"La frontière restera de facto sous sa forme actuelle. Mais cette situation est anormale car la question du règlement juridique international de la délimitation territoriale entre la Russie et l'Estonie reste ouverte. Ce problème aurait pu être réglé si le Parlement de l'Estonie ne s'était pas mis à alourdir la ratification des traités frontaliers par toute sorte d'"annexes" politiques qui n'ont en fait rien à voir avec le contenu des traités en question", a indiqué le diplomate russe.
Alexandre Yakovenko a noté que le MID n'envisageait pas de consultations diplomatiques extraordinaires, mais insistait toujours sur la nécessité de nouvelles négociations. "Or, nous n'entendons pas tracer de nouvelles lignes de frontière", a précisé le porte-parole de la diplomatie russe.
Et d'ajouter que Moscou ne juge pas nécessaire la médiation de pays tiers ni de l'Union européenne (UE) pour régler les problèmes entre la Russie et l'Estonie. Dans le même temps, Moscou espère bien que les "Etats membres de l'Union européenne qui possèdent d'ores et déjà une riche expérience de la participation à l'UE et des rapports d'amitié avec la Russie en feront part à leurs collègues estoniens".
Les Traités sur les frontières (terrestre et maritime) entre la Fédération de Russie et l'Estonie ont été signés à Moscou le 18 mai dernier. Néanmoins, le 27 juin dernier, la Russie a révoqué sa signature sous les documents évoqués car le Parlement estonien a ratifié le traité frontalier en l'assortissant de revendications politiques.
Le 3 juillet dernier, Vladimir Poutine a qualifié de bonne décision la révocation par Moscou de sa signature sous le Traité sur la frontière avec l'Estonie. "Même si l'on fait abstraction des évaluations politiques du passé, que nous pourrions d'ailleurs contester, toute argumentation juridique des revendications territoriales d'un pays envers un autre pays dans le contexte de l'Europe contemporaine unie est pour moi totalement inacceptable", a souligné le chef de l'Etat russe.