MOSCOU - RIA Novosti
Rossiiskaia gazeta
L'échec de la Constitution européenne: une chance pour la Russie
L'intégration européenne est un processus géopolitique représentant un ensemble de deux vecteurs de développement assez différents. Les contradictions grandissantes entre ces vecteurs ont abouti à la crise européenne actuelle. Cependant, grâce à elle les positions géopolitiques de la Russie pourraient se renforcer notablement, a déclaré Alexandre Douguine, directeur du Centre d'expertises géopolitiques et leader du Mouvement international eurasien, dans une interview accordée au quotidien gouvernemental Rossiiskaïa gazeta.
A l'étape initiale, dans les années 60-70, l'intégration européenne était envisagée exclusivement dans le cadre de la stratégie de l'atlantisme, sous l'égide des Etats-Unis et dans les intérêts de l'OTAN. Il s'agissait de consolider le monde occidental face à la "menace soviétique". C'était l'étape du plan stratégique dans la logique dualiste de la guerre froide: l'atlantisme capitaliste contre l'eurasiatisme socialiste. L'inertie de cette version otanienne de l'européisme se fait toujours sentir. Ce phénomène pourrait être appelé euroatlantisme.
Dans ce processus le rôle principal continue d'être joué par les Etats-Unis et leur proche alliée du Vieux Monde, la Grande-Bretagne, ainsi que par les Etats d'Europe orientale et les Pays baltes qui viennent d'intégrer l'UE (non pas sans la pression des Etats-Unis). L'euroatlantisme implique la poursuite de l'élargissement de l'OTAN à l'est et de la traditionnelle géopolitique de la guerre froide, seulement affranchie de son carcan idéologique.
Les euroatlantistes s'emploient à accroître le nombre de "nouveaux membres européens" totalement dépendants de Washington et exécrant l'eurasiatisme, de manière à accentuer le contrôle américain sur l'UE et transformer celle-ci en zone d'influence américaine directe.
Cependant, au cours de l'intégration européenne on a vu se former progressivement autour de l'axe Paris-Berlin une entité alternative. Ce phénomène pourrait être appelé eurocontinentalisme.
L'essence de l'eurocontinentalisme consiste en ce que l'Europe unie est perçue non pas comme un satellite des Etats-Unis, mais comme un sujet géopolitique et historique autonome. L'eurocontinentalisme abandonne la logique de la guerre froide et de l'anti-eurasiatisme.
C'est la raison pour laquelle au cours du référendum les Français ont voté non pas contre l'Europe, mais contre l'Europe pro-américaine et anti-eurasiatique.
Le coup porté par les Français à l'euroatlantisme est extrêmement profitable à la Russie. Aujourd'hui nos opposants "oranges" dans la CEI ne peuvent plus escompter une adhésion rapide à l'UE, l'euroatlantisme est affaibli. Quant aux positions de la Russie, elles se sont renforcées.
Izvestia
Les sportifs russes et chinois feront cause commune contre les Etats-Unis
Aux Jeux Olympiques de Pékin, en 2008, les athlètes russes et chinois feront cause commune face à la superpuissance sportive que sont les Etats-Unis, a-t-on appris à l'issue de la visite qu'une délégation du Comité olympique de Russie (COR) a effectuée la semaine dernière en Chine, écrivent les Izvestia.
"Jamais encore les Chinois n'avaient été aussi francs, a déclaré le président du COR, Leonide Tiagatchev, dans une interview accordée au quotidien. Pour la première fois ils avaient invité des étrangers au Centre d'entraînement national de Pékin, qui est composé de neuf complexes spécialisés dans les sports stratégiques: natation, plongeon, gymnastique, athlétisme, haltérophilie, badminton... Un spectacle fantastique: des salles immenses dans lesquelles des centaines de sélectionnés nationaux évoluent. Tout séduit l'oeil, tout est moderne. En outre, on nous a montré deux centres d'entraînement situés à près de 2.000 mètres d'altitude dans la région de Kunming. Nous avons conclu un accord prévoyant des échanges d'entraîneurs et de méthodologies d'entraînement. On nous a également promis des produits de la médecine chinoise utilisés pour améliorer les performances.
