Qu'est-ce qui empêche la Russie d'adhérer à l'OMC avant l'Ukraine?

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MOSCOU, 21 juin - RIA Novosti. Le round décisif des négociations sur l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a débuté ce mardi à Genève. C'est étrange, mais pour beaucoup la question première est de savoir non pas quand la Russie entrera à l'OMC, mais si elle en deviendra membre avant l'Ukraine, relève Margarita Maximova, professeur de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales relevant de l'Académie des sciences de Russie, dans un article publié dans le quotidien gouvernemental Rossiskaïa gazeta.

A l'heure actuelle à Genève la Russie et l'Ukraine font figure non pas de partenaires, mais de concurrents implacables. C'est que celui qui entrera le premier à l'OMC pourra émettre des revendications à celui qui sera encore candidat à l'adhésion. Or, ce ne sont pas les problèmes qui manquent dans les relations russo-ukrainiennes.

En ce qui concerne les délais d'admission de la Russie et de l'Ukraine, ce sont les Etats-Unis qui décideront. Et bien que George W.Bush ait déclaré à plusieurs reprises qu'il entendait soutenir l'adhésion des deux pays dès cette année, en réalité les choses sont bien plus compliquées.

Des différences fondamentales s'observent nettement dans les exigences que les Etats-Unis et plusieurs autres membres de l'OMC émettent à l'égard de la Russie et de l'Ukraine. Ils veulent que la Russie accepte que les règles de l'OMC dans les rapports des entreprises commerciales publiques s'étendent à toutes les autres compagnies russes à participation de l'Etat, une chose qu'ils ne réclament pas de l'Ukraine. Ils s'emploient aussi à convaincre la Russie de relever les prix intérieurs du gaz naturel et de les rapprocher des prix mondiaux mais ne demandent rien de tel à l'Ukraine. On pourrait poursuivre l'énumération. La politique dite de deux poids deux mesures est patente, ce qui est en contradiction avec ce principe majeur de l'OMC qu'est la non-discrimination.

Cette situation étrange n'a aucune explication économique. Elle a manifestement pour origine la volonté des principaux membres de l'OMC d'utiliser les négociations en qualité d'instrument de la "grande politique".

Les Etats-Unis font dépendre leur disposition à appuyer l'adhésion de la Russie à l'OMC de la position de Moscou dans le règlement de certains problèmes internationaux, l'adhésion en soi étant considérée comme un élément du "commerce politique" général.

En attendant, la tactique consistant à faire traîner en longueur les pourparlers avec la Russie tandis que l'on donne carte blanche à l'Ukraine est pour le moins contre-productive surtout pour les Etats-Unis. Car dans son empressement à sauver des secteurs de son industrie l'Ukraine pourrait prendre des mesures aussi imprévisibles qu'impopulaires.

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