La revue de la presse russe du 20 juin

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MOSCOU - RIA Novosti

Gazeta

Le thème du successeur de Vladimir Poutine reste d'actualité pour les élites politiques russes

Le thème du successeur éventuel de Vladimir Poutine au poste de président reste l'un des plus importants pour la classe politique russe, constate Andreï Ryabov, expert de la fondation Carnegie, dans les pages du quotidien Gazeta.

Les chances du ministre de la Défense, Sergueï Ivanov, d'accéder à ce statut se sont amenuisées suite à l'attaque lancée contre son département par les procureurs militaires dénonçant la situation lamentable régnant dans plusieurs secteurs importants des Forces armées russes, et au scandale provoqué par son fils responsable de la mort accidentelle d'une une retraitée.

De surcroît, après la nomination de Vladimir Yakounine à la présidence de la compagnie Rossiskie jeleznye dorogui (Chemins de fer russes) l'opinion a un nouveau prétexte pour débattre le thème du successeur. En octobre 2003, Vladimir Yakounine avait été l'un des candidats les plus probables pour le poste de chef de l'administration du Kremlin. Son nom avait été mentionné aussi en qualité de candidat possible au poste de chef du gouvernement en cas de départ de Mikhaïl Fradkov. Cependant, l'élection présidentielle de 2008 est encore loin. Qui plus est, la nomination de Vladimir Yakounine a coïncidé avec une série d'accidents ferroviaires: explosion dans le train Grozny-Moscou, déraillement d'un convoi de fuel dans la région de Tver. Il est évident que le patron des Chemins de fer russes sera écarté de la scène politique au moins pendant la plus proche période.

L'intérêt porté par les experts au thème de la succession n'a rien d'artificiel. Depuis que Vladimir Poutine a déclaré à deux reprises qu'il avait l'intention d'abandonner son poste en 2008, l'élite au pouvoir, qui aujourd'hui est constituée principalement de gens originaires de Saint-Pétersbourg, se trouve dans une situation inconfortable, surtout qu'elle n'est pas encore prête à engager la lutte. C'est la raison pour laquelle, semble-t-il, elle recherche une solution institutionnelle qui permettrait de maintenir le président en exercice dans son rôle de leader du pays.

D'aucuns suggèrent, sans procéder à un remaniement de la Constitution, de redistribuer les attributions entre le président et le gouvernement au profit de ce dernier. Ainsi, il n'y a pas longtemps le député LDPR (Parti libéral démocrate de Russie) Alexeï Mitrofanov a proposé que le président soit élu par le parlement, ce qui est le fait uniquement des républiques parlementaires. D'autres suggèrent une solution plus radicale: modifier la Constitution par référendum tout en conservant la configuration du pouvoir actuelle. D'autres encore préconisent la création de l'Etat fédéral Russie-Biélorussie avec maintien des personnages clés de la politique russe dans une nouvelle qualité.

Nezavissimaïa gazeta

Les partis démocratiques de Russie ne s'uniront pas (Garri Kasparov)

Les leaders des partis démocratiques n'ont pas besoin d'une union, a déclaré le champion du monde d'échecs Garri Kasparov dans une interview accordée au quotidien de politique générale Nezavissimaïa gazeta pour expliquer l'échec de la tentative entreprise par l'association libérale Comité-2008 pour rassembler sous sa bannière les mouvements démocratiques de Russie.

Garri Kasparov crée actuellement le Front civique uni, un mouvement politique d'opposition dont la vocation est de rassembler toutes les forces protestataires du pays.

Selon Garri Kasparov, dans les régions les gens souhaitent s'unir. "En ce qui concerne Moscou, en tant que participant à ce processus je puis dire que cela ne se produira pas", a dit le champion du monde avec assurance. C'est que pour les gens qui se sont fait une notoriété politique dans la capitale, les pourparlers avec le Kremlin font partie du processus politique.

