La Russie préconise une réforme de l'OSCE

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LA HAYE, 29 juin /par Marianna Belenkaïa, RIA Novosti/. La réforme de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a été l'un des sujets majeurs des pourparlers que le ministre russe des Affaires étrangères, Serguéi Lavrov, a menés mardi aux Pays-Bas.

Ce sont en premier lieu la procédure de monitorage des élections et le travail, souvent tendancieux, des "missions du terrain" de l'organisation qui ne donnent pas satisfaction à la Russie.

C'est un problème douloureux pour la Russie, surtout lorsque l'OSCE s'est concentrée sur le monitorage des élections et de la situation politique dans l'espace de la CEI, y compris en Ossétie du Sud et en Transnistrie, républiques non reconnues qui s'appuient par tradition sur le soutien de la Russie. Moscou ne tire pas non plus satisfaction du fait que ce sont les missions de l'OSCE dans les pays de la CEI qui ont joué le principal rôle dans la détermination du degré de transparence et de démocratie des élections. L'impartialité des observateurs de l'OSCE suscite des doutes chez les diplomates russes.

"Il importe de comprendre enfin qui désigne les chefs des différentes "missions du terrain" de l'OSCE, y compris de celles chargées du monitorage des élections, qui les investit de pouvoirs et quels sont leurs pouvoirs", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Serguéi Lavrov, au terme de ses pourparlers avec son homologue néerlandais, Bernard Bot. "La procédure de nomination des chefs des "missions du terrain" n'est pas claire non plus", a-t-il ajouté.

Le mécanisme de prise des décisions dans l'OSCE reste obscur depuis quinze ans déjà, ce qui permet de manœuvrer et de faire des conclusions au gré de la conjoncture politique, ont expliqué à RIA Novosti des sources diplomatiques en postes auprès de l'Organisation.

C'est partant des conclusions du chef de la mission de l'OSCE en Yougoslavie, William Walker, que l'OTAN a décidé en 1999, sous la pression des Etats-Unis, de bombarder ce pays, a rappelé Serguéi Lavrov. "M.Walker a visité le village de Racak où des dizaines de cadavres avaient été découverts et a déclaré au débotté que c'était un "acte de génocide". Les nombreux gouvernements qui projetaient d'user de la force pour instaurer en Yougoslavie un ordre qu'ils jugeaient convenable ont pris cette déclaration pour prétexte afin de déclarer : "Notre patience est à bout, nous recourons à la force!"", a-t-il ajouté.

Ce qui s'était passé réellement à Racek est toujours un mystère. Plus tard, l'UE a initié un rapport dont la réalisation a été confiée à des médecins légistes finlandais. Le document, une fois rédigé, a été présenté à l'UE et puis communiqué au Tribunal international pénal sur la Yougoslavie. Certains de ses fragments ont ensuite émergé dans la presse. De ces fuites, il s'ensuivait que les conclusions des médecins légistes apportaient un démenti aux déclarations de Walker et que les tués n'étaient pas des civils mais des soldats déguisés en civils. C'est paradoxal mais le rapport n'a pas été présenté aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU qui avait institué à une certaine époque ce tribunal, alors que la Russie l'a demandé à plusieurs reprises, a expliqué Serguéi Lavrov.

"Je m'en suis enquis plus d'une fois auprès de la procureure du TPY, Carla del Ponte. Sous différents prétextes, alléguant tantôt la confidentialité, tantôt des difficultés techniques, elle n'a porté à la connaissance du Conseil de sécurité que quelques résumés qui n'apportaient pas de lumière sur les questions principales. Tout récemment, à une nouvelle tentative d'accéder à ce rapport il nous a été déclaré que le document était perdu", a raconté le ministre russe. Cet exemple fait ressortir la responsabilité qui incombe aux chefs des missions de l'OSCE et les conséquences que peut avoir une seule erreur.

"Pour cette raison nous voulons savoir qui les investit de pouvoirs et quels sont les pouvoirs dont ils sont investis", a insisté le ministre. D'autant que de jure, mais malheureusement pas de facto, ils représentent aussi les intérêts de Moscou qui est un membre à part entière de l'OSCE. Il se trouve que la Russie paie elle-même les actes de subversion dirigés contre ses propres intérêts dans l'espace de la CEI.

En novembre 2004, au cours du sommet du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'OSCE réuni à Sofia, la Russie a posé la question d'une réforme de l'Organisation, y compris d'une réforme financière. Alors, la voix de Moscou n'a pas été entendue par les dirigeants de l'OSCE. Aujourd'hui, selon des sources diplomatiques russes, la situation commence à changer, lentement mais sûrement. D'ailleurs, si la compréhension de certains pays membres n'aboutit pas à des réformes réelles, la Russie pourra prendre les mesures extraordinaires promises et bloquer le budget de l'OSCE.

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