MOSCOU, 28 août - Elena Fedorova, RIA Novosti. Le président de l'Association des banques russes, Gareguine Tossounian, estime possible de renoncer au dollar dans les échanges russo-chinois.
"Il existe toute une série de moyens d'établir entre les deux voisins un régime de change direct", a-t-il indiqué dimanche en prévision du 3e Forum financier et bancaire russo-chinois programmé pour les 29 et 30 août.
Un premier pas est déjà franchi: les banques russes et chinoises sont autorisées à ouvrir des comptes de correspondant réciproques, a-t-il rappelé.
M. Tossounian a par ailleurs reconnu nombre de difficultés qui entravaient le régime de change direct, notamment parce que la monnaie russe n'était toujours pas convertible à l'extérieur.
Le règlement en dollars des échanges russo-chinois est le résultat de la politique monétaire de Moscou, a-t-il estimé.
Le rouble a plus de poids que nous ne le croyons, alors que "le monde extérieur évalue la monnaie russe en fonction de la façon dont nous l'évaluons nous-mêmes". Cette sous-estimation s'explique par "notre complexe d'infériorité", car "nous ne savons pas nous respecter sur le plan économique", a relevé le président de l'Association des banques russes.
La région d'Asie du Sud-Est a besoin à moyen terme de créer "une monnaie de base". Après l'euro initiée dans les années 1960 pour faire face à l'expansion de la monnaie américaine, il serait logique de lancer une troisième et une quatrième monnaies mondiales, a estimé M. Tossounian.
"On croyait jusqu'à récemment que cela devait être le yen ", a-t-il résumé, avant de supposer que la monnaie de base serait soit le yuan, soit une monnaie unique de la Chine et de la Corée du Sud.