"Pour notre front, le renoncement à toute négociation avec le pouvoir est la condition de la coalition. C'est pourquoi nous pensons que nous réussirons à rassembler un grand nombre de gens de droite comme de gauche", a déclaré Garri Kasparov. Celui-ci est convaincu qu'aujourd'hui le pays est divisé non pas en droite et en gauche mais en gens prêts à combattre le régime de Vladimir Poutine, qui se transforme en dictature, et en gens qui veulent continuer à le servir.

Garri Kasparov estime que les événements qui ont marqué les six derniers mois ont montré que la protestation grandissait dans le pays. Personne ne peut dire si elle s'étendra bientôt à l'ensemble de la Russie, mais la tendance est très nette. A la fin de l'année, lorsqu'il ne restera plus rien des crédits alloués aux régions par le ministère des Finances, les conséquences de la monétisation des avantages en nature se feront sentir. Les réformes du logement sont à venir. Tout cela pourrait inciter le pouvoir à refondre la Constitution.

Si jamais ce scénario se réalisait, alors à un certain moment la crise politique constitutionnelle évoluerait en crise sociale, a mis en garde Garri Kasparov.

Le régime poutinien doit être démantelé et c'est là l'objectif poursuivi par le Front civique uni, a-t-il déclaré en conclusion.

Vedomosti

Gazprom dépensera 1 milliard de dollars pour l'adduction en gaz de la Russie

Gazprom va devoir octroyer au minimum un milliard de dollars pour réaliser l'adduction en gaz des régions russes éloignées, a déclaré vendredi le président Vladimir Poutine. Selon celui-ci, ce sera un grand pas en avant vers l'adduction en gaz générale de la Russie.

Les experts interrogés par le quotidien d'affaires Vedomosti indiquent que cela pourrait empêcher Gazprom de réaliser d'importants achats avec l'argent versé par l'Etat (7,1 milliards de dollars) pour acquérir 10,74 pour cent des actions de la compagnie.

Gazprom et les fonctionnaires envisagent déjà ce que l'on pourrait acheter avec cet argent. De nombreux actifs intéressent le monopole: depuis la raffinerie de pétrole lituanienne Mazeikiu nafta et des parts dans les projets sakhaliniens jusqu'à la compagnie pétrolière Sibneft. Les principaux responsables du monopole ont fait remarquer à plusieurs reprises qu'ils n'avaient pas l'intention d'augmenter le nombre de paquets minoritaires détenus par Gazprom. Quant au directeur financier de Gazprom, Andreï Krouglov, il n'écarte pas qu'une partie du produit de la vente des actions puisse être utilisée aussi pour optimiser le portefeuille de dettes de Gazprom.

Cependant, il semble bien que l'Etat veuille émettre des suggestions quant à l'utilisation par Gazprom d'une partie des 7,1 milliards de dollars.

De l'avis des experts, en exigeant de Gazprom qu'il investisse dans l'adduction en gaz, l'Etat introduit pour le monopole un impôt supplémentaire sur le montant de la vente des 10,74 pour cent des actions du monopole (le principal se chiffre à 1 milliard de dollars). Cela pourrait s'expliquer si Gazprom bénéficiait d'avantages fiscaux. Dans ce cas il pourrait investir l'argent ainsi économisé dans le réseau de distribution du gaz, relèvent les observateurs. Le directeur de l'Institut de politique énergétique, Vladimir Milov, estime que maintenant le consortium va devoir renoncer aux grands achats, celui de Sibneft, par exemple. Pour lui la décision d'investir dans l'adduction en gaz est une décision politique. "Au lieu d'obliger le consortium à dépenser le produit de la vente dans un business annexe, le gouvernement ferait mieux de contraindre Gazprom à investir dans le développement de l'extraction ou la construction de nouveaux gazoducs", disent les experts.

Izvestia

La plupart des Russes estiment que l'opposition peut accéder librement à la télévision

Près des deux tiers des Russes (63 pour cent) estiment que les partis d'opposition ont la possibilité d'exprimer leur point de vue sur les chaînes de télévision centrales. 25 pour cent des personnes interrogées sont d'un avis contraire, annonce le quotidien de politique générale Izvestia.