Les raisons de cette franchise se sont révélées très rapidement. Selon le plan stratégique élaboré par les instances dirigeantes supérieures du pays, à l'Olympiade de Pékin la sélection chinoise devrait terminer à la première place du classement par équipes avec un total de 110 médailles dont 40 d'or. Pour ce faire les Chinois devront miser sur leurs propres forces et aussi espérer des contre-performances de leurs grands rivaux, les Américains. Les Chinois proposent donc aux Russes de former un front uni contre les Etats-Unis.
"Ils espèrent que nous remporterons quelques médailles dans les disciplines considérées habituellement comme "américaines", c'est-à-dire la natation et l'athlétisme, raconte Leonide Tiagatchev. Ils le disent ouvertement: on ne saurait s'incliner devant les Etats-Unis".
Selon le président du COR, les parties ne se sont pas encore entendues sur la répartition éventuelle des disciplines "russes" et "chinoises". "C'est vrai que si un plongeur chinois connaît une défaillance, le public prendra fait et cause pour le plongeur russe et non pas pour l'américain. Les encouragements seront pour nous, c'est sûr", a indiqué Leonide Tiagatchev.
Novye izvestia
Le ministre de la Défense est attaqué par ses adversaires politiques (des experts)
Le Parquet militaire principal vient de publier des statistiques sur la mortalité dans les Forces armées russes (46 militaires ont trouvé la mort au cours de la seule semaine écoulée). Selon les experts, la révélation de ces chiffres préoccupants est un prolongement de l'attaque politique lancée contre le ministre de la Défense par un groupe de responsables militaires influents pour qui il n'est pas question que Sergueï Ivanov succède au président Poutine.
Le quotidien Novye Izvestia publie les avis de plusieurs experts.
Alexeï Makarkine, directeur général adjoint du Centre des technologies politiques: l'offensive lancée contre Sergueï Ivanov est un corollaire de l'exacerbation de la lutte menée pour la place de successeur du président en place. Dans le contexte des événements politiques la figure de Sergueï Ivanov apparaissait sous un jour assez avantageux: cet homme n'est lié à aucun monopole naturel. Son principal point faible, c'est qu'il a accepté le poste de ministre de la Défense alors que la réforme des Forces armées venait juste de commencer. Cela a servi de prétexte pour le critiquer. Il est probable que les initiateurs de cette attaque contre Sergueï Ivanov appartiennent à l'un des clans oligarchiques.
Alexeï Arbatov, directeur du Centre de sécurité internationale relevant de l'Académie des sciences de Russie, politologue: Sergueï Ivanov est considéré comme le successeur présidentiel le plus probable. Si l'on penche pour cette hypothèse, alors les commanditaires de la campagne de discrédit à l'encontre du ministre doivent être recherchés tant dans l'administration présidentielle qu'au sein du gouvernement et même, la chose est possible, de partis politiques. Pourtant, en ce qui me concerne, je ne crois pas à cette hypothèse parce que j'estime qu'il n'y aura pas de schéma de passation du pouvoir à un successeur en 2008. Le chef de l'Etat actuel conservera son poste d'une manière ou d'une autre.
Dmitri Orechkine, directeur du centre analytique Merkator: Une très sérieuse scission s'est produite il y a environ six mois au sein des structures de force (armée, intérieur, sécurité, etc.). Il est évident qu'une forte confrontation existe entre les "petersbourgeois" et les "moscovites" opposés par un conflit d'intérêts. C'est pourquoi les pressions sur Sergueï Ivanov pourraient émaner de milieux différentes dans les structures de force.
Vedomosti
On connaît désormais la structure géographique des ventes d'armes russes
Alexandre Brindikov, conseiller du directeur général de Rosoboronexport, le principal exportateur de produits du complexe militaro-industriel russe, a révélé pour la première fois la structure géographique des ventes d'armes russes, écrit le quotidien économique Vedomosti.
Selon Alexandre Brindikov, l'année dernière les ventes de Rosoboronexport se sont montées à 5,1 milliards de dollars. Ses deux plus importants clients sont la Chine avec 2,3 milliards de dollars (45 pour cent) et l'Inde (1,79 milliard et 35 pour cent). Les autres pays acquéreurs d'armes russes arrivent loin derrière: Vietnam (200 millions et 4 pour cent), Yémen et Grèce (100 millions et 2 pour cent), Ethiopie et Algérie (70 millions et 1,4 pour cent). Le reste du monde n'entre que pour 5,2 pour cent dans les ventes du principal exportateur d'armes russes.
