer. Il est clair que les pays de la région préfèrent négocier avec leur partenaire éternel - la Russie - au lieu de rechercher de nouvelles voies" (KyrgyzPress, 23.09).
OUZBEKISTAN
Les perspectives de la coopération russo-ouzbèque sont au centre d'attention de la presse ouzbèque. Les médias sont enthousiastes quant au bilan des exercices militaires russo-ouzbeks. "Des exercices tactiques antiterroristes russo-ouzbeks se sont déroulés pour la première fois sur le polygone Forish. Cela témoigne que des changements importants se sont produits dans les relations entre l'Ouzbékistan et la Russie... Les exercices ont démontré que nous avons les mêmes objectifs dans ce domaine" (UzA, 23.09).
La visite du ministre russe de la Défense Sergueï Ivanov en Ouzbékistan et ses entretiens avec le président Islam Karimov ont suscité une vague d'enthousiasme auprès des journalistes. "Les relations russo-ouzbèques évoluent dans tous les domaines" (UzA, 23.09).
Dans le même temps, certains médias d'opposition accusent Moscou d'entretenir une entente criminelle avec le régime d'Islam Karimov. "M.Karimov a lancé un défi à tout le monde et il sait qu'aucun leader occidental ne lui serrera jamais la main. La position actuelle de l'Ouzbékistan convient à la Russie. Les autorités russes comprennent tout, mais cela leur est égal. Sergueï Ivanov se rend à Tachkent le jour du procès (des organisateurs des troubles d'Andijan du 13 mai 2005) et serre les mains des responsables des structures de force qui ont donné l'ordre de tirer le 13 mai dernier. Ensuite ils organisent des manœuvres pour s'entraîner à éliminer les terroristes" (Ferghana.ru, 22.09).
TADJIKISTAN
Les médias critiquent les sociétés RUSAl et "Systèmes énergétiques interconnectés" (EES Rossii). Ils appellent le gouvernement à faire en sorte que l'État ne dépende pas des entreprises d'aluminium. "On ne peut que saluer la coopération russo-tadjique dans le secteur énergétique et l'industrie lourde. Mais il faut se rappeler que la métallurgie nationale ne doit pas être consacrée uniquement à l'aluminium et que le secteur hydroénergétique tadjik ne doit pas dépendre des usines d'aluminium... La dépendance de l'industrie des métaux non ferreux de la production d'aluminium provoquera une récession dans le secteur et portera un préjudice à l'économie nationale" (Avesta, 25.09).
Aucun ressortissant tadjik résidant en Russie n'a reçu le passeport russe malgré l'ouverture de points de délivrance des passeports en Russie. "Cela s'explique par le fait que les ressortissants Tadjiks doivent passer un contrôle des organes judiciaires russes, y compris ceux chargés du contrôle de la drogue" (Avesta, 23.09).