Les conflits d'origine écologique tendent à devenir un signe distinctif de Sakhaline-2. Depuis plusieurs années les Verts mènent une véritable guerre contre Sakhalin Energy (SE), l'opérateur du projet. Le prétexte en est l'inscription des baleines grises sur la Liste rouge des animaux protégés. Les écologistes prétendaient que le transport du pétrole et du gaz par des conduites posées sur le fond de la mer pourrait causer un préjudice irréparable là ou les cétacés s'engraissent.
Finalement, au mois de mars SE a annoncé qu'il modifiait l'itinéraire des oléoducs de manière à éviter les "pâturages baleiniers". Maintenant les écologistes prétendent que pendant les travaux de construction des tronçons terrestres des pipelines les cours d'eau où les saumons viennent frayer risqueraient de subir des dommages.
"Nous poursuivons des pourparlers fructueux avec la BERD et plusieurs autres organismes de crédit, a déclaré à Biznes l'attaché de presse de SE, Ivan Tcherniakhovski. Nous espérons pouvoir régler la question du financement d'ici à la fin de l'année". SE est également en pourparlers avec la Banque japonaise de coopération internationale, l'Eximbank américaine et l'Agence britannique de garantie des crédits d'exportation. Au total, la compagnie espère obtenir 5 milliards de dollars de crédits étrangers.
Andreï Gromadine, analyste de la MDM-bank, lui non plus ne croit pas que Sakhaline-2 (le coût du projet est de 12 milliards de dollars) puisse être confronté à des problèmes financiers. "Il est peu probable qu'un tel projet échappe à l'attention des banques occidentales, indique-t-il. Sakhaline-2 commencera dans un avenir assez proche à livrer du gaz en Asie. D'autre part, le projet devrait être bientôt rejoint par Gazprom qui est en pourparlers avec Shell au sujet de l'échange du paquet de contrôle dans le projet Sakhaline contre 50 pour cent de l'entreprise mixte Zapoliarnoe-neokom. Si la chose se faisait, le projet serait pratiquement affranchi de tout risque".
Le groupe britanno-néerlandais Royal Dutch/Shell possède 55 pour cent de Sakhalin Energy. Les japonais Mitsui et Mitsubishi en détiennent respectivement 25 et 20 pour cent.