"Les marchés de la Chine et de l'Inde - nos plus importants clients - nous seront fermés dans les années à venir, précisément en 2007-2008", a indiqué Alexandre Brindikov. A cet égard Rosoboronexport recherche de nouveaux marchés, notamment des acheteurs en Amérique latine et en Asie du Sud-Est; seulement "ces marchés sont extrêmement restreints alors que les transactions avec la Chine et l'Inde portaient sur des milliards de dollars et des dizaines d'avions", a fait remarquer le conseiller.
Dans la presse les experts partagent ces appréhensions. "Il est évident que des clients comme l'Algérie et le Vietnam, sans déjà parler de pays pauvres comme le Yémen ou l'Ethiopie, ne pourront pas remplacer la Chine et l'Inde, constate Marat Kenjetaev, expert du Centre d'études des problèmes du désarmement. Partant, une chute des exportations russes en 2007 est inévitable, bien qu'elles se maintiendront au niveau de 4-5 milliards de dollars grâce aux commandes d'exportation déjà passées".
La seule source pouvant permettre au complexe militaro-industriel de survivre après 2007 pourraient être les commandes publiques russes qui ne cessent d'augmenter (6 milliards de dollars cette année), estime Rouslan Poukhov, rédacteur de la revue Moscow Defense Brief.
Les ventes de matériels militaires réalisées par Rosoboronexport concernent l'aviation (62 pour cent), la marine (24 pour cent), les troupes terrestres et la défense antiaérienne (6 pour cent) et les matériels spéciaux (2 pour cent). Le portefeuille de commandes de la compagnie est estimé à 13 milliards de dollars. De l'avis des experts, la géographie des livraisons des exportateurs d'armes indépendants ne se distingue pratiquement pas de celle de Rosoboronexport. Au total, l'année dernière ils ont vendu pour environ 700 millions de dollars d'armes et de pièces de rechange.
Troud
La sonde Voile solaire sera lancée le 21 juin
La sonde Voile solaire, construite dans les ateliers du groupement science-production Lavotchkine, devrait être lancée le 21 juin. Le projet est sponsorisé par l'organisation américaine Cosmos Studios, écrit le quotidien Troud.
Le premier "voilier spatial" sera placé sur orbite par une fusée à trois étages Volna, construite à partir du missile balistique militaire SS-N-18. Elle sera tirée depuis un sous-marin du type Kalmar naviguant en mer de Barents. L'engin tournera autour de la Terre à une altitude d'environ 840 kilomètres.
L'utilisation des toutes dernières technologies a permis de construire un engin ne pesant que 110 kilogrammes. La voile est composée de huit pétales triangulaires. Dans l'espace ils se déploieront pour former une voile circulaire de 30 mètres de diamètre et de 600 mètres carrés de superficie.
Cette voile a été confectionnée avec une pellicule polymère de 5 microns environ, dont le côté orienté sur le Soleil sera métallisé. Pendant le vol chaque pétale tournera autour d'un axe, de manière à capter la lumière solaire. La pression exercée par cette dernière assurera une accélération permanente. Des vitesses fantastiques - des dizaines de milliers de kilomètres par heure - pourront ainsi être communiquées à des engins spatiaux. Ceux-ci n'auront plus besoin de réserves de carburant et pendant leur durée de vie - de 5 à 20 ans - ils utiliseront l'énergie solaire, écrit l'auteur de l'article du quotidien Troud.
Le directeur du projet pour la partie russe, Viktor Koudriachov, a déclaré que dans l'avenir des engins spatiaux dotés de voiles solaires pourraient être utilisés pour des vols dans l'espace tant lointain que circumterrestre. Par exemple, pour le contrôle permanent de l'environnement, la météorologie, la détection des incendies de forêt, etc.
Des stations terrestres situées en Russie, aux Etats-Unis et en République tchèque suivront le premier vol autonome orbital du yacht spatial. Les spécialistes américains assurent qu'il sera bien visible dans le ciel nocturne.