"Il n'y aura pas de troisième mandat Poutine!"

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MOSCOU, 8 septembre - Vassili Kononenko, commentateur politique de RIA-Novosti. "Il n'y aura pas de troisième mandat Poutine!" Vladimir Poutine a prononcé cette phrase fin juin 2003 quand la Douma d'Etat (Chambre basse du Parlement russe) se préparait aux élections.

Les opposants soupçonnaient alors qu'après avoir reçu le "bloc de contrôle" des mandats parlementaires, "Russie Unie" resterait à jamais au Parlement avec son Président.

Quoi qu'il en soit, en octobre 2004, Vladimir Poutine a promis de se guider sur la Constitution qui "ne prévoyait que deux mandats présidentiels" consécutifs. Plus tard, en avril de la même année, le chef de l'Etat a fait remarquer pour la première fois que la Constitution n'interdisait pas de se porter candidat à la présidence pour un troisième mandat à condition qu'il ne s'agisse pas de trois mandats d'affilée. Enfin, fin août dernier, au cours de sa visite en Finlande, Vladimir Poutine a déclaré qu'il aurait peut-être voulu se porter candidat pour un troisième mandat présidentiel, mais que la Constitution en vigueur le lui interdisait.

Il arrive qu'en politique, des éléments qui s'additionnent n'augmentent pas le total, mais le diminuent même. Et il appartient aux politologues de rechercher dans de pareilles déclarations de nouvelles nuances et de nouvelles possibilités d'interprétation.

Rien d'étonnant à ce qu'au cours de la récente rencontre de Vladimir Poutine avec des politologues, Nikolaï Zlobine, directeur des programmes russes et asiatiques du Centre de l'information sur la défense des Etats-Unis, ait noté: "On essaie de nous persuader que l'année 2008 débouchera en Russie sur une très grave crise politique car au Kremlin un groupe d'individus s'emploie à rester au pouvoir et recherche pour cela une possibilité légitime".

"Non, je n'entends pas participer aux élections présidentielles de 2008. J'estime que le principal pour le pays, c'est la stabilité. Et le gage de la stabilité, c'est la Constitution. Je n'ai guère l'intention de la modifier", a répondu le Président. Et un peu après, Vladimir Poutine a repris le même sujet, en ajoutant: "En 2008, je me propose de quitter le Kremlin, mais je ne partirai pas de la Russie. Et c'est aussi un facteur de stabilité".

D'après les déclarations faites par les participants à cette rencontre aux journalistes russes, les discussions sur un troisième mandat présidentiel et sur les amendements à la Constitution peuvent être laissées de côté dans l'immédiat. Mais il est cependant peu probable que le sujet ne ressurgira pas un jour.

Quand on a demandé à Ariel Cohen, de l'organisation américaine "Heritage Foundation": "Le Président a-t-il persuadé pour cette fois les kremlinologues?", l'expert a répondu: "Il a été très convaincant. Quoi qu'il en soit, tous ne lui ont pas fait crédit. C'est que beaucoup ont tout simplement un tel état d'esprit. Mais que doit-il donc faire encore? Signer cette promesse avec du sang?".

Il n'est toutefois pas exclu que certaines forces influentes dans les plus hautes sphères dirigeantes puissent entreprendre quelque chose pour perpétuer leur pouvoir. Et le Président lui-même l'a reconnu dans son entretien avec des politologues. "Si un groupe au Kremlin veut lutter pour le pouvoir, qu'il le fasse", a dit Vladimir Poutine. Ce disant, il s'est séparé de cette équipe qui pourrait effectivement avoir des visées et même disposer de candidats aux présidentielles de 2008.

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