Ces chiffres cités vendredi par des sociologues du Centre public d'étude de l'opinion (VTSIOM) sont les résultats d'un sondage effectué auprès d'un échantillon représentatif de 1.561 personnes les 4-5 juin dans 153 localités de 46 régions de Russie.

L'enquête a révélé que 26 pour cent des Russes suggèrent d'octroyer à l'opposition un temps d'antenne sur les chaînes publiques de la télévision. 25 pour cent des sondés jugent nécessaire d'impliquer plus fréquemment les partis d'opposition dans les programmes informationnels et analytiques existants.

Les Russes sont presque tous du même avis sur la censure. En un an le nombre de citoyens convaincus de la nécessité d'introduire la censure à la télévision a augmenté de près de 20 pour cent (passant de 63 à 82 pour cent). Les personnes interrogées se prononcent surtout pour l'interdiction des scènes trop osées (57 pour cent), des scènes de violence et de cruauté (49 pour cent), de la publicité des marchandises et des service à la qualité et à l'utilité douteuses (30 pour cent).

Il est curieux que deux jours avant la publication des résultats du sondage le directeur de l'Institut d'études politiques, Sergueï Markov, avait envoyé une volée de bois vert aux responsables des chaînes de télévision publiques. "Les deux chaînes centrales dépolitisent la nation, elles se sont transformées depuis longtemps en entreprises à vocation lucrative, préférant consacrer le temps d'antenne à la publicité, a-t-il déclaré. Nous souhaitons étendre beaucoup plus le pluralisme politique dans le pays, y compris dans les médias. Sur les chaînes fédérales il est presque inexistant. Je pense que la politique appliquée actuellement par les directions des principales chaînes de télévision est anti-présidentielle, que le pays doit être mobilisé pour réaliser les grands objectifs socio-politiques. Or, comment mobiliser une nation dépolitisée? s'interroge Sergueï Markov. Selon lui, le Kremlin souhaiterait voir plus souvent à la télévision des politiciens d'opposition comme le député indépendant Vladimir Ryjkov, le leader de Yabloko, Grigori Yavlinski, etc.

Novaya gazeta

Une première mondiale pour la Russie: la simulation d'un vol vers Mars

En automne prochain un vol piloté vers Mars sera simulé en première mondiale à l'Institut moscovite de médecine biologique relevant de l'Académie des sciences de Moscou. Le directeur technique du projet, Evgueni Demine, a révélé les détails de l'expérience à l'hebdomadaire de politique générale Novaïa gazeta.

Selon le chercheur, le départ d'une expédition martienne pourrait avoir lieu en 2010-2016. "Les spécialistes américains et européens se montrent plus prudents, ils avancent la fourchette 2030-2060, a déclaré Evgueni Demine. Cependant, une chose est claire: d'ores et déjà il faut procéder à la première expérience au monde en matière de simulation d'un vol vers Mars, portant sur la durée et les conditions d'existence". Pour ce faire en automne 2005, Roskosmos annoncera la sélection de volontaires.

Des méthodologies médicales sur le maintien de la viabilité, de la santé psychique et physique de l'équipage seront élaborées dans le cadre de cette expérience inédite. Pour la première fois dans l'histoire des vols pilotés on recourra à la médecine télévisuelle. Les membres de l'expédition martienne procéderont eux-mêmes au contrôle de l'atmosphère et de la situation micro-biologique à bord du véhicule.

Selon le directeur technique du projet, la durée du vol simulé sera de 500 jours. Si l'expérience réussit, elle pourra être prolongée jusqu'à 700 jours. L'équipage sera composé de six membres âgés de 25 à 50 ans. Ils pourront être de nationalités diverses, mais seront obligatoirement du même sexe.

De l'avis du spécialiste, la première simulation interplanétaire aidera les chercheurs russes à répondre à la question de savoir si les cosmonautes pourront survivre aux conditions martiennes prescrites. "Ce sera la première approche de nos scientifiques d'un vol réel en direction de Mars, une expérience avec des équipements réglementaires réels, concernant un programme martien réel, si possible à bord d'une maquette de véhicule martien réel", a dit Evgueni Demine en précisant que l'expérience en question serait financée avec des fonds publics.

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