MOSCOU, 16 juin - RIA Novosti. La Russie doit prêter l'oreille aux critiques venant de l'étranger, cependant c'est à elle de choisir la forme de démocratie qui lui convient, a déclaré l'ancien premier ministre britannique, John Major, au cours de la rencontre qu'il a eue jeudi avec des députés à la Douma (chambre basse du parlement russe).
Interrogé par le président du comité international de la Douma, Konstantin Kossatchev, sur la question de savoir comment la Russie devait percevoir les critiques formulées par les représentants du Conseil de l'Europe ou d'autres politiques étrangers, John Major a relevé que "la Russie trouvera assurément sa voie et décidera elle-même la forme de démocratie dont elle a besoin". Au cours des 10-15 dernières années la Russie a beaucoup avancé dans la voie menant à la démocratie.
John Major a brièvement retracé pour les députés l'histoire de la démocratie en Grande-Bretagne et les difficultés auxquelles il s'était personnellement heurté en qualité de premier ministre.
Selon lui, la Russie est confrontée aujourd'hui aux difficultés que la démocratie britannique avait connues. A l'époque où il avait été au pouvoir, le Parti conservateur de Grande-Bretagne avait dû faire face à une grave récession économique, a indiqué l'ancien premier ministre. Les conservateurs s'étaient alors aperçus que des solutions économiques opérantes pouvaient politiquement être très impopulaires.
"La démocratie ne permet pas toujours au gouvernement d'agir dans la facilité et avec efficacité. Parfois une victoire électorale place le parti dans des conditions très difficiles", a fait remarquer John Major.
Dans le même temps, pour que le système démocratique soit efficace, la majorité du parti au pouvoir au parlement ne doit pas être écrasante de manière à ce qu'il soit contraint de prêter l'oreille à l'avis des autres